Procès politique contre les insoumis :
le récapitulatif

LE FIL DU DIRECT

Retour sur un procès politique 

Les jeudi 19 et vendredi 20 septembre 2019 resteront dans nos mémoires : quatre de nos député·es, une de nos salarié·es et un de nos membres ont été jugé·es dans un tribunal correctionnel. Ce procès est politique : deux jours de débats dans une salle d’audience ont confirmé cet aspect. Les procureur·es de Madame Belloubet l’ont voulu

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18:15 : Retour sur l’intervention de Jean-Luc Mélenchon à la mi-journée à la sortie du tribunal :

« Les réquisitions sont la démonstration du fait que nous avons raison depuis le début. J’avais raison, ils avaient tort, ils le reconnaissent. Et pour finir, je vais prendre les mots de Cyrano de Bergerac : « Rien ne me fera résister à l’honneur d’être leur cible. »

18:04 : Jean-Luc Mélenchon retourne s’asseoir, le public applaudit. Le président clôt les débats. La décision sera rendue le 9 décembre 2019 à 10 heures. L’audience de cette deuxième et dernière journée de procès est levée.

18:00 : Jean-Luc Mélenchon poursuit : « Ce que je demande au tribunal, puisque personne n’est capable de me dire pourquoi j’aurais voulu interrompre cette perquisition, c’est ma relaxe. Que tout s’arrête. Vous me persécutez depuis des mois, depuis que j’ai eu ce résultat électoral. Et vous faites en sorte que ça dure et ça dure jusqu’en 2022. Je suis un militant de la
révolution citoyenne. Je suis plus Antigone que Créon. »

17:45 : C’est au tour de Jean-Luc Mélenchon de faire son intervention : 

« Je viens de vivre deux jours qui m’ont donné un privilège auquel je n’ai pas eu droit avant : celui d’un débat contradictoire. Hors de ces murs, c’est pilonnage médiatique continu en boucle depuis un an avec les images de Quotidien.

Le parquet de madame Belloubet a été incapable de fournir le moindre élément de réponse sur la raison pour laquelle j’aurais bien pu vouloir empêcher une perquisition alors que nous n’avons rien à cacher. Pourquoi l’aurais-je empêché ?

Pourquoi sommes-nous là ? Pas parce que le tribunal l’a décidé, parce que le parquet l’a décidé ! Nous passons notre temps à être convoqués, auditionnés. Si je suis un monstre à la tête d’une « horde » et un homme prêt à prendre l’arme d’un policier, pourquoi alors ne pas demander l’inégibilité ? »

17:42 : Alexis Corbière prend la parole à son tour : 

« Je voudrais m’adresser aux policiers, à tous les policiers. Ils font un travail difficile indiscutablement mais chaque fois qu’un policier fera un acte que nous considérons illégal, nous le dénoncerons. Mais nous ne sommes pas anti-flics. 

Je suis de ceux qui sitôt qu’il a été élu a fait plusieurs courriers et questions pour que cesse le drame des suicides de policiers. Celui qui a demandé une commission d’enquête sur les conditions de travail de la police républicaine. 

Je veux bien être condamné pour mes ides. Mais pas pour des à priori, pour une petite musique qu’on veut nous imposer pour nous flétrir. »

17:35 : Manuel Bompard prend la parole : 

« Je voulais réagir à ce qu’a dit le procureur ce matin. Pour défendre l’honneur de ceux qui sont dans la salle, celui des personnes qui sont à l’extérieur. Vous avez dit ce matin que vous représentiez l’intérêt général. Mais ces gens là représentent aussi l’intérêt général. Ils sont venus avec cette idée en tête.

Aucun d’entre nous ne pense que vous avez Mme Belloubet au téléphone toutes les 5min mais nous avons vu dans d’autres affaires de la porosité entre le parquet et le pouvoir politique. Ce n’est pas nous qui avons dit qu’un procureur avait menti pour protéger le Président de la République. C’est le procureur de Nice lui-même. Et il n’avait sans doute pas le Président au téléphone, et pourtant il l’a protégé. »

17:30 : Mathieu Davy : « Nous sommes chez nous. Dans nos locaux. On a le droit d’appeler les médias. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est que cette équipe de Quotidien soit dans nos locaux et que vous la laissiez tourner. La présence de tout élément de captation rend nulle la perquisition. »

Maître Davy finit sa plaidoirie en citant un passage du livre d’Éric Dupond-Moretti :

« Dénoncer une injustice, dire d’un juge qui se tient mal, dire d’un juge qu’il n’a pas fait son boulot, ce n’est pas un mal, c’est la moindre des choses. »

16:53 : Mathieu Davy : « Nous on doit assumer notre rôle. Jean-Luc Mélenchon est le maître des lieux, il est le représentant moral. C’est normal qu’il vienne ! Il revendique d’ailleurs sa présence plusieurs fois.

Au titre de député, de président de groupe parlementaire, d’incarnation de la France insoumise, évidemment qu’il ne laissera pas faire la perquisition sans lui, évidemment qu’il ne laissera pas ses troupes seules ! »

16:51 : Mathieu Davy revient sur l’inquiétude de Jean-Luc Mélenchon durant la perquisition concernant le fichier des insoumis.

16:32 : Mathieu Davy : « Cette perquisition comporte des choses étranges, une rupture dans la chaîne de commandement. Il s’agit d’une perquisition vérolée qui porte atteinte aux Droits de l’Homme.

On regarde des images, vous devez aussi les interpréter et les regarder avec l’acuité nécessaire. Ce n’est pas parce que nous sommes à l’heure de l’image qu’il faut succomber à la faculté de juger sur vidéo.

Sans les images de Quotidien, on ferait un peu plus d’efforts intellectuels pour juger. Ces images vous rendent paresseux. »

16:20 : Mathieu Davy, l’avocat de Jean-Luc Mélenchon, prend la parole.

16:10 : Mikael Régis, l’avocat de l’attachée de presse Muriel R. prend la parole :

« Contre Muriel R., le procureur a requis 2000 euros d’amende. Chaque euro est injustifié. Elle est poursuivie parce qu’elle a ouvert une porte. C’est grotesque.

Il y a, dans les versions des parties civiles des contradictions, des incohérences, des mensonges. Il y a tellement de versions différentes que je me demande comment on peut oser poursuivre Muriel R. pour ce fait.

Il m’a fallu à coup d’insistances faire lâcher à la policière Andrieu la phrase : « je n’ai pas été ceinturée par R. ». Quand on envoie quelqu’un en correctionnelle alors qu’on s’est trompé, a minima on présente des excuses. »

Rappelons que lors du procès, la policière a changé son témoignage.

15:50 : Jade Dousselin, avocate de Manuel Bompard, prend maintenant la parole : 

« Avant d’aller sur les faits, je tiens à souligner que les prévenus, qu’on a présenté comme une « horde », ont renoncé à leur immunité parlementaire pour se présenter devant le tribunal.  

On vous demande de condamner Manuel Bompard, cet homme de 34 ans, élu de la République, député européen pour qu’il ait un casier et qu’on puisse dire que c’est un délinquant. 

Vous avez dit que les images parlent d’elles-mêmes mais en l’occurrence pour tous les faits reprochés à monsieur Bompard, il n’y a pas d’images. Seulement des procès verbaux contradictoires. »

15:20 : C’est au tour de l’avocate de Bastien Lachaud de prendre la parole :

« Alors il serait poursuivi pour avoir bousculé, invectivé des magistrats ? Il n’a parlé à aucun magistrat et encore moins touché un magistrat. »

15:10 : C’est désormais Xavier Sauvignet, l’avocat d’Alexis Corbière, qui prend la parole :

« Le parquet a fini par dire que même des faits minimes peuvent suffire à caractériser cette infraction qui vaut 10 ans de prison. Il est clair que le danger d’arbitraire est maximal ! »

15:03 : M. Croizet : « Qu’est ce qui a causé préjudice pour les policiers ? Ce n’est pas le moment, mais le fait qu’ils soit rentrés dans la caisse de résonance médiatique. Mais je constate qu’aucun d’entre eux ne s’est retournés contre le responsable : la société Bangoumi qui produit l’émission Quotidien. »

14:52 : L’avocat M. Croizet : « Vous avez un nouveau moyen de convocation devant la justice assez génial. La convocation par voie de presse. Les gens mis en cause ici ont ainsi appris (par le journal l’Express) le 29 juin qu’ils allaient comparaître »

14:30 : L’avocat de Bernard Pignerol poursuit : « La situation de Monsieur Pignerol est ubuesque : s’il se rend sur les lieux où il est convoqué, il n’a pas le droit de rentrer. S’il ne s’y rend pas, il se met en faute. 

Il dit ce jour-là : « je veux assister à la perquisition » car il souhaite être présent sur les lieux mais jamais « je veux empêcher la perquisition ».

Quand la deuxième porte s’ouvre, monsieur Pignerol est à moitié projeté. La plupart des fonctionnaires de police ne portent pas à ce moment de signe distinctif, ce qui peut être puni d’une sanction. »

14:15 : Mathieu Croizet : « Le seul ordre que Bernard Pignerol a reçu était de se présenter au 43 rue de Dunkerque. Lorsque monsieur Pignerol se présente au siège, sans explication, on lui refuse l’entrée à la perquisition. 

Monsieur Pignerol est accusé d’intimidation pour avoir sorti sa carte de conseiller d’Etat. Scène dont un policier a dit qu’il n’était pas témoin. Il n’y a pas d’images. Vous êtes saisis de faits dont l’une des victimes dit au tribunal qu’il ne les a pas subis ! »

14:15 : Maître Mathieu Croizet : « On aurait pu croire qu’une telle opération aurait été minutieusement préparée. Mais à la lecture du dossier, on se rend compte seules 3 personnes sur 16 ont participé à des réunions préparatoires ! » Mathieu Croizet

Le commandant Vidal cherche à récupérer le numéro de téléphone de monsieur Pignerol pour « convenir d’une rendez-vous au 43 rue de Dunkerque ». Monsieur Pignerol a été clairement convoqué au siège pour assister à la perquisition de son association.

La policière Andrieu prétend qu’il n’y avait pas de locaux de l’association de monsieur Pignerol au 43 rue de Dunkerque. Pourquoi l’y avoir convoqué ?

Lorsque monsieur Pignerol se présente au siège où il a été convoqué. Et sans explication, on lui refuse l’entrée à la perquisition. »

14:00 : Reprise de l’audience avec la plaidoirie des avocats des insoumis. Maître Mathieu Croizet, avocat de Bernard Pignerol, revient sur le contexte des perquisitions. Pour en savoir plus.

12:20 : La séance est suspendue.

12:40 : Réaction en direct de Jean-Luc Mélenchon aux réquisitions.

12:20 : Les réquisitions des procureurs :

- Pour l’attachée de presse Muriel R. : 2 000€ d’amende
- Pour les parlementaires Bastien Lachaud, Alexis Corbière et Manuel Bompard : 8 000€ d’amende par personne.
- Pour Bernard Pignerol : 10 000€ d’amende
- Pour Jean-Luc Mélenchon : 3 mois avec sursis et 8 000€ d’amende

12:20 : Après nous avoir qualifiés de « horde », le procureur Bourion déclare « pardon si vous n’êtes pas éduqués pour comprendre mes phrases longues ». Il poursuit : « On aurait pu remplir la salle de prévenus », en reconnaissant donc qu’ils ont visé 6 personnes pour l’exemple, toutes membres de l’équipe de campagne de 2017. C’est bel et bien toute la France insoumise qui est ciblée. 

12:15 : « Faire appel au nombre, c’est une culture politique » mais « déjà une intention ». Le réquisitoire du procureur est clairement dirigé contre la culture politique insoumise.

12:10 : C’est au procureur Bourion de prendre la parole.

12:03 : Encore une fois, le terme de « horde » est utilisé par la procureur, dépendante hiérarchique de Nicole Belloubet, pour parler des insoumis arrivant au siège de La France insoumise : « La horde qui a déferlée ». Elle poursuit en comparant notamment les faits de ce jour-là à des scènes de guérilla. Un peu d’exagération ?

11:50 : Fin des plaidoiries et début du réquisitoire.

11:44 : Au total, 59 001 euros sont demandés aux insoumis par les parties civiles pour des postillons et des cauchemars, le business de la plainte pour outrage s’invite dans ce procès politique. Une pratique dénoncée par les avocats.

11:34 : Entre-temps Dupond-Moretti admet qu’il aurait « rêvé » d’écrire le texte de Jean-Luc Mélenchon en hommage à Arnaud Beltrame : « Magnifique d’humanité ».

11:30 : ALERTE : C’est l’heure du traditionnel point Venezuela : « On est pas au Venezuela ici » s’exclame Dupond-Moretti.

11:22 : Depuis plusieurs minutes c’est l’avocat Dupond-Moretti qui a commencé sa plaidoirie. Comme lors de l’audience d’hier il adopte une attitude particulièrement agressive vis-à-vis des insoumis et de Jean-Luc Mélenchon en particulier : « Je fais ce que je veux, La défense c’est moi »

11:11 : L’avocat d’un autre policier présent lors de la perquisition demande à son tour 3 000€ de dommages et intérêts et 1 000€ pour frais de justice.