Rencontre avec les habitants du Petit-Bard et de la Pergola accompagné de M. Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault

Aujourd’hui je suis allée à la rencontre des habitants du Petit-Bard et de la Pergola, avec M. Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault, Mme Elisa Basso, directrice du cabinet du préfet et M. Hamza Aarab, afin d’échanger avec les habitants sur les problématiques qu’ils rencontrent notamment au niveau de l’emploi, du logement, de la scolarité et de la mixité.

Pour Macron, l’audiovisuel public est une « honte »

« L’abandon du projet « France Média » par la Ministre Bachelot aurait pu nous rassurer. De votre côté, vous considériez qu’avec cette holding, France Médias Monde serait devenue « la variable d’ajustement de France Médias ». Nous partagions vos inquiétudes et avons réalisé un travail d’opposition et de propositions titanesque lors du projet de loi audiovisuel, désormais avorté. Nous craignions, par ailleurs, que cet ORTF 2.0 menace l’indépendance des services d’informations des télévisions et radios publiques.

Malheureusement, la bonne nouvelle de l’abandon de cette réforme est amoindrie par ce projet de loi de finances 2022, qui confirme l’intention de ce Gouvernement de démembrer méthodiquement notre service public de l’audiovisuel. 

Pour la cinquième fois consécutive, le budget global dédié à l’audiovisuel public et les budgets de chaque entreprise est en baisse. Pour l’année 2022, le budget global connaît une nouvelle baisse de 0,5% correspondant à près de 2 millions d’euros. -14,3% pour France Télévisions, -0,4% pour Arte, -2,6% pour Radio France, et -0,16% pour France Médias Monde, soit un demi-million d’euros.

Le bilan du Président Macron sur l’audiovisuel public est catastrophique. Il avait qualifié en 2017 l’’audiovisuel de « honte de la République française ». A propos de vous, mais aussi des autres entreprises publiques de l’audiovisuel, il a dénoncé « la mauvaise gestion », « le gaspillage », « la médiocrité des programmes et des contenus », « les relations malsaines entre l’audiovisuel et ses partenaires extérieurs ».

Nous sommes à 6 mois de l’élection présidentielle. Je voudrais savoir, Madame SARAGOSSE, quel bilan vous tirez de la politique menée par ce Gouvernement en direction du service public audiovisuel et quelles sont vos attentes et revendications pour l’audiovisuel public, et tout particulièrement pour France Médias Monde ? »

CSA : Comment rééquilibrer les temps de parole des invités politiques à la télévision ?

Question du député Michel LARIVE à Roch-Olivier MAISTRE, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

« Je souhaite vous interpeller sur l’équilibrage des temps de parole des invités politiques à la télévision. Certaines chaînes d’informations en continue ont des méthodes bien à elles pour respecter les règles du CSA. Elles passent en boucle les interviews de dirigeants politiques… la nuit.

On peut donc voir sur LCI une interview d’Alexis Corbière, député France insoumise, diffusée neuf fois entre 1h et 4h du matin. Contacté par des journalistes, un salarié de la chaîne justifie les raisons de cette diffusion nocturne et répétée en disant, je le cite : « On a du temps à rattraper pour les quotas du CSA ». 

Les différentes enquêtes journalistiques montrent que cette tendance à diffuser à outrance une interview la nuit concerne très majoritairement les partis situés à gauche de l’échiquier politique. Au regard des disparités d’audience entre les émissions du jour et de la nuit, il y a donc une sous-exposition de ces responsables politiques qui semble menacer l’équilibre et l’exigence de pluralisme politique dans les médias. Cela s’explique, notamment par le règlement du CSA qui ne prône qu’une « approche quantitative » de l’équilibrage, sans précisions sur les horaires de diffusion.

La pluralité est également menacée sur les comptes Twitter de certaines chaînes d’infos. Samedi, Libération publiait un article démontrant qu’Eric Zemmour y a été cité 432 fois entre le 7 septembre et le 7 octobre, quand, au hasard, Jean-Luc Mélenchon n’a été cité que 141 fois, soit 2,5 fois moins. Certains candidats, pourtant déclarés officiellement, ne sont même pas cités du tout.

Des solutions existent. On pourrait, par exemple, poser l’obligation, pour les médias audiovisuels, de traiter équitablement tous les candidats à la fois pour les temps de parole à l’antenne, mais aussi sur la quantité de publications et mentions sur les réseaux sociaux. Concernant les horaires de diffusion, une approche qualitative, veillant à ne pas concentrer les temps d’antenne d’une force politique la nuit, me semble opportune. Qu’en pensez-vous et quelles autres préconisations avez-vous à proposer ? »

Question écrite - Convention fiscale - Double imposition en Grèce pour les fonctionnaires français détachés

Les fonctionnaires français détachés s’alarment de la mise en place d’une double imposition en France et en Grèce pour l’année 2021 avec effet rétroactif jusqu’aux revenus de 2014. Ils s’appuient notamment sur le fait que leurs traitements sont assurés par une dépense du budget de la France, en l’occurrence de recettes fiscales françaises, et qu’une … Lire plus

Question écrite au gouvernement : BIENTÔT LE RETOUR DES PROTÉINES ANIMALES TRANSFORMÉES ?

Madame Muriel Ressiguier alerte Monsieur le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, sur la modification le 17 août 2021 de l’annexe IV du règlement (CE) no 999/2001 du Parlement européen et du Conseil de l’UE qui porte sur l’interdiction de l’utilisation des protéines animales dans l’alimentation des animaux d’élevage non ruminants autres que les animaux … Lire plus

Rassemblement à Montpellier pour l’ouverture du procès de l’assassinat de Thomas Sankara alors président de la république du Burkina Faso en 1987

Aujourd’hui à #Montpellier allée #ThomasSankara, rassemblement pour l’ouverture du procès de l’assassinat de Thomas Sankara alors président de la république du Burkina Faso en 1987.Madame Mariam Sankara sa veuve était présente avec monsieur Aziz Fall qui anime ce soir à 20 heures à la #Carmagnole une conférence : Lutte contre l’impunité : Sankara et panafricanisme.

Communiqué de presse : Sommet Afrique-France : la place de la Comédie pour les nantis, les policiers pour les sans-papiers !

 Inimaginable ! Hier à Montpellier 8 sans-papiers membres d’un collectif, venus manifester à Montpellier, dans le cadre du contre-sommet Afrique-France, ont été arrêtés lors de leur descente du train à la gare Sud de France.  Sur les 8 personnes interpellées dont 6 ont reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF), 2 ont été envoyées en Centre de Rétention Administrative (un à Nîmes … Lire plus

VIDÉO - La réforme de l’assurance chômage doit être abrogée ! | Adrien Quatennens

Adrien Quatennens était ce mardi 5 octobre l’invité de la matinale de Public Sénat. 

En cette journée de mobilisation contre la réforme des retraites et de l’assurance chômage, il a appelé les français à se mobiliser. Le principal problème n’est pas le nombre de chômeurs : c’est le manque d’emplois pérennes. Alors que le gouvernement vit dans un monde parallèle, la réalité est l’urgence sociale. 6 Français sur 10 estiment que leur pouvoir d’achat a baissé sous le quinquennat Macron. 1 Français sur 3 peine à payer son loyer. 1 sur 5 doit sauter des repas. 8 millions ont besoin de l’aide alimentaire. 

Il est par la suite revenu sur les propositions du programme de Jean-Luc Mélenchon : la retraite à 60 ans, l’augmentation générale des salaires, un gel des dividendes des actionnaires afin qu’il n’y ait pas de profits sur la pandémie : tout cela pour un plus grand partage effectif des richesses. Il a rappelé l’imposture que sont Le Pen et Zemmour sur ces questions, l’une ne voulant pas augmenter les salaires, l’autres souhaitant, comme Macron, repousser l’âge de départ à la retraite.

Le vote Mélenchon, c’est le vote efficace pour passer à la 6e République, partager les richesses et engager la planification écologique. Il y a des dispersions inutiles. J’invite les Français qui ont besoin que ça change à se regrouper derrière sa candidature. 

👉 www​.melenchon2022​.fr

EGALIM 2 : ce texte ne répond pas aux principaux enjeux du secteur agricole

Retrouvez l’intervention de Michel LARIVE sur le texte « Protéger la rémunération des agriculteurs ».

« Ce texte « EGALIM 2 » acte l’échec du précédent « EGALIM 1 », comme nous l’avions annoncé. Cette loi, censée apporter un « équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous », ne répond pas aux principaux enjeux du secteur agricole. Vous n’apportez aucune garantie réelle pour la rémunération des agriculteurs et vous ne vous attaquez pas à la racine du problème. Je pense notamment aux dumpings internationaux à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union Européenne. La mise en place d’un véritable protectionnisme écologique, mesure nécessaire pour atteindre les objectifs posés dans l’exposé des motifs, est absente de ce texte.

J’aimerais insister sur les articles qui concernent la fixation des prix et la rémunération des agriculteurs. 

L’article 1er « fait des contrats écrits et pluriannuels la norme en matière de contrats de vente de produits agricoles entre un producteur et son premier acheteur ». Ici, il s’agit de donner plus de visibilité aux producteurs, plutôt que de les soumettre à la versatilité et à la volatilité des achats des distributeurs. Actuellement, ce ne sont que des accords tacites, n’ayant peu ou pas de valeur juridique, entraînant des discussions sur les lots ou sur les bêtes, avec des négociations à chaque fois, sur le prix et sur le volume, au détriment des agriculteurs. Donc sur le papier, c’est un bon outil. Mais nous regrettons que cela n’empêche pas d’acheter en dessous des prix de production et donc de vendre à perte pour les agriculteurs. 

En ce qui concerne l’article 1er Bis, il indique que producteurs et acheteurs pourront convenir de bornes de prix minimales et maximales. De notre côté, nous avons proposé des prix planchers, ce qui semble aller dans notre direction. Toutefois, le texte n’assure en aucun cas que la borne minimale ne puisse être inférieure au prix d’une vente à perte. Ainsi, ce « tunnel de prix » risque de devenir un « tunnel à gaz » au regard du rapport de force asymétrique existant entre agriculteurs et acheteurs. Cet article nous parait donc très insuffisant.

Dans l’article 2, l’objectif d’accroître « la transparence du coût d’achat de la matière première agricole par l’industriel », semble relever du vœu pieux. Vous faites croire que la grande distribution ne pourra plus avoir d’influence sur les prix agricoles, mais cela lui permettra en réalité de ne plus être tenue pour responsable des faibles prix pour les producteurs.

Tout au long des débats sur EGALIM 1 et 2, nous avons présenté bon nombre de nos propositions permettant de rémunérer correctement les agriculteurs. 

Concernant les prix, nous souhaitons la mise en place, pour certains produits, de prix minimums et d’une taxe à l’importation. Ces taxes seront appliquées, si besoin, afin de ne pas créer de distorsions de concurrence entre les produits français et les produits importés de pays où les niveaux de rémunération du travail seraient inférieurs. Nous proposons de mettre en place des « coefficients multiplicateurs » maximum, après concertation des organismes interprofessionnels. Le but sera de garantir une juste rémunération des producteurs, d’éviter les ventes à pertes et de limiter les phénomènes de captation de la valeur ajoutée par des intermédiaires et par la grande distribution. Nous pourrions aussi travailler pour la régulation des marchés agricoles, pour certains produits, à travers plusieurs mesures. Il s’agirait, notamment, de mettre en place une protection vis-à-vis des importations, de garantir un prix minimum pour des volumes plafonnés par actif agricole, ou encore d’instaurer des dispositifs flexibles de maitrise des productions. Cela concernerait, entre autres, les quotas laitiers et les têtes de bétail pour lesquels nous limiterons les surfaces et les rendements viticoles.

Concernant le travail même d’agriculteur, il est nécessaire de veiller à l’application intégrale des règles nationales de rémunération du travail, y compris des cotisations sociales, à l’ensemble des salariés de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Cela passera, notamment, par la fin du dumping et du travail détaché. Nous souhaitons également la création d’un réseau de coopératives de consommateurs en circuits courts et un plan de développement des coopératives de producteurs. Cela s’accompagnerait d’une reconnaissance du droit des organisations de producteurs à négocier collectivement les contrats avec l’aval, concernant les volumes et le prix de vente.

Pour résumer chers collègues, notre ambition est de mettre l’accent sur le protectionnisme écologique, clé d’un modèle agricole vertueux et d’une amélioration des conditions de vie et d’existence des agriculteurs français. Si les objectifs affichés de ce texte « EGALIM 2 » sont louables, nous regrettons que par manque d’ambition, le quotidien des agriculteurs ne connaîtra pas de radicale amélioration. »

PPL Livre : une attaque plus directe du modèle d’Amazon aurait été plus opportune

Intervention de Michel LARIVE dans le cadre du texte « Conforter l’économie du livre ».

« Le bras de fer avec les géants du secteur du livre ne date pas d’hier. En 1981, la loi Lang avait pour but de considérer le livre comme autre chose qu’une marchandise et de refuser que le principe européen de la concurrence libre et non faussée ne lui soit appliqué.  Cette loi a permis de protéger la librairie indépendante et les petits éditeurs. Depuis, le prix du livre est fixé par l’éditeur et le libraire ne peut appliquer une remise supérieure à 5%. De plus, les livres ne peuvent être soldés que 2 ans après leur parution. Pour obtenir cela, la bataille fut difficile ! Leclerc et la FNAC s’étaient insurgé avec force et certains considéraient qu’il était impossible de contraindre ces grandes entreprises. Pourtant, nous y sommes parvenus.

Quelques années plus tard, l’apparition des sites de vente en ligne, et en particulier d’Amazon, a rebattu les cartes. Les librairies indépendantes étaient mises en danger, notamment sur la question des frais de port. C’est la raison pour laquelle en 2014 une loi dite « anti-Amazon » a interdit aux sites de vente en ligne de cumuler la gratuité des frais de port avec les 5% de remise sur le prix du livre.

4 ans plus tard en avril 2018, avec notre collègue Yannick KERLOGOT, nous avons rendu un rapport sur l’évaluation de cette loi. Notre travail commun a permis de mettre en avant les aspects inefficaces de la loi interdisant les frais de port gratuits. Effectivement, les grandes plateformes telle que la FNAC ou AMAZON, dès le lendemain de la publication de la loi, ont facturé leurs frais de port à 1 centime d’euros. Ce montant dérisoire a aggravé la distorsion de concurrence entre les grandes plateformes et les détaillants.

C’est la raison pour laquelle la volonté de lutter contre ce contournement de la loi de 2014 est une bonne chose. Vous proposez de « rétablir un équilibre entre les librairies indépendantes et les acteurs du e-commerce comme la Fnac et surtout Amazon », en légiférant sur les tarifs de livraison et en permettant des subventions aux petites et moyennes librairies par les communes. Ce dispositif propose donc de faire payer davantage les acheteurs et de s’appuyer sur le soutien financier des collectivités territoriales.

Nous considérons qu’une attaque plus directe du modèle d’Amazon aurait été plus opportune. Rappelons que cette entreprise détruit beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en crée. Qu’elle participe de l’artificialisation des terres et est championne en matière d’émission de CO2. Nous regrettons que cette proposition de loi n’ait pas été l’occasion de taxer les profits exceptionnels d’Amazon pendant la crise, de réformer la fiscalité du e-commerce, de lutter contre la fraude à la TVA et le contournement des taxes, d’interdire ou de limiter la construction des entrepôts de e-commerce etc. Les propositions que je viens de formuler sont pourtant soutenues par de nombreux syndicats et associations. Elles ont déjà fait l’objet de propositions d’amendements pour certaines, lors de l’examen du projet de loi sur la Convention Citoyenne pour le Climat, toutes retoquées par la majorité. 

Autre lacune de cette proposition de loi censée « renforcer l’équité et la confiance » entre tous les acteurs du secteur du livre : elle ne prévoit aucun dispositif permettant d’assurer pour nos créateurs, les conditions d’une vie digne, alors que la moitié d’entre eux gagnent moins que le SMIC. Nous avons formulé des propositions dans ce sens, dont nous n’avons pas pu débattre, puisque nos amendements ont été jugés « irrecevables ». Par exemple, nous souhaitions mettre en place un fonds de soutien à la création artistique dans des disciplines relevant des arts plastiques, graphiques et visuels, des arts cinématographiques, audiovisuels et photographiques, de la littérature et de l’illustration. L’objet de ce dispositif, que je ne détaillerai pas ici, mais je vous invite à vous référer à ma proposition de loi sur le sujet, a pour but de doter les artistes-auteurs d’un véritable statut social. Les subsides obtenus grâce à cette mesure leur permettraient de développer leur activité artistique et de ne plus être forcer d’exercer des métiers « alimentaires » en parallèle de leurs créations. Nous n’avons pas pu en débattre. 

Chers collègues, nous partageons le souhait de rétablir les conditions d’une concurrence équitable entre les libraires et les plateformes en ligne. Nous sommes pour conforter le prix unique du livre. Nous partageons le combat contre la gratuité des frais de port. Cette dernière multiplie artificiellement les commandes en ligne et nous préférons que les lecteurs s’approvisionnent localement auprès de nos libraires, qui dans l’esprit de la loi Lang, sont de véritables messagers de la culture. 

J’ai également reçu des contributions de libraires de mon département, notamment la librairie « Majuscule » de Foix ou encore la librairie « Bleu du Ciel » à Pamiers, qui sont favorables à ce dispositif.

Pour toutes ces raisons, tout comme en commission, nous accompagnerons nos débats en proposant des amendements visant à combler les déficits structurels de votre texte. »

Bibliothèques et développement de la lecture : une bifurcation dans la politique publique est absolument nécessaire

Intervention de Michel LARIVE dans le cadre du texte « Bibliothèques et développement de la lecture publique ».

« Il y a 10 jours, se clôturait la 8ème édition des Journées Nationales d’Action contre l’Illettrisme, organisée par l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme (ANLCI). Ce fléau touche environ 2,5 millions de nos concitoyens qui rencontrent des difficultés importantes dans la recherche ou l’exercice d’un emploi, dans leurs démarches administratives ou leurs gestes quotidiens. Je tiens donc par commencer à saluer cette initiative parlementaire à propos des bibliothèques et du développement de la lecture. Ces deux sujets essentiels sont rarement mis à l’honneur et n’ont été que trop peu soutenus par les Gouvernements successifs. Je me réjouis donc que l’on puisse débattre aujourd’hui autour de la politique publique de développement des bibliothèques et de la lecture. 

Les réformes de la majorité actuelle concernant ce secteur ont été réalisées au détriment des personnels. Ce fut le cas, notamment, lors de l’extension d’horaires d’ouvertures des bibliothèques le dimanche, mise en œuvre par le Gouvernement, suite au rapport Orsenna-Corbin. Les salariés ont observé dans plusieurs villes que cette extension des horaires d’ouverture, n’a entrainé aucun recrutement supplémentaire. Par endroits, d’autres plages d’accueil des usagers ont même été supprimées, y compris celles réservées aux scolaires. Pour prendre l’exemple de Paris, la baisse des effectifs a engendré une réduction des horaires d’ouverture en matinée ou pendant les vacances scolaires. Ceci est symptomatique de la méthode de ce Gouvernement, qui ne met jamais à disposition les moyens suffisants pour l’application de ces réformes. Certes, les crédits du Plan bibliothèques sont passés de 80,4 à 88,4 millions d’euros en 2018. Mais ces crédits ne sont pas pérennes puisque le financement ne peut pas excéder 5 ans. On peut donc se demander comment les collectivités vont-elles pouvoir maintenir les emplois créés une fois ces délais écoulés ? La seule solution mise sur la table par Monsieur Orsenna, c’est l’embauche de jeunes en services civiques ou de contrats précaires, comme si bibliothécaire n’était pas un métier à part entière, spécifique et réclamant des qualifications et des compétences précises.

Une bifurcation dans la politique publique en faveur des bibliothèques et du développement de la lecture est donc absolument nécessaire. Ce texte a le mérite d’inscrire quelques grands principes dans la loi : principe de gratuité d’accès aux bibliothèques des collectivités territoriales, pluralisme des collections, ou encore don des livres devenus inutiles.

Cela dit, il ne permet pas de répondre aux tensions actuelles dans ce secteur. Il ne préserve pas les droits des personnels face à l’extension des horaires d’ouverture, n’assure pas l’égalité d’accès aux bibliothèques sur tout le territoire national, ne développe pas les actions « hors les murs » en faveur de la lecture, n’améliore pas la participation des usagers dans le fonctionnement des bibliothèques, et ne protège pas le métier de bibliothécaire titulaire à l’heure où le nombre de contractuels augmente fortement. De plus, l’article 2 permettant d’inscrire le principe de liberté d’accès aux bibliothèques municipales et intercommunales, ne fait pas mention du pass sanitaire. Or, ce dernier y est obligatoire pour accéder aux bibliothèques, mais pas pour les librairies ou les centres commerciaux, ce qui crée une 1ère incohérence. La 2ème incohérence, c’est que les Bibliothèques Universitaires, la Bibliothèque Publique d’Information, la Bibliothèque Nationale de France et les bibliothèques spécialisées ne sont pas soumises à l’obligation du pass sanitaire. Je profite donc de ce temps de parole pour apporter mon soutien à la pétition initiée par « Les bibliothécaires mobilisés », en grève depuis plusieurs semaines dans de nombreuses villes de France. Leur demande fait état de leur incompréhension face à la persistance du Gouvernement qui refuse d’exempter les bibliothèques de pass sanitaire. Je les cite : « Le classement soudain des bibliothèques municipales et intercommunales dans la liste des lieux soumis au dispositif du pass sanitaire crée une inégalité d’accès à des établissements qui se définissent par leur accessibilité sans condition à tous les citoyens, et qui avaient parfaitement su s’adapter à la crise sanitaire en restant ouverts en continu depuis mai 2020, grâce à des protocoles sanitaires stricts ». Au-delà de cette entrave à la lecture, ils dénoncent que de nombreux usagers « précaires utilisent les bibliothèques pour l’accès à Internet ou pour une aide administrative ou sociale ». Cela ne leur est plus permis depuis des semaines et ce sera encore plus compliqué pour eux dans 10 jours, quand les tests ne seront plus gratuits. Je regrette donc que l’occasion de dénoncer cette entrave à la liberté d’accès aux bibliothèques et à la lecture n’ai pas été saisie.

En bref, ce texte me parait relativement consensuel, mais manque d’ambition pour une véritable politique publique en faveur des bibliothèques et du développement de la lecture. C’est la raison pour laquelle nous accompagnerons ce texte, mais profiterons de l’analyse des amendements pour être force de propositions. »

Mme Ernotte, allez-vous enfin entendre les revendications légitimes de vos salariés ?

Michel LARIVE interpelle Delphine ERNOTTE, Présidente de France Télévisions.

« Depuis 4 ans, à chaque fois que nous nous retrouvons en auditions préparatoires du projet de loi de finances, et que nous recevons Madame ERNOTTE-CUNCI, Présidente de France Télévision, nous sommes plusieurs à dresser le constat d’un service public audiovisuel en cours de démantèlement, au regard des budgets et des effectifs en baisses constantes. 

Nous le déplorons chaque année lors de cette audition sur « l’exécution du contrat d’objectifs et de moyens de France Télévision », et nous recommençons, à chaque fois, lors de l’examen des crédits budgétaires alloués à la mission « Médias, livres et industries culturelles » à laquelle est raccroché le détail du budget consacré aux « Avances à l’audiovisuel public ».

Malgré cette redondance et ces alertes répétées, la situation n’évolue pas, elle empire. Le dernier communiqué de presse de la CGT France Télévisions est éclairant sur l’état de délabrement du service public audiovisuel. 

La direction, rencontrant des difficultés pour atteindre ses objectifs de réduction de postes, n’hésiterait pas, selon les syndicats, à démanteler des secteurs entiers de l’entreprise. Ce fut le cas, notamment, lors du transfert brutal de 85 salariés des émissions patrimoniales à France TV Studio.

Les syndicalistes dressent également le constat d’une augmentation exponentielle des licenciements pour inaptitude. Ils s’inquiètent de l’externalisation d’activités, de la pression accrue sur les équipes et de la dégradation des conditions de travail des salariés. Les conséquences directes d’une telle gestion sont la multiplication des alertes-santé et la recrudescence de l’absentéisme.

Face à cette situation, l’abandon du projet de transfert autoritaire et arbitraire des salariés de France Télévision à la filiale France Télé Studio, est une nécessité impérieuse. Il est temps d’arrêter les externalisations d’emplois dans l’activité numérique et de combler les postes vacants. Donnons également les moyens humains pour la régionalisation de France 3, notamment en Outre-Mer et dans les territoires ruraux.

Madame ERNOTTE-CUNCI, ce sont les revendications claires et légitimes de vos salariés, à qui j’apporte mon plein soutien. Etes-vous disposées à les entendre ? »

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