Procès de l’abattoir du Boischaut : non à la découpe d’animaux vivants !

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Un article du groupe thématique Condition animale de la France insoumise

Ce mercredi 20 janvier se tient le procès de l’abattoir du Boischaut (Indre) pour maltraitance envers les animaux.

Une vidéo de l’association L214 tournée en novembre 2018 dans cet abattoir public multi-espèces, certifié bio, choquait la France entière. Pendant trois minutes d’images insoutenables on peut y voir des vaches gisant dans le sang et les excréments de leurs congénères, un chevreau encore vivant, la patte transpercée pour être suspendu à un crochet, des animaux mal étourdis qu’on commence à découper alors qu’ils ne sont manifestement pas morts, un salarié qui s’y prend à plusieurs fois avant de mettre à mort des bovins… On y constate aussi des manquements alarmants en termes d’hygiène. On y voit un employé, sans gant, poser son couteau au sol entre deux saignées.

Les animaux sont pourtant censés être protégés par la législation européenne. Le règlement n° 1099/2009 du Conseil sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort (2009) dispose clairement dans son premier article que « Toute douleur, détresse ou souffrance évitable est épargnée aux animaux lors de la mise à mort et des opérations annexes. » Nous sommes clairement loin du compte.

Devant l’ampleur des infractions et surtout des souffrances infligées aux animaux, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, a été contraint d’ordonner au préfet la fermeture temporaire de l’établissement, qui employait 17 salarié·es pour environ 17 000 animaux abattus par an.

Le préfet parle lui-même de « maltraitance des animaux inacceptable » et la Brigade nationale d’enquête vétérinaire a été mobilisée pour mener une enquête administrative. La situation était si catastrophique que l’activité n’a repris qu’à l’été 2019.

Pourtant, cet abattoir avait déjà fait l’objet, au printemps 2016, d’un audit commandé par le ministère de l’Agriculture. Un audit qui avait d’ailleurs été entrepris dans tous les abattoirs de France à la suite de premières vidéos chocs de l’association L214. Le compte-rendu de cette inspection par les services vétérinaires révélait déjà de nombreuses infractions et « non-conformités » dans l’abattoir du Boischaut, notamment lors de la mise à mort des animaux. Les images tournées en 2018 par L214 apportent la triste preuve que rien n’avait été entrepris pour changer ces pratiques. Rien n’avait changé deux ans plus tard et ce malgré une modernisation récente du site, représentant un investissement de 1,6 million d’euros !

Derrière ce nouveau scandale, toujours les mêmes causes : un manque de formation du personnel (nombreux intérimaires), des cadences trop importantes qui induisent des pressions sur les employé·es, provoquant violences ou négligences, du matériel inadapté (dans ce cas spécifique, le parcours identique pour toutes les espèces est forcément inadapté à la plupart d’entre elles), tout cela souvent par intérêts ou pressions économiques. Enfin, les nombreuses infractions à la législation et la faible surveillance dont elles font l’objet par les services compétents montrent que les souffrances des animaux ne sont tout simplement pas une priorité.

Malheureusement, le manque de considération pour les souffrances infligées aux animaux se constate aussi dans les décisions de justice, comme en attestent les verdicts des procès des abattoirs de Mauléon et d’Alès, poursuivis pour des faits similaires. A Mauléon, les infractions directement liées à la maltraitance animale n’ont donné lieu qu’à de simples contraventions n’excédant pas 530 euros, et le directeur de l’abattoir d’Alès a écopé d’une amende de 1200 euros seulement.

A l’heure où 89% des citoyen·nes jugent la cause animale importante, nous espérons que le procès de l’abattoir du Boischaut saura enfin rendre justice aux animaux et inciter toute la filière à définitivement changer ses pratiques !

La France insoumise affirme, par son programme l’Avenir en commun, qu’il est urgent d’ « Éradiquer la maltraitance animale ». C’est pourquoi elle propose d’instaurer un contrôle officiel et permanent des postes d’« étourdissement » et de mise à mort dans les abattoirs . Elle porte également le projet d’une véritable protection des lanceurs d’alerte, à rebours de la politique actuelle du gouvernement, tristement marquée par la création de la cellule Déméter, chargée de traquer les lanceurs d’alerte de la cause animale.

Or on le voit ici, leur rôle est primordial : sans elles et eux, sans leurs enquêtes vidéos, nous n’aurions aucune connaissance de ce qu’il se passe derrière les murs des abattoirs. Il serait impossible d’intenter une action en justice et de mettre les responsables face à leurs devoirs envers les animaux.

Chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs. Il est de notre devoir d’offrir les meilleures conditions possibles pour leur fin de vie.

En guise de conclusion, nous rappelons les positions prises par La France Insoumise lors de la loi alimentation en 2018 à travers la vidéo suivante :

Le 14 septembre 2018, Bastien Lachaud est intervenu sur l’article 13 du projet de loi agriculture et alimentation.

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