POUR UNE MAJORITÉ POPULAIRE Renforcer la France insoumise pour gagner !

Six mois après une élection par défaut et par contrainte, Emmanuel Macron semble déjà à bout de souffle. La victoire de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) au premier tour des élections législatives a débouché sur l’absence de majorité pour le président de la République et son gouvernement. D’ailleurs, la première ministre s’est dérobée au vote de confiance et gouverne depuis à coup de 49.3 pour imposer son projet. Emmanuel Macron se révèle donc incapable de faire face à l’explosion des prix, à l’augmentation de la pauvreté et de la précarité, et à l’aggravation de la crise climatique. Il ne reste au pouvoir qu’en utilisant les pires instruments d’une 5ème République aujourd’hui à bout de souffle. Pire encore, il veut reporter l’âge de départ à la retraite à 65 ans, une mesure inacceptable qui pénalisera en premier lieu les catégories populaires. Construire et faire gagner une majorité populaire est un objectif toujours plus nécessaire !

Le mouvement de la France insoumise est né en 2016 pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon et son programme l’Avenir en commun à l’élection présidentielle de 2017. Le résultat inédit réalisé à cette occasion s’est traduit par l’élection d’un groupe de 17 député·es à l’Assemblée nationale qui a jeté les bases d’une véritable alternative à la politique d’Emmanuel Macron. Depuis lors, dans les institutions comme dans la rue, la France insoumise a été de toutes les batailles et de tous les combats. Elle a enrichi considérablement son programme, l’Avenir en commun, en y intégrant le travail réalisé par les associations, les ONGs, les organisations syndicales ou les collectifs citoyens tout comme celui réalisé par nos parlementaires. Ce travail conséquent nous a permis de réaliser un résultat historique en 2022 et de construire la Nouvelle Union populaire écologique et sociales (NUPES) : 22% des voix pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et 75 député·es de la France insoumise élu·es au sein de la NUPES.

Ce résultat est le fruit d’une stratégie claire et partagée de rassemblement de notre peuple dans l’action et dans le vote, autour d’un programme en rupture avec le système capitaliste. Notre objectif, qui est plus que jamais à portée de luttes et de voix, reste le même : faire gagner une majorité populaire pour transformer la vie de millions de gens. Nous devons donc franchir une nouvelle étape du déploiement de notre mouvement.

Ce document est le résultat d’un processus engagé au moment des AMFIS d’été à travers plusieurs ateliers organisés sur l’avenir de la France insoumise. Ce processus a été conduit par la Coordination des espaces de la France insoumise qui s’est réunie à 20 reprises depuis juillet pour une durée totale d’environ 50 heures. Il a été alimenté par des contributions des membres des différents espaces de la France insoumise, du réseau des élu·es locaux·ales et par un atelier organisé lors du séminaire de rentrée de l’intergroupe parlementaire (Assemblée nationale et Parlement européen) des 22 et 23 septembre.

Il a permis d’aboutir sur un plan de travail en 17 points regroupés autour de quatre axes principaux (voir la partie 1).

Ce plan de travail sera enrichi et précisé lors d’une Assemblée représentative du mouvement, prévue le samedi 10 décembre prochain (voir la partie 2).

Il sera mis en œuvre dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Chaque point sera précisé et annoncé à l’ensemble des insoumis·es au moment de sa mise en place.

Pour la Coordination des espaces de la France insoumise : Gabriel Amard, Manon Aubry, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Manon Coléou, Helen Gilda-Duclos, Clémence Guetté, Philippe Juraver, Sarah Legrain, William Martinet, Alexandra Mortet, Danièle Obono, Mathilde Panot, Francis Parny, Paul Vannier.

PARTIE 1 : NOS AXES DE TRAVAIL

AXE 1 : MENER LA BATAILLE CULTURELLE

Une école de formation est mise en place, prise en charge par l’Institut La Boétie, fondation insoumise. L’objectif est de fournir aux militant·es, dont les milliers de personnes nous ayant rejoint pendant la séquence électorale de 2022, de nombreux outils théoriques et pratiques utiles à l’action. Elle propose aux groupes d’actions un catalogue de thèmes et de personnes ressources qui leur permet de demander l’organisation d’une formation localement, qu’elle soit théorique, pratique ou concernant les luttes contre le sexisme et contre les discriminations. Elle produit des supports et des vidéos de formation en ligne à destination des groupes d’action et des insoumis·es. Enfin, elle organise une école de cadres, aux promotions sélectionnées après un appel à candidatures ouvert, qui dispensera sur une durée d’un an une formation théorique de base et une formation aux pratiques militantes indispensables à la bonne animation du mouvement.

Le café populaire est un exercice d’éducation populaire, de débat d’idées, et de formation politique mis en place par la France insoumise et organisé par l’Institut La Boétie, fondation insoumise. Les cafés populaires peuvent être organisés partout en France et sont ouvert à tou·tes les citoyen·nes. Les groupes d’action peuvent en proposer à l’Institut La Boétie qui fournira un catalogue de thèmes et d’intervenant·es. Des campagnes nationales de cafés populaires seront organisées, dont les comptes-rendus seront synthétisés au niveau national avec l’objectif de contribuer au débat sur les grandes questions politiques du moment.

Les ateliers des lois et des délibérations sont un outil mis en place par la France insoumise. Ils permettent à chaque citoyen·ne de venir participer à l’écriture d’un projet de loi ou d’une délibération locale. Initié en 2017, ce travail se poursuit et se développe en s’appuyant sur l’élection de nouveaux et de nouvelles parlementaires sur l’ensemble du territoire.

Depuis sa création, la France insoumise a développé plusieurs médias internes (l’Insoumission, le Journal de l’Insoumission) et a noué des contacts avec d’autres médias. Ce travail se renforce avec le lancement d’une émission hebdomadaire en ligne de débat sur l’actualité politique (L’émission populaire !) et le développement des médias de la France insoumise.

AXE 2 : FEDERER LE PEUPLE ET SES COMBATS

Des luttes de toutes sortes sont menées dans le pays. Elles sont parfois sociales comme la grève des salarié·es des raffineries, la bataille contre la fermeture des fonderies ou la lutte des femmes de chambre des hôtels partout en France. Elles sont aussi écologiques, notamment dans les combats contre les grands projets inutiles et imposées ou pour la protection des biens communs. Elles sont également féministes, anti-racistes, démocratiques ou internationalistes. Pour permettre la mise en lien de ces mobilisations entre elles et avec les instances nationales de la France insoumise et ses élu·es, la France insoumise développera un réseau des luttes écologiques, en plus de son réseau des luttes sociales déjà existant. De plus, chaque groupe thématique du mouvement effectue le suivi des luttes concernant son secteur.

La France insoumise se veut un mouvement éclaireur et déclencheur. Nous ne sommes pas un parti d’avant-garde : nous agissons pour favoriser des dynamiques de mobilisations populaires, notamment autour des luttes des habitant·es pour améliorer leurs conditions de vie, leur quotidien. C’est pourquoi nous avons initié un travail de formation aux méthodes de l’auto-organisation populaire que nous allons poursuivre pour contribuer à chaque fois que possible à la mise en mouvement de la société.

L’organisation d’actions d’agit’prop permet d’attirer l’attention sur des batailles d’intérêt général. Le caractère spectaculaire ou symbolique de ces actions est parfois nécessaire pour créer un débat sur des sujets oubliés du débat public. Nous nous dotons donc d’un pôle en charge des actions de ce type avec l’objectif de pouvoir les penser et les organiser à l’échelle nationale.

La France insoumise agit pour le développement et le renforcement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). Outre sa réunion de coordination nationale et son intergroupe à l’Assemblée nationale, nous agirons pour la mise en place d’intergroupes de la NUPES dans l’ensemble des institutions où siègent des élu·es de la France insoumise ; pour le développement des assemblées populaires de la NUPES dans les circonscriptions ; pour la poursuite du travail du « Parlement de la NUPES » sous la forme d’une « Agora de la NUPES » réunissant intellectuel·les, universitaires, personnalités du monde de l’art et de la culture, militant·es syndicaux·ales ou associatif·ves.

AXE 3 : SE DÉPLOYER SUR TOUT LE TERRITOIRE

La France insoumise lance une campagne pour acheter des locaux dans chaque département. Elle sera financée par un investissement national, complétée par une campagne de dons. Ces locaux seront mis à disposition des groupes d’action locaux avec l’objectif d’en faire des lieux ouverts sur la société. L’objectif est, dans un premier temps, d’acheter un QG dans chacun des 65 départements du pays ne comptant pas de député·es de la France insoumise, avant d’élargir sur l’ensemble des départements.

Le réseau des développeurs et développeuses de la France insoumise regroupe des insoumis·es volontaires disponibles pour contribuer, en lien avec les groupes d’action des départements concernés à la création de nouveaux groupes d’action là où notre implantation est insuffisante et au développement de notre influence pour la reconquête de circonscriptions gagnées par la droite ou l’extrême droite. Les développeurs et développeuses seront formé·es et seront à disposition temporairement sur des territoires qui souhaitent une telle dynamisation de l’activité de la France insoumise.

À partir d’un travail d’analyse électorale, des circonscriptions prioritaires sont identifiées pour mettre en place un plan de déplacement de parlementaires du mouvement. Afin d’enclencher ce travail, la France insoumise lance une première campagne contre la vie chère en organisant notamment des réunions publiques dans ces circonscriptions prioritaires.

Depuis plusieurs années, la France insoumise a mené un travail conséquent en direction des quartiers populaires, notamment à travers les campagnes des caravanes populaires. Lors de la dernière campagne présidentielle, des correspondant·es d’immeubles ont également été mis en place. Il s’agit désormais de déployer les caravanes populaires sur l’ensemble du territoire et d’organiser la mise en mouvement de ces correspondant·es d’immeuble.

AXE 4 : S’ORGANISER POUR GAGNER

La France insoumise s’organise autour des groupes d’action qui constituent le socle de notre mouvement. Les groupes d’action permettent l’implication du plus grand nombre et la mise en mouvement populaire. Ils sont créés librement et ne doivent pas excéder une douzaine de membre afin de favoriser le maillage territorial le plus fin. Ils disposent d’une autonomie d’action dans le respect du programme l’Avenir en commun et de la charte des groupes d’action. Nous engageons un travail d’actualisation de la carte des groupes d’action avec l’objectif de pouvoir identifier les zones du territoire sur lesquels nous souhaitons développer de nouveaux groupes.

Afin de faciliter la mise en relation et la coordination des différents groupes d’action, des boucles départementales sont mises en place. Elles favorisent le partage des informations et des actions entre les groupes d’action certifiés et permettent l’organisation d’initiatives communes à l’échelle d’un département. Elles sont dotées d’une trésorerie sur Action populaire pour répondre au besoin de financement de leurs actions. Elles sont le point de contact avec d’autres organisations politiques, syndicales ou associatives. La prise de décision s’y fait au consensus et dans le respect du principe d’autonomie des groupes d’action. Leur fonctionnement est encadré par une charte. Leur mise en place amène la suppression des groupes d’action thématique et fonctionnelle existant dans certains départements. Le même dispositif peut être initié à l’échelle municipale si besoin.

Afin de favoriser l’activité sur le territoire, la France Insoumise met en place un soutien financier aux groupes d’actions et aux boucles départementales. Les groupes d’action disposent d’un « code promo » mensuel permettant de commander gratuitement du matériel sur Action populaire, ainsi que d’un dispositif de soutien pour la location de salles pour l’organisation de réunions publiques. Chaque département est doté d’une caisse départementale pour aider au financement des initiatives et besoins des boucles départementales ou des groupes d’action qui en ferait la demande. Cette caisse départementale est alimentée par la création d’une caisse nationale de solidarité financière qui est abondée par les cotisations des député·es européen·nes ainsi que par une part des cotisations des député·es nationaux·ales, des élu·es régionaux·ales et départementaux·ales (la part restante étant directement reversée, pour chaque élu·e, à son département d’élection). Le montant ainsi récolté sera reversé intégralement aux boucles départementales.

Chaque année, au mois de décembre, celles et ceux qui souhaitent participer au financement de la France insoumise, militant·es ou sympathisant·es, seront sollicité·ees pour une contribution financière volontaire. Celle-ci sera versée mensuellement avec un engagement sur un an. Une part de la contribution volontaire seront versés à la caisse nationale de solidarité financière qui est ensuite redistribué aux caisses départementales. La part restante sera repartie librement au moment du don entre un ou plusieurs groupes d’action, une caisse départementale ou les initiatives nationales de la France insoumise.

Outre les groupes d’action et les boucles départementales, la France insoumise s’organise en pôles nationaux ouverts à la participation des insoumis·es qui le souhaitent. Chargés de mettre en œuvre les objectifs du mouvement, ceux-ci sont regroupés au sein d’espaces nationaux, coordonnés par la Coordination des espaces du mouvement, mise en place depuis 2019. Un appel à volontaires est donc lancé pour rejoindre les différents pôles nationaux du mouvement.

PARTIE 2 : UNE ASSEMBLÉE REPRÉSENTATIVE LE 10 DÉCEMBRE

Afin d’enrichir et de mettre en oeuvre ces axes de travail, une Assemblée représentative du mouvement aura lieu le samedi 10 décembre. Elle travaillera à la mise en œuvre et à l’enrichissement des différents axes de travail ci-dessus et installera pour un an, à partir des pôles nationaux, la nouvelle Coordination des espaces du mouvement.

La Coordination des espaces se réunit de manière hebdomadaire. Sa composition est paritaire. Peuvent en être membres les personnes qui militent au sein de la France insoumise, prennent en charge un des pôles nationaux du mouvement et ne sont ni salarié·e du mouvement, ni collaborateur·rice d’élu·e. Les élu·es qui sont à jour de leurs cotisations et les parlementaires qui reversent l’intégralité du financement public au mouvement peuvent également en être membres.

La présence y est obligatoire : tout espace non représenté lors de deux réunions successives devra modifier ses représentant·es au sein de la Coordination des espaces ; et toute personne non présente lors de trois réunions successives pourra être remplacée. La Coordination des espaces sera renouvelée chaque année sur la base d’un rapport d’activité de chacun des espaces du mouvement.

Par la suite, la France insoumise se réunira au moins deux fois par an en Assemblée représentative. Elle regroupe les membres de la Coordination des espaces, un binôme paritaire en charge de l’animation de chaque pôle du mouvement, ainsi qu’un·e insoumis·e tiré·e au sort parmi les animateur·rices de groupes d’action certifiés de chaque département, des outre-mer et des français·es de l’étranger. Sa composition est paritaire : les départements sont représentés alternativement par une femme et par un homme. L’Assemblée représentative fait le lien entre la Coordination des espaces et les groupes d’action du mouvement.

Appel à volontaires pour les pôles nationaux de la France insoumise

Vous pouvez vous porter volontaire pour vous engager dans un pôle national de La France insoumise.