« Telle la cigale vous avez chanté tout l’été, et soudain… confinement ! »

« Oui, nous serons prêts. » C’est le président de la République qui s’exprimait ainsi, le 14 juillet : « Nous serons pour la deuxième vague, cela a été préparé sous l’autorité du Premier ministre. » Le ministre de l’Education approuvait, en Dupont « T » : « Nous sommes préparés à tout », et sa Dupond « D » en charge de l’enseignement supérieur : « Les établissements sont prêts. »

Sans compter le La Palisse qui nous sert de Premier ministre, qui en septembre préconisait de « nous laver régulièrement les mains », qui ce samedi encore recommandait : « Le meilleur moyen de soulager l’hôpital, c’est de ne pas tomber malade. »

Tout allait bien, Madame la marquise.
Et soudain, rebelote. Les hôpitaux pleins. Le manque de lits. La pénurie de soignants, de gants et qui sait, de médicaments, le couvre-feu, l’Etat d’urgence, les ordonnances.
Et bientôt, ce vendredi, le re-confinement.
L’hibernation avant l’hiver.
La police en première ligne, à nouveau, à délivrer des amendes de 135 €, 6 mois de prison après trois infractions…
« Des restrictions de libertés inédites en temps de paix », pointe le président du Comité des Droits de l’Homme.

Le discours de François Ruffin est à voir et à lire en intégralité sur son internet.

PLFSS : le gouvernement fracture notre solidarité nationale

Explication de vote de Michel LARIVE dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

« Après tout ce temps passé à vouloir discuter, proposer, reconstruire notre système de santé et de protection sociale il nous faut aujourd’hui voter pour un texte qui est, quoi qu’il en coute, à côté de la préoccupation principale des Français.

Votre gouvernement a souvent tendance à penser qu’il a raison seul et que l’opposition de son peuple n’est pas légitime. 

Mais dans notre République française, doté d’un pouvoir législatif séparé du pouvoir exécutif, d’une représentation nationale sensée être l’expression du Peuple souverain, cela ne se peut pas.

Les ors de la république ont-ils alourdis à ce point les horloges du temps législatif ?

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tout tenter pour remettre à l’heure les maîtres du « en même temps ».

Sur la situation sanitaire du pays, depuis la première vague, vécue de l’intérieur pour avoir remis la blouse en service réanimation Covid, ma collègue Caroline Fiat alerte avec mon groupe sur les manques cruels de moyens pour nos soignants, sur les pénuries d’équipements de protections individuelles, sur les pénuries de médicament, sur la détresse de nos Ehpads, de nos ainés, qui s’éteignent dans l’indifférence, et la solitude.

Le cri d’alerte a été lancé les 13 et 14 juin, après combien d’autres cris, ceux de la rue remplie de soignants pendant près de 2 ans, ceux de votre opposition qui pourtant, année après année, vous propose laborieusement des améliorations des textes successifs des projets de loi de financement de la sécurité sociale.

Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et c’est bien de cela dont il s’agit.

Monsieur le Ministre Olivier Veran, vous n’avez rien voulu entendre, faisant de la réalité du pays une fable qui ne tient pas dans vos tableaux comptables.

Bien avant cette crise, que nous vivons tous, mais qui statistiquement touche quand même les plus faibles d’entre nous, nos hôpitaux étaient en tension extrême par manque de moyens, de personnels, de reconnaissance, sacrifiés sur l’hôtel de la rigueur budgétaire que vous imposez à tous, sans pour autant devoir la subir vous-même. 

Et qu’avez-vous fait ? Encore des suppressions de lits, encore des regroupements de services, un peu plus de moyens au privé lucratif.

Pour patienter et pour calmer les demandes de l’opposition, vous avez accepté quelques rapports, dont la lecture ne vous a pas plu et qui vous ont conduit à en commander d’autres, plus consensuels, plus lisses, moins humains, plus comptables.

Voilà pour votre gestion, indissociable de celle de votre prédécesseur Agnès Buzin.

La différence monsieur le Ministre absent de ces bancs, Olivier Veran, c’est que vous, vous êtes au cœur de la crise Covid.

Nous nous faisons les porte-voix de cette assemblée pour dire que vous êtes au front tous les jours et que personne ne peut vous le contester.

Et vous êtes au front bataille après bataille, vague après vague, et vous continuez à regarder cela à travers vos lignes et vos colonnes, vos chiffres et vos budgets, vos courbes et vos trajectoires sans jamais prendre en compte la souffrance de ceux qui soignent et celle de ceux qui ne peuvent être soignés.

Ce PLFSS aurait pu être le budget de l’honneur retrouvé, de la grande communion nationale que vous appeliez de vos vœux, mais vous ne mettez rien en œuvre pour que nous puissions nous retrouver. Au contraire, vous fracturez notre solidarité nationale.

Pour la première fois depuis 75 ans, la sécurité sociale sera financée majoritairement par l’impôt et non plus par la cotisation sociale.

Tous les sujets ayant trait aux dysfonctionnements avérés de notre système de santé ont été balayés d’un revers d’article 45, prétexte facile de celui qui refuse le débat sur des choses dont il n’a rien à dire !

Votre PLFSS est cette année, encore plus douloureux que les autres années, tant il résonne d’indifférence et de mépris, de mensonges et d’aveuglements, et du sentiment amer que plutôt que d’améliorer les choses, le pire est à venir.

La sécurité sociale, la solidarité nationale, l’hôpital public, sont des biens communs qui méritent bataille, hors nous faisons le constat d’une capitulation en rase campagne, que nous combattrons de toute nos forces, en résistant partout où nous le pourrons, dans cet hémicycle ou sur le terrain de nos hôpitaux sinistrés.

Parce que nous refusons cet abandon au dogme comptable qui vous tient lieu de feuille de route, Monsieur le Ministre Olivier Véran absent de nos bancs, nous voterons contre ce projet de loi de financement de la sécurité sociale. »

Assistantes maternelles : même pas une prime Covid !

Ce matin la majorité a pérennisé le CICE en allègement de cotisations et ses 20 milliards de cadeaux aux entreprises. Hier, elle refusait la prime Covid aux 400 000 assistantes maternelles du pays.

« Il faudra nous rappeler que notre pays tout entier repose sur ces femmes et ces hommes que notre pays et nos économies reconnaissent si mal », disait Macron au printemps. Il faudra nous rappeler que les assistantes maternelles ont continué d’accueillir les enfants des soignants, des routiers, des enseignants pendant le confinement. Il faudra nous rappeler qu’à l’automne, on les a oubliées.

VIDÉO - Notre réponse doit être l’unité et la fermeté ! | Adrien Quatennens

Aujourd’hui, en hommage à Samuel Paty, nous devons faire une démonstration d’unité et de fermeté. Nous ne nous diviserons pas car c’est ce qu’ils veulent. Nous ne vaincrons l’obscurantisme qu’unis. #SamuelPaty

***RETROUVEZ ADRIEN QUATENNENS SUR***

Retour des pesticides tueurs d’abeilles : au-phyto-dit, au-phyto-fait !

Lundi 5 octobre, Ugo Bernalicis intervenait lors de l’étude du texte autorisant la réintroduction des néonicotinoïdes dans la culture de la betterave. Le gouvernement maintient sa volonté de réintroduire les néonicotinoïdes malgré sa nocivité incontestable. Si leur interdiction était une réelle avancée, leur réintroduction est un symbole fort contre l’écologie. Ce retour en arrière nous montre … Lire plus

🔴 Intervention contre les néonicotinoïdes à l’Assemblée nationale

⚠️ Le gouvernement En Marche présente à l’Assemblée nationale un projet de loi pour ré-autoriser les néonicotinoïdes, pesticides dangereux pour les abeilles, les agriculteurs, la biodiversité en général, et la santé de tous !

Alors quelle mouche, ou plutôt quelle abeille, a donc piqué le gouvernement ? Je crois avoir la réponse, et elle ressemble fort à un gros lobby sucrier…

Il faut interdire la maltraitance des animaux

Bastien Lachaud a défendu la loi qui vise à interdire la maltraitance des animaux. Elle propose des mesures symboliques, mais fortes :

  • un plan de transition des acteurs professionnels
  • l’interdiction de l’élevage des animaux pour leur fourrure
  • l’interdiction des spectacles d’animaux sauvages
  • l’interdiction de la chasse à courre, vénerie sous terre, chasse à la glu
  • la transition vers un modèle d’élevage sans cage


La majorité LREM a tout détricoté, supprimé le fonds de transition, interdit toute modification des pratiques d’élevage intensif, refusé l’interdiction de la chasse à courre, minimisé l’interdiction de l’élevage pour la fourrure, rechigné sur l’interdiction des spectacles d’animaux vivants.
La proposition de loi sera examinée en séance publique le 8 octobre.

Voir les autres actions de Bastien Lachaud en faveur des animaux :

Gestion sanitaire chaotique : ils sapent le consentement à la loi !

Le mardi 29 septembre, Bastien Lachaud a dénoncé le chaos sanitaire orchestré par le gouvernement : mesures contradictoires, annonces successives incompréhensibles, incapacité à planifier.

Sans compréhension de bien fondé des mesures, pas de consentement à l’autorité, pas d’efficacité de la stratégie.Les français ont fait preuve de discipline et de civisme, mais on ne peut être discipliné à une règle incohérente.

Le gouvernement sape tout consentement à l’autorité de l’état, il sape le consentement à la loi.

Lire le texte de la question :

Monsieur le Premier Ministre,
Vous êtes en train de susciter la pagaille sanitaire. Vos consignes sont incompréhensibles. Votre communication illisible. Les règles changent tous les jours. Et on ne sait plus à quels endroits elles s’appliquent. Comment les français peuvent-ils s’y retrouver ? Comment pourraient-ils les appliquer ? Comment pourraient-ils les accepter ?
Pourtant, depuis le début de l’épidémie, les français ont fait la preuve de leur civisme. L’ensemble des forces politiques a fait preuve de responsabilité. Mais comment faire quand on ne comprend plus rien ? Les rassemblements de 10 personnes sont interdits, mais nous continuons à nous entasser dans les transports en commun. On peut aller au travail, à l’école, à l’université, mais pas faire du sport. On peut boire un verre, ou aller au restaurant, mais pas après 22h. Vous fermez les bars à Marseille pour le vendredi soir, puis finalement pour le dimanche.
Stop Covid est l’arme ultime contre la pandémie, mais le Premier ministre ne l’a pas téléchargé. Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? Plus de 24h après les annonces du ministre de la santé, le site du gouvernement n’était pas actualisé. Les préfets prennent des arrêtés contradictoires du jour au lendemain. Les maires sont désemparés et ne savent que faire. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que des français désobéissent. C’est vous qui en portez la responsabilité. C’est vous qui sapez l’autorité de l’Etat.
C’est vous qui sapez le consentement à la loi, fondement de notre République. Parce que vous gérez au jour le jour, comme l’a dit Olivier Véran, au lieu de planifier. Or, sans visibilité, sans explications, pas de confiance, pas de consentement.
Monsieur le Premier ministre, nous ne voulons pas le chaos sanitaire. Nous voulons pouvoir obéir à des consignes sanitaires rationnelles claires et compréhensibles. Nous voulons la planification de la riposte à la crise sanitaire, et à la crise sociale.

VIDÉO - QAG : Bridgestone et tous les autres : ça suffit l’hypocrisie !| Adrien Quatennens

Que se passe-t-il avec notre Éducation nationale M. le ministre ?

Dans le cadre des questions au gouvernement du mardi 15 septembre 2020, Michel Larive interpelle le Ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer :

« Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale. 

Vous aviez pris vos précautions, Monsieur le ministre. Vous souhaitiez, et je vous cite, que « la rentrée soit aussi normale que possible ». Vous aviez raison, parce qu’elle s’est mal passée ! Partout ! De la maternelle à l’université : 

  • des classes surchargées,
  • un nombre important d’élèves sans affectation sur tout le territoire national, de l’Île-de-France à Villefranche-de-Lauragais,
  • des enfants perdus de vue, 3 900 rien qu’en Seine-Saint Denis,
  • des étudiants en mal de Parcoursup, abandonnés à leur sort et à qui Madame la ministre Frédérique Vidal propose seulement qu’ils se responsabilisent,
  • et enfin, une insuffisance criante d’enseignants à tous les échelons de l’enseignement public. 

C’est la deuxième rentrée sous Covid cette année, vous aviez l’expérience et le temps pour l’organiser convenablement.

Que se passe-t-il avec notre Éducation nationale, M. le ministre ? »

[Réponse du Ministre]

« Monsieur le ministre, j’entends vos arguments, mais comprenez notre inquiétude. Les enfants qui rentrent à l’école aujourd’hui sont nos bacheliers de 2031. Ils sont notre avenir, celui de notre pays. Pourquoi ne pas attribuer des postes aux enseignants placés sur les listes complémentaires ? Ils sont budgétisés. 

Pourquoi ne pas instaurer la distribution de masques gratuits, du collège à l’université ? Vous garantiriez ainsi l’application de votre protocole sanitaire. 

L’Italie va recruter 84 000 personnels-enseignants, et je dis bien enseignants ! Rien qu’à Madrid, ils seront 11 000 à venir renforcer les écoles, pour garantir des classes limitées à 20 élèves.

Pourquoi voulez-vous que nous soyons les mauvais élèves de l’Europe ? »

VIDÉO - Retraites : Pourquoi déclarer la guerre sociale au pays ? | Adrien Quatennens

Le 8 juillet 2020, Adrien Quatennens interrogeait le nouveau Premier ministre, Jean Castex, alors que le gouvernement a l’intention de remettre à l’ordre du jour la réforme des retraites largement rejetée par les Français.

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STAINS : CASTANER ASSUME LA CENSURE D’UNE OEUVRE D’ART !

Michel Larive, lors des séances de questions au Gouvernement du mardi 30 juin 2020, interpelle M. Castaner sur la fresque de Stains.

« Le Préfet de Seine-Saint-Denis a mise en demeure Monsieur le Maire de Stains, d’effacer une partie d’une fresque sur le mur de sa commune, et plus précisément le mot « policières » dans la locution « violences policières ».

Qui est-il pour se constituer en censeur de la création artistique ? Quelle est cette République qui autorise un de ses hauts fonctionnaires à bafouer la liberté d’expression ? On peut, ne pas être d’accord avec le message d’une œuvre artistique, mais nul ne peut s’arroger le droit de l’entraver.

La liberté d’expression est protégée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et sanctuarisée dans notre constitution.

Si vous acceptez cela Monsieur le Ministre, il vous faudra censurer les textes de Georges Brassens, Renaud, Jacques Prévert et bien d’autres. Aucune démocratie moderne, aucun État de droit digne de ce nom, ne peut engendrer une telle infamie. Seuls les États totalitaires, du passé et du présent, agissent de la sorte. 

Vous ne pouvez pas « être Charlie » et utiliser les grands ciseaux de Madame Anastasie, en même temps !

Déjà, lors de la révolte populaire des gilets jaunes, l’expression de l’indignation des femmes et des hommes qui subissaient votre politique d’exclusion, s’exprimait au travers d’œuvres artistiques. Vous les avez toutes détruites. Qu’auriez-vous préféré à une expression artistique et pacifiste ?

La France, pays des Lumières, reçoit votre outrage comme une violence extrême contre sa liberté.

Quel est votre objectif, Monsieur le Ministre ? Après l’invisibilisation d’une partie de notre population, souhaitez-vous les effacer de notre mémoire collective ? »

PPL Directeur : y a-t-il un pilote dans le vaisseau amiral de l’éducation nationale ?

Motion de rejet défendue par Michel Larive sur la proposition de loi créant la fonction de directeur d’école.

« Depuis 12h30 sur la place Edouard Herriot et depuis 14h30 devant le Ministère de l’Education nationale, sont rassemblés des syndicats de l’éducation nationale et les collectifs « Educ en colère », « Stylos Rouges », « Touche pas à ma ZEP » et bien d’autres. Ils réclament le retrait de votre proposition de loi créant la fonction de directeur d’école. Ils portent aussi d’autres revendications. Parmi celle-ci, on peut trouver la dénonciation du mépris qu’ils ressentent, provenant du ministre de l’éducation nationale depuis la loi dite « pour une école de la confiance ». Dernièrement encore, par sa voix et ses relais dans la presse nationale, le ministre stigmatisait les enseignants, qu’il taxait de décrocheurs, pendant la crise du Covid 19.  Bien sur la réalité est toute autre, les professeurs des écoles, les instituteurs et institutrices et tous les autres enseignants et enseignantes, ont fait preuve d’un remarquable professionnalisme dans le respect de leur vocation qui est celle d’enseigner, lors de cette crise. Ils ont fait montre d’une créativité à toute épreuve pour pallier aux carences de leur tutelle. Ils ont finalement assuré la continuité éducative malgré les épreuves et le lourd tribu qu’ils ont eu, eux aussi à payer. Pour tout cela, je les remercie vivement au nom d’un représentant de la nation reconnaissant. Il aurait été préférable notamment d’être au rendez-vous de vos annonces précipitées, et livrer les protocoles sanitaires de la rentrée du 22 juin en temps et en heures pour que tous les acteurs de la communauté éducative puissent se préparer en toute sérénité. Au lieu cela, Le décret détaillant le protocole sanitaire à mettre en place dans nos écoles à été publié le matin du 22 juin, jour de la rentrée élargie. Comprenez chers collègues, l’état d’esprit dans lequel se trouvent les enseignants français qui se demandent s’il y a un pilote dans le vaisseau amiral de l’éducation nationale. Avec la mise en place du dispositif 2s2c, nous avons quelques éléments de réponses. Ici comme dans tous les autres services publics, l’état se défausse sur les collectivités territoriales ou délègue a la sphère privée les attributions qui lui sont dévolues. Enfin, depuis plus de dix années, le point d’indice des fonctionnaires de l’éducation nationale n’a pas évolué positivement, au regard de l’inflation. Pourtant, eux aussi faisaient partie des premiers de corvées, de celles ceux qui ont affronté la pandémie en première ligne, de celles et ceux qui assuré la continuité du fonctionnement de notre vie commune. Ils doivent eux aussi percevoir les fruits de notre considération. Ils doivent pouvoir bénéficier enfin d’une revalorisation de leurs rémunérations.

 Vous avez décidé, dans la continuité de vos prédécesseurs, de calquer le fonctionnement des entités privées sur celui de nos services publics. Un service public quel qu’il soit n’a pas pour vocation d’être rentable, mais de se trouver tout simplement au service de la population. Sa seule valeur ajoutée, c’est le bien être des usagers et des fonctionnaires qui le déploie.

Si on votait aujourd’hui la proposition de loi de Madame RILHAC visant à créer la fonction de directeur d’école, ce sont des postes de managers des écoles que nous créerions. Tous les syndicats ont manifesté leur opposition à la création d’un tel statut de directeur d’école, qu’il soit officiel ou déguisé en « emploi fonctionnel ». La situation des directeurs d’école est suffisamment difficile pour que, nous, législateurs, ne prenions pas des décisions en contradictions avec leurs aspirations.

Ces personnels sont aujourd’hui confrontés à une surcharge croissante de travail. Les tâches administratives s’alourdissent d’années en années, alors que les temps de décharges de classe stagnent ou baissent. Cette situation mène à des pathologies professionnelles de plus en plus fréquentes. Comment parler de ce fléau sans citer Christine RENON, cette directrice d’école qui s ‘est donné la mort le 24 septembre 2019, dans son école, laissant une lettre à ses collègues et à l’inspection académique ? Elle nous a alarmé sur le « sort réservé à tous les directeurs », mettant en avant « les fermetures de classe, les tâches administratives, les incessantes injonctions, le temps de travail, le manque de matériel, le manque de soutien et de protection de l’institution ».

La crise sanitaire a mis une nouvelle fois les directeurs d’école à rude épreuve. La mise en œuvre du protocole sanitaire, les informations contradictoires sur la présence obligatoire des enseignants et les déclarations toutes aussi contradictoires du Ministre de l’Éducation Nationale dans les médias, ont été sources d’angoisse pour le personnel. C’est pour toutes ces raisons que les premiers concernés vous demandent de renoncer et de retirer votre proposition de loi.

Votre volonté d’instituer un statut de directeur d’école n’est pas nouvelle. C’est une volonté ancienne du Ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel BLANQUER et vous l’aviez proposé lors d’un rapport en août 2018. Déjà, l’opposition à la création d’un tel statut s’était exprimée fermement dans les rangs syndicaux. Le Ministère de l’éducation nationale a consulté les directeurs d’école sur cette même question et recueilli plus de 29000 réponses en novembre 2019. Mais les directeurs ont une nouvelle fois exprimé leur opposition, puisque seulement 11 % d’entre eux s’y sont dit favorables. Je répète ce que j’ai dit en commission, ce texte vous permet de revenir à la charge grâce à une pirouette sémantique, pour ne pas déclarer un « statut », et le transformer en une « fonction » de directeur d’école.

Dans les faits, cela revient au même ! Le directeur d’école devient « délégataire de l’autorité académique ». Il sera donc un « manager » dans son école. Le décret de 1989 instaure que le directeur « représente l’institution auprès de la commune et des autres collectivités territoriales ». Cette disposition nous parait bien suffisante. Si les débats en commission ont permis d’inscrire dans le texte que le directeur n’est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues, vous lui permettez tout de même de prendre des décisions pour le fonctionnement de l’école, sans l’avis du conseil des maîtres. La version du texte issue de la commission renforce même le rôle décisionnaire du directeur. Il est désormais inscrit que le directeur « peut prendre les décisions nécessaires liées aux responsabilités relatives au fonctionnement de l’école ». Le conseil des maîtres n’est donc plus du tout mentionné et le fonctionnement collégial de l’école primaire est supprimé. Or, nous affirmons que pour le bon fonctionnement de l’école, il n’est pas nécessaire que leur directeur soit décisionnaire. L’école primaire se distingue par un fonctionnement démocratique : le conseil des maîtres, qui réunit l’ensemble des maîtres affectés à l’école, des maîtres remplaçants exerçant dans l’école et des membres du réseau d’aides spécialisées, quand ces derniers n’ont pas été supprimés suite au manque de postes dans le premier degré. Les décisions sont prises par l’ensemble de l’équipe. Le conseil d ‘école, lui aussi, fonctionne démocratiquement. Il réunit, en plus du corps enseignant, les représentants élus des parents d’élèves, le maire, un conseiller municipal et le délégué départemental de l’éducation chargé de visiter l’école. L’inspecteur de l’Éducation Nationale de la circonscription assiste de droit aux réunions. Ce système démocratique et de travail collectif fonctionne bien et il en a fait la preuve lors du confinement. Le ministre de l’Éducation Nationale s’est même félicité de la continuité pédagogique organisée par les enseignants et leur mobilisation.

Cette réussite est due au fonctionnement horizontal de l’école que vous souhaitez désorganiser. Un exemple éclairant : le directeur d’école participe désormais « à l’encadrement du système éducatif ». Or, aujourd’hui les personnels d’encadrement du système éducatif français sont les personnels de direction de l’Éducation Nationale, les personnels d’inspection et les personnels d’encadrement administratif. Le directeur d’école ne correspond à aucune de ces catégories. Il n’est pas un cadre supérieur. Il n’est pas chargé d’inspection. Il ne travaille pas non plus au sein de l’administration. En instaurant cette mesure, vous assimilez les directeurs d’école à des personnels de direction de l’Éducation Nationale, c’est-à-dire aux chefs d’établissement du second degré. Comme le dénonce de nombreux syndicats, cela dessine « une école verticale » dont nous ne voulons pas.

Tous ces éléments démontrent que le directeur-manager de demain sera bien un fonctionnaire avec un statut particulier. L’accès à ce statut pose au moins deux autres problèmes liés à la nomination et à la rémunération du directeur d’école :

  • Votre proposition prévoit que le directeur soit nommé par l’inspecteur académique. Actuellement, le directeur est inscrit sur la liste d’aptitude après avis de la commission administrative paritaire départementale. Ensuite, le directeur est affecté en fonction d’un nombre de points cumulés pendant sa carrière. Un directeur peut se voir retirer son emploi, toujours après avis de la commission administrative paritaire départementale. Ce fonctionnement garantit une relative transparence dans l’attribution des postes, avec le contrôle des syndicats. Vous avez affirmé en commission, Madame la rapporteure, que ce mode de recrutement serait conservé, mais vous avez refusé de l’inscrire dans la loi. Nous pouvons donc craindre que la fonction de directeur soit retirée selon le bon vouloir de l’inspection académique. C’est un moyen de pression inacceptable contre les directeurs. Si notre motion de rejet n’est pas adoptée, nous reformulerons cette proposition, soutenue par les syndicats, par voie d’amendements.
  • Les mesures liées à la rémunération des directeurs d’école font également objet de critiques de la part des syndicats. En créant un régime spécifique de rémunération, vous créez, de fait, un corps séparé des enseignants. Cela n’est pas nécessaire pour augmenter la rémunération des directeurs d’école. Actuellement, tous les directeurs bénéficient de 8 points de « nouvelle bonification indiciaire » et de « points de bonification indiciaire », en fonction de la taille de l’école. Ils perçoivent également une « indemnité de sujétion spéciale pour la direction ». Elle se compose d’une part principale commune à toutes les écoles et d’une part variable liée à la taille de l’école. Au total, les directeurs perçoivent une rémunération mensuelle brute supplémentaire de 200 à 400€. Dans l’exposé des motifs, une augmentation de l’indemnité de direction de 150 à 300 € bruts par mois est proposée. C’est bien en dessous des revendications des directeurs d’école ! Je précise que dans une note consacrée à la France en 2019, publiée dans Regards sur l’éducation, l’OCDE note la faiblesse des salaires des directeurs d’école et chefs d’établissement. A l’école élémentaire, le salaire des directeurs en France est 15% inférieur à la moyenne de l’OCDE. Avec cette proposition, vous ne répondez pas au problème dans son ensemble. Une bonification indiciaire, plus généreuse, qui serait prise en compte dans le calcul des retraites actuelles, nous paraîtrait plus judicieuse.

Lorsque vous présentez votre texte, vous insistez sur les décharges qu’il prévoit. Obtenir davantage de décharges fait écho à d’anciennes revendications des personnels de direction. Mais une fois encore, les dispositions de votre loi ne permettent pas de répondre efficacement à la demande des directeurs. Lors de la consultation des directeurs d’école organisée par le Ministère de l’Éducation Nationale en novembre 2019, les directeurs déclarent que le fonctionnement administratif est la tâche à laquelle ils passent le plus de temps. C’est aussi l’une des deux tâches les plus pénibles avec la sécurité, et ce sont ces 2 tâches pour lesquelles ils demandent le plus de soutien alors que ce n’est pas, selon eux, le cœur de leur métier. Les directeurs d’école souhaitent se concentrer sur « le suivi collectif des élèves, le travail en équipe et l’élaboration des dispositifs d’aide », pour 83 % d’entre eux. Or, ce n’est pas ce qui est proposé ici. Au contraire, la décharge de classe est suivie de l’introduction de missions nouvelles pour les directeurs. Certaines missions sont parfois même extérieures au fonctionnement de l’école comme celles concernant la formation. Des missions de coordination de Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL), Réseau d’éducation prioritaire (REP), Réseau d’éducation prioritaire renforcé (REPR), regroupement pédagogique intercommunal (RPI) leurs sont confiées alors qu’elles relèvent d’autres personnels de l’Éducation Nationale. L’inspecteur de l’éducation national, l’enseignant référent à la scolarisation des élèves handicapés ou encore le coordinateur REP en sont normalement chargés. Finalement, en échange d’une décharge totale de classe, les directeurs verront leur charge de travail s’alourdir considérablement et d’autres personnels seront privés de leurs missions. 

Cette proposition de loi va à l’encontre des demandes des professionnels du secteur. Cette ineptie aura également pour effet d’aggraver considérablement les inégalités territoriales ! Effectivement, la décharge complète d’enseignement pour les directeurs d’école ne s’appliquera que dans les établissements comptant au minimum 8 classes. Il n’y aura donc aucune décharge pour les plus petites structures. Je vous informe que moins de 10 % des écoles de l’Ariège sont concernées, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres départements à la démographie et la sociologie similaires. Sur tout le territoire national, ce sont 75% des écoles qui se trouvent exclues de votre dispositif. Vous souhaitez encourager les détachements de personnels, notamment administratifs, des communes vers les établissements scolaires. Je vous informe, là aussi, que les écoles rurales sont souvent situées dans des communes qui rencontrent d’importantes difficultés. Elles n’ont absolument pas la possibilité, ni financière, ni physique de cette délégation, tout simplement parce qu’elles ne disposent même pas de personnel administratif suffisant pour leur propre fonctionnement et bien sûr, encore moins de concierge. Et cela s’aggrave d’année en année, avec la politique de baisse des dotations que ce Gouvernement a enclenché dès son arrivée au pouvoir. Ici comme dans d’autres aspects de votre proposition de loi, vous avez pris pour modèle éducatif, la ville de Paris. Madame la rapporteure si 90 % des communes de notre pays avait 10 % des moyens financiers, structurels et humains de la ville de Paris, l’école de la république se porterait bien mieux. Il ne s’agit pas ici d’opposer la ville lumière, notre superbe capitale, au reste du pays, mais de vous signifier qu’il existe une vie au-delà du périphérique parisien et par extension au-delà des périphériques des métropoles françaises ! J’ajouterai, à l’instar de mes interventions en commission, qu’il est hypocrite de demander aux communes de fournir du personnel aux écoles alors que l’emploi public territorial a été réduit et que l’organisation des services de ces collectivités a été fragilisé par la suppression de plus de 200.000 contrats aidés décidée par ce Gouvernement. Il aurait fallu les titulariser. Plutôt que de simplement embaucher des agents administratifs et des concierges, comme les directeurs d’école vous le demandent, vous continuez donc dans cette même politique infructueuse du désengagement de l’État, en faisant peser les charges de personnels qui lui sont normalement dévolues, sur les collectivités territoriales. Votre texte, profondément inégalitaire, a sûrement dû être concocté dans les cercles remarquablement éveillés de l’expertocratie des métropoles éclairées. Mais cela ne justifie pas que la majeure partie du territoire français soit ainsi mise au banc de l’égalité républicaine. Cela contribue d’ailleurs au rejet massif de votre proposition de loi par les directeurs d’école et les personnels de l’éducation nationale, en général.

Chers collègues, vous nous soumettez un texte lacunaire et inutile, qui aggravera la facture entre nos territoires par les inégalités qu’il créera. Les premiers concernés sont venus exprimé leur vive opposition à quelques mètres d’ici il y a à peine quelques heures. Votons cette motion de rejet, montrons aux directeurs d’école que les représentants de la nation sont capables de les entendre. »

Revenu étudiant : pour l’émancipation de la jeunesse

Intervention de Michel Larive dans le cadre de la proposition de résolution portée par le groupe GDR, invitant le Gouvernement à la mise en place d’un revenu étudiant.

« Tous les indicateurs en attestent : les conditions d’existence des étudiants se dégradent. La France compte aujourd’hui un étudiant sur 5 sous le seuil de pauvreté. Près de la moitié des jeunes doivent désormais travailler en parallèle de leurs études, pour faire face à l’augmentation du coût du logement et de la vie étudiante. 

Cette précarité a été particulièrement accentuée par la crise du Covid-19. Certains étudiants ont été confrontés à l’incapacité de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, face à l’augmentation des dépenses courantes. D’autres se sont retrouvés confinés dans des logements parfois insalubres. 

Cette paupérisation, dénoncée depuis de nombreuses années par les syndicats étudiants et les sociologues, ne vient pas de nulle part. D’abord, les réformes de l’éducation supérieure et du marché du travail ont été la force motrice de la montée des inégalités et de la pauvreté. Puis, les gouvernements successivement au pouvoir ont baissé le montant des dotations publiques allouées aux CROUS et aux établissements d’enseignement supérieur. En outre, depuis 2017, les Aides Personnalisées au Logement sont constamment revues à la baisse.

Un désengagement de l’Etat qui a poussé les étudiants à la « débrouillardise », à travailler dans des emplois précaires et à être particulièrement exposés aux risques psycho-sociaux. Malgré les alertes et les mobilisations étudiantes, notamment en novembre 2019 lors de l’immolation d’un jeune étudiant lyonnais, l’Etat n’a jamais pris à bras le corps ce problème. 

Avec La France Insoumise, nous avons pourtant proposé en 2017 l’instauration d’une allocation d’autonomie de 800 euros par mois pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, dans le but de garantir aux étudiants des conditions décentes d’existence. Pendant la crise sanitaire, nous avons aussi travaillé, avec le livret Jeunesse de la France Insoumise et la députée Muriel Ressiguer, sur une série de mesures d’urgence susceptibles d’apporter une réponse à l’insécurité économique sur le court et moyen terme. Nous demandions notamment la prolongation des bourses durant les 2 mois d’été et le gel immédiat du paiement des loyers pour les résidents en cités universitaires. 

Mais, confronté aux conséquences de sa propre politique, le gouvernement n’a pas pris en compte nos propositions. Il s’est contenté pendant la crise sanitaire d’octroyer une aide ponctuelle et insuffisante de 200 €, pour moins de la moitié des étudiants. 

Aujourd’hui, de nombreux jeunes risquent de payer le prix fort de la crise sanitaire et de cette inaction. La récession économique à venir n’augure en effet rien de bon en ce qui concerne l’avenir des plus précaires. Et déjà la période estivale s’annonce particulièrement délicate pour trouver un stage, un premier emploi ou un emploi alimentaire. 

Dans ce contexte, il nous impose d’œuvrer urgemment à la construction d’une nouvelle protection sociale étudiante. Pour cette raison, je voterai, avec le groupe parlementaire La France Insoumise, en faveur du projet de résolution invitant le Gouvernement à la mise en place d’un revenu étudiant. 

Le gouvernement doit donner les moyens de l’indépendance matérielle à ceux qui contribueront, une fois diplômés, à bâtir l’avenir de ce pays. En outre, le revenu étudiant proposé par le groupe communiste rejoint en partie nos propositions. Celle-ci nous renvoie à un combat politique commun, celui de l’émancipation de la jeunesse. »

VIDEO – Travailler moins, travailler tous !

Le 16 juin 2020, Bastien Lachaud a interrogé le Premier ministre sur la question de la baisse du temps de travail.

Les français n’ont jamais été aussi productifs, et la France n’a jamais été aussi riche. S’il y a une crise, c’est parce que la richesse est accaparée par les plus riches. Il faut baisser le temps de travail pour travailler tous, au lieu de s’enfermer dans une fuite en avant productiviste du travailler toujours plus. Cela ruine la vie des hommes, empêche de nombreuses personnes d’avoir un emploi, car certains travaillent trop, et d’autres pas du tout, et surtout participe à la destruction du seul écosystème compatible avec la vie humaine.

Lire ici le texte de la question :

Monsieur le Premier ministre,

« Travailler et produire davantage », voilà le monde d’après que le président de la République nous a proposé dimanche soir, dans un océan d’autosatisfaction mielleuse.

Il promettait le monde d’après. Tout devait changer. Et voilà que rien ne change !

Il disait : « l’économie sera sauvée quoi qu’il en coûte ». Mais il fallait comprendre :  « je vous ferai payer ! » les plans de soutien, je vous ferai rembourser la dette.

Ce n’est même plus « travailler plus pour gagner plus ». C’est « travailler plus pour rembourser plus ».

Travailler encore plus longtemps : rallonger le temps de travail, raccourcir les congés payés, repousser le départ à la retraite !

Voilà ce que le Président a annoncé dimanche soir !

Absurde ! Augmenter la durée du travail, c’est baisser les salaires et maintenir des millions de français au chômage. C’est affaiblir la demande intérieure et alimenter la récession.

Absurde ! Produire davantage, c’est nous envoyer dans le mur de la crise écologique. Produire toujours plus pour alimenter le grand déménagement du monde.

Le productivisme épuise la  nature et les travailleurs.

Il faut faire tout l’inverse !

Il faut engager la bifurcation écologique. Planifier la relocalisation des activités. Produire ce dont nous avons vraiment besoin.

Il faut partager le temps de travail, pour que chacun ait un emploi.

Il faut partager la richesse produite, pour que chacun puisse vivre dignement de son travail.

Jamais les français n’ont été aussi productifs. Jamais la France n’a été aussi riche. C’est donc possible !

Mais vous encouragez les ultra-riches à s’accaparer toute la richesse, laissant des miettes à celles et ceux qui l’ont produite.

Arrêtez de sous-entendre que les Français s’abandonneraient la mollesse et devraient retrouver le sens de l’effort. Mais c’est vous qui organisez le déclin de la France !

Les français ont le sens de l’effort et du travail bien fait. La bifurcation écologique leur redonnera un objectif à la hauteur des enjeux de notre temps. Le partage du travail et des richesses leur rendra le goût du bonheur. Qu’attendez-vous ?

VIDEO – Honteux mensonge de Macron sur la pénurie de masques

Le 29 avril dernier, Bastien Lachaud posait la question de la réquisition de la filière textile, pour produire des masques en quantité suffisante, et les distribuer gratuitement aux personnes. Le ministre a fait de l’ironie en disant que ça ne nous arrangeait pas qu’on ne puisse pas réquisitionner le savonnage des mains.

Aujourd’hui, il y a une surproduction de masques fait en France, invendus, car non réquisitionnés. Les gens se sont débrouillés comme ils ont pu pour s’en procurer. Il y a eu pénurie parce que le gouvernement a refusé de réquisitionner.

Il y a surproduction parce que le gouvernement a refusé de planifier.

Les couturières professionnelles ou même bénévoles ont été exploitées sans reconnaissance de leur savoir-faire ni de leur travail.

Revoir la question du 29 avril et la réponse d’Olivier Véran :

Revoir la question de contrôle du gouvernement sur les masques :

Lire le texte intégral  de la déclaration :

Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, mes chers collègues,

Nous sommes invités par le groupe socialiste à débattre de la gestion des masques entre 2017 et 2020. Belle opération, mais le désarmement sanitaire de la France n’a pas commencé en 2017. Il a commencé bien avant, sous une majorité dite socialiste, avec la fumeuse doctrine des « sleeping contracts », importée en France par Marisol Touraine, qui prévoyait de pouvoir faire de grosse commandes au moment venu, sans avoir à stocker préalablement.

Aveuglement funeste de l’idéologie de marché ! Ce dogme n’a aucunement été remis en cause depuis.

Nous avons bien vu le résultat, lorsque la crise sanitaire du Covid-19 commence en France, notre pays dispose d’à peine plus de 100 millions de masques chirurgicaux en stock, et aucun stock central de FFP2. Ce sont de misérables restes de ce qui fut un stock stratégique de plus d’un milliard de masques chirurgicaux, et plusieurs centaines de millions de masques FFP2. La responsabilité diluée « au plus près » des besoins, combinée à une politique d’austérité sans moyen de contrôle a eu les mêmes effets dévastateurs qu’ailleurs : déresponsabilisation à tous les échelons, l’échec de la politique de prévention. La volonté de faire des économies de bouts de chandelles a eu pour conséquence une pénurie de masques les mois derniers. Le Premier ministre a beau dire qu’il ne laissera personne dire qu’il y a eu pénurie : c’est un mensonge. Macron prétend que nous n’avons jamais été en rupture de masques : c’est un mensonge ! Dans ma circonscription, à Pantin, il est même allé féliciter les soignants de leur débrouillardise face à la pénurie !

Les mots martiaux grandiloquents ont servi à cacher une impréparation totale de l’Etat

et une incapacité totale du gouvernement à réagir à temps. Les soignants ont été exposés comme des soldats au front, au lieu de leur donner les protections contre le virus et de les reconnaître comme des professionnels de la santé qui ont besoin de matériel pour travailler correctement.

Pendant le confinement, les articles de presse se sont enchaînés pour montrer que les masques manquaient partout. Que les industriels qui ne produisaient pourtant pas des matériels prioritaires pour contenir l’épidémie étaient mieux servis que les hôpitaux.

Le Président du conseil scientifique l’a dit : « le confinement n’était pas la bonne décision, c’était la moins mauvaise ». Oui, compte tenu de l’impossibilité de distribuer des masques suffisamment même aux soignants ! Les soignants hospitaliers ont été rationnés, la médecine de ville insuffisamment dotée, et que dire des recommandations au grand public de la part du gouvernement ? On nous a d’abord pris pour des imbéciles en disant que ça ne servait à rien, puis qu’on était incapables d’apprendre à s’en servir… avant de se raviser.

Je le dis sans détour : si nous avions eu suffisamment de masques pour protéger les soignants, et l’ensemble de la population, nous n’aurions sans doute pas eu besoin de confiner le pays. Nous ne subirions pas une crise économique d’une telle ampleur. Nous n’aurions pas à subir une crise sociale d’une telle violence.

J’ai posé moi-même la question au ministre / Je vous ai posé la question le 29 avril, sur les mesures de planification de la production et de la distribution des masques, et il m’a répondu / vous m’avez répondu ;

je vous cite « il n’y a pas eu besoin de faire une réquisition, il y a une mobilisation générale dans notre pays pour produire ces masques », en croyant balayer le sujet.

Funeste croyance dans la main invisible du marché ! Oui, la filière textile s’est mobilisée, car les gens sont désireux d’aider quand ils le peuvent. Des entreprises ont investi et embauché pour répondre à l’appel. Résultat ? Comme vous avez refusé de réquisitionner, c’est-à-dire que l’Etat achète la production, et planifie la distribution, ces entreprises se retrouvent maintenant avec des stocks invendus.

Comble de l’ironie : après la pénurie, la surproduction ! La main invisible du marché ne produit que des catastrophes.

Les masques jetables importés se vendent davantage, alors qu’ils posent un gros problème de traitement des déchets, et se répandent un peu partout. Le made in France sans planification est un échec cuisant. Sans protectionnisme solidaire, les masques importés coûtent moins cher. Le voilà le monde d’après ! La prime, comme toujours, au grand déménagement du monde et aux solutions polluantes.

Combien d’entreprises voulant bien faire, voulant aider, vont couler, à cause de votre incapacité à planifier quoi que ce soit ?

Les couturières qui se sont organisées dans l’urgence pour fournir des masques aux soignants qui n’en avaient pas ont d’abord été sommées de donner leurs masques, comme si leurs matières premières, leur temps de travail et leurs savoir-faire étaient gratuits. Même en temps de guerre, on paie les ouvriers ! Encore une fois, ce sont des professions majoritairement féminines, qui ont été dévalorisées.

Alors qu’elles sont absolument indispensables, on proclamerait qu’elles ne vaudraient rien, et on ne le payerait pas ? C’est une honte ! Les bonnes volontés qui se sont mobilisées pendant le confinement ont été sèchement remerciées, au motif que la solidarité était une entrave à la concurrence libre et non faussée. Le coût du test d’homologation des masques étant de 1 100€ minimum, il est inaccessible pour une couturière professionnelle à son compte, réservant de fait la certification aux industriels.

Voilà la solidarité et l’auto-organisation du peuple foulés au pieds !

Vous voulez tirer les leçons de cette crise sanitaire ? Oui, il faut en finir avec la concurrence libre et non faussée, le règne du tout marché, et le démantèlement de l’Etat. Oui, il faut anticiper et prévoir la prochaine épidémie possible, oui, il faut planifier et préparer la production et la distribution des masques en cas de besoin, oui, il faut reconstituer un stock stratégique d’Etat de masques.