Y a-t-il une ministre de l’écologie dans le pays ?

LETTRE OUVERTE À BARBARA POMPILI

Madame Pompili,

En ce cinquième anniversaire de la COP21, vous êtes particulièrement bavarde pour vanter les petits-pas historiques du gouvernement en matière d’écologie. 

En revanche, il y a de nombreux sujets sur lesquels vous restez étrangement silencieuse.

Où êtes-vous, Madame la Ministre ?

Où êtes-vous, Madame la Ministre, quand Greenpeace révèle une fuite de documents ultra-sensibles concernant l’EPR de Flamanville ? Quand cette fuite résulte d’une cascade de sous-traitance, dénoncée par vous-même en tant que rapporteure de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ? Où êtes-vous quand votre collègue ministre en hémicycle reprend mot pour mot les éléments de langage d’EDF pour minimiser le problème ? 

Où êtes-vous, Madame la Ministre, quand le Président négocie en catimini la vente d’EDF à la découpe, vous qui disiez il y a encore 2 ans qu’il fallait un débat démocratique sur le nucléaire et qui refusiez la politique du fait accompli ? 

Où êtes-vous, Madame la Ministre, quand Bercy manœuvre pour supprimer des emplois à l’Office national des forêts ? Quand le gouvernement s’agite en coulisses pour acter la privatisation du service public forestier, vous qui étiez dans la forêt publique de Fontainebleau pour votre premier déplacement ?

Où êtes-vous, Madame la Ministre, quand la Convention citoyenne pour le climat demande un moratoire sur l’implantation d’Amazon mais que le gouvernement auquel vous appartenez préfère lancer une mission pour multiplier les entrepôts de ce profiteur de crise ? Ou quand cette même convention demande un moratoire sur la 5G mais que vous lancez les enchères alors que les météorologues vous alertent sur les risques de la 5G d’affaiblir les prévisions météorologiques ? 

Où étiez-vous, Madame la Ministre, quand nous débattions de la réautorisation des néonicotinoïdes à l’Assemblée nationale, dont vous aviez défendu l’interdiction en 2016 ? Où étiez-vous, quand nous déposions des amendements pour l’interdiction du glyphosate ? 

Où êtes-vous, Madame la ministre, quand les syndicats de votre propre ministère alertent sur la réduction de leurs effectifs et dénoncent leurs restructurations au niveau des régions, la vente à la découpe de leurs missions, leur crainte du projet de loi 4D, la mise sous tutelle progressive des unités départementales aux préfets ?

Manifestement, vous n’êtes plus là quand les sujets dérangent, trop occupée à publier des tribunes pour appeler à accélérer la transition écologique… 

Dommage que vous ne soyez pas la ministre de l’écologie.

Salutations républicaines,

Mathilde Panot
Vice-présidente du groupe parlementaire LFI à l’Assemblée nationale

 

Alerte nucléaire ! Des plans d’une centrale dans la nature !

« Positions des caméras, détecteurs anti-intrusion, schéma des clôtures électriques… et même taille exacte des boulons de la grille d’accès. N’avez-vous rien à dire alors que circule un mode d’emploi pour une attaque contre une installation nucléaire ? »

Malgré les révélations de Greenpeace et Mediapart sur cette fuite de documents ultra-sensibles sur la centrale nucléaire de Flamanville, le gouvernement minimise et répond qu’il n’y a aucun problème de sécurité ! 

Bande d’irresponsables !

Lettre ouverte du groupe parlementaire la France insoumise à Frédérique Vidal

Madame la Ministre, Suite à la condamnation du CNRS par une décision du Tribunal administratif de Paris, 5 chargé·e·s de recherche ont perdu leur statut de fonctionnaire. Cette situation est intolérable : elle fait peser sur les lauréat·e·s, recrutés au CNRS en 2019 dans des conditions extraordinairement difficiles (1 poste ouvert pour 37 docteurs candidats), les conséquences d’abus … Lire plus

Leçons politiques du peuple bolivien

Cette chronique a été publiée sur le site le Monde en Commun.

La presse française se fait bien silencieuse sur le retour victorieux de la démocratie dans l’État plurinational de Bolivie, et surtout sur l’investiture du nouveau président Luis Arce et de son vice-président David Choquehuanca, élus dès le premier tour à 55% des voix le 18 octobre dernier. Pourtant ce qui s’est déroulé en Bolivie est historique. Le peule bolivien a réussi par la voie la plus pacifique, le vote, à mettre en échec un coup d’État.

Déni du coup d’État

Alors pourquoi n’avez rien entendu sur cet épisode historique ? Ce silence s’explique aisément. La presse française dans sa grande majorité avait relayé largement le récit hostile à l’existence du coup d’État. Emboîtant le pas au gouvernement français qui ne dénonçait en rien ce putsch. Lorsqu’au nom du groupe la France Insoumise à l’Assemblée nationale, j’avais posé une question au gouvernement le 12 novembre 2019, Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des affaires européennes, refusait de reconnaitre le coup de force qui avait expulsé du pouvoir Evo Morales.

Pourtant comment qualifier autrement une situation où les militants sont menacés physiquement, ainsi que leurs familles ? Où un général de l’armée somme publiquement le président Morales de quitter le pouvoir ? Où la maire de Vinto, Patricia Arce du MAS (Mouvement vers le socialisme) fut kidnappée, tondue et trainée sur 5 kilomètres couverte de peinture rouge ? Où le directeur de la radio du syndicat des travailleurs paysans fut ligoté à un arbre ? Comment qualifier autrement une situation où des massacres ont lieu à l’encontre surtout des populations indigènes, entraînant 35 morts ? Où le dirigeant d’extrême-droite Camacho, cet évangéliste fondamentaliste, se rend dans la maison du peuple, prier sur le drapeau de l’État plurinational de Bolivie pendant que les symboles indigènes étaient brûlés ?

Oui le peuple bolivien fut victime d’un coup d’État d’une très grande violence.  L’État plurinational de Bolivie aiguisant les appétits états-uniens notamment pour ses très grandes réserves de lithium. Le patron de Teslan Elon Musk, ne s’en était d’ailleurs pas caché répondant à un tweet qui disait « Le gouvernement américain organise un coup d’État contre Evo Morales en Bolivie pour que vous puissiez y obtenir du lithium » par : « Nous renverserons [les systèmes politiques] que nous souhaitons ! Faites avec ».

Retour de la démocratie et de la dignité

C’est la première fois dans l’histoire d’Amérique Latine qu’un peuple arrive à mettre en échec un coup d’État en seulement 11 mois. Le peuple bolivien écrit l’histoire par la force des urnes. Ce 18 octobre la mobilisation populaire fut massive avec 88% de participation. Victoire du MAS d’autant plus importante que la Bolivie a connu les nouveaux types de coups d’État.

Fini le dictateur avec l’armée qui reste en place pendant des années.

Ces nouveaux putschs se donnent une apparence démocratique. Jeanine Áñez, sénatrice qui s’était déclarée présidente l’assurait : elle organiserait des élections. Que se serait-il passé si l’autre candidat Carlos Mesa avait gagné ce 18 octobre 2020 ? Tous les pays l’auraient reconnu et d’un coup d’État, se retrouverait un pouvoir en place avec la légitimité d’un président élu quelques soient les conditions de ces élections. D’où le coup de force du peuple bolivien qui a réussi à reconquérir la démocratie notamment grâce à l’organisation d’un mouvement populaire très fort autour du MAS qui regroupe des syndicats, des mouvements citoyens et indigènes.

J’étais invitée par la nouvelle présidence, en tant que vice-présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, à me rendre à La Paz, capitale bolivienne, afin d’y représenter mon mouvement politique et le président de son groupe parlementaire Jean-Luc Mélenchon.

Assister à la cérémonie d’investiture avec la présence de nombreux chefs d’État, fut un honneur et une grande émotion pour notre délégation.

Nous y étions seuls à représenter la France avec l’ambassadeur de France en Bolivie.

Cette victoire électorale représente une étape historique pour nous et notre famille politique à travers le monde : seul le nombre du peuple met en échec la confiscation violente du pouvoir.

Grâce à une campagne populaire et massive, dans des conditions sanitaires difficiles, les candidats et militants du MAS ont su faire porter au sommet de l’État le changement radical dont le pays avait besoin après 11 mois de malheur. C’est pour nous, ici en France, à l’heure où la droite libérale macroniste n’a plus rien à envier à l’extrême-droite lepéniste, une grande source d’inspiration et d’espoir dans les mois qui s’annoncent.

Le peuple bolivien va devoir faire face à d’immenses défis : le pays est largement surendetté après ces 11 mois de putsch, il leur faut reconstruire une économie mise à mal avec le coronavirus (le tourisme et le prix des matières premières s’étant effondré) et gérer une extrême-droite qui refuse le résultat démocratique. Ainsi trois jours avant l’investiture, un attentat à la dynamite visait le nouveau président élu Luis Arce Catacora contre la maison de campagne du MAS. Le gouvernement bolivien a commencé par établir un impôt de solidarité sur les plus riches du pays et à renouer des relations diplomatiques mises à mal par le coup d’État.

Bien communs et enjeux écologiques

Nous nous sommes rendus lors de notre déplacement bolivien au lac Titicaca, première réserve d’eau naturelle de toute l’Amérique latine.

Situé entre Pérou et Bolivie, le lac qui est alimenté par 25 rivières est aujourd’hui menacé par la pollution minière, agricole et de celle des villes, créant une eutrophisation des milieux, menaçant la faune, la flore et la survie économique des habitants autour du lac.

A titre d’exemple en octobre 2016, 10.000 grenouilles géantes sont mortes d’un coup à cause de ces phénomènes de pollutions.

Il existe un fort enjeu écologique à protéger le lac Titicaca quand on sait qu’en 40 ans la température du lac a augmenté d’un degré et que les prévisions scientifiques prévoient entre 4,5 et 6 degrés d’augmentation de température d’ici 100 ans. Soit le double que le réchauffement prévu sur la planète.

Nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec les scientifiques de l’Institut de Recherche pour le développement (IRD) qui mènent un travail de suivi des données concernant le lac Titicaca depuis 40 ans. Ce travail de recherche permet d’apporter un éclairage scientifique aux autorités bolivienne dans le cadre d’un travail de coopération qui je l’espère reprendra au plus vite.

La Bolivie a là aussi beaucoup à nous apprendre car c’est l’un des premiers pays à avoir inscrit dans sa Constitution en 2009 le droit à l’eau pour toutes et tous. Grace à une proposition de la Bolivie, le droit humain à l’eau a été reconnu par Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à travers une résolution de juillet 2010. David Choquehuenca, vice-président de l’État plurinational de Bolivie, avec qui nous avons eu la chance d’échanger lors de notre déplacement, nous indiquait vouloir se battre pour qu’existe une organisation mondiale pour l’eau comme il en existe sur l’alimentation.

Ce déplacement a été aussi l’occasion pour moi de rencontrer la représentation Française locale, et de répondre positivement à l’honneur que m’a fait Monsieur l’Ambassadeur de France en Bolivie en présidant la cérémonie de commémoration du 11 novembre 1918 à l’Ambassade de France à la Paz.

Le jour de l’investiture de Louis Arce et de David Choquehuanca correspondant au jour de proposition de candidature à l’élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en France, nous avons aussi rencontré des insoumis français actifs pour soutenir nos actions et mener campagne pour l’Avenir en Commun en Bolivie aussi. Au plus haut niveau de nos hôtes, la sympathie pour les insoumis marque la fraternité des luttes internationales.

Je ne peux pas terminer ce long billet sans une pensée émue aux familles des morts des massacres perpétrés à qui nous avons rendu hommage en présence aussi d’un représentant du Haut-Commissariat aux droits humains de l’ONU et la Defensora del pueblo.

La Bolivie a envoyé un message d’espoir au monde entier. Le peuple est toujours la solution ! Même dans les moments les plus sombres, rappelons-nous que nous avons toujours la force de changer l’histoire et d’ouvrir des horizons heureux ! Merci au peuple bolivien pour sa quête de liberté qui fait écho à la nôtre en France l

Loi sécurité globale : vous êtes en guerre contre le peuple !

Retrouvez mon intervention lors de la motion de rejet portée par la France insoumise de la proposition de loi Sécurité globale.


Ce 17 novembre 2020, vous osez. 

2 ans, jour pour jour, après la mobilisation des Gilets jaunes. En 2020, l’année des mobilisations massives contre les violences policières où l’on scandait : « Je veux respirer ». 

En pleine pandémie de coronavirus. En plein confinement de nos libertés.

Vous osez.

Après avoir mené une répression sans précédent : éborgné 32 personnes, arraché 5 mains, blessé à la tête 325 citoyens, condamné 3000 gilets jaunes, perquisitionné 90 décrocheurs de portraits, violentés des journalistes, gazé jusqu’à l’aveuglement, intenté des procès contre quiconque s’opposait à votre politique.

…Vous osez nous présenter cette loi.

Emmanuel Macron annonçait déjà la couleur : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. […] Je refuse ce terme. »

Donc pas de mot pour décrire cette réalité. Et maintenant, pas d’image. Pas d’image, pas de preuves. Pas de preuves, pas de violences policières.

Pas d’images, pas de scandale Benalla. Pas d’images, pas d’enquête sur la mort de Cédric Chouviat. Sans images, la répression policière n’existe pas. Finie l’indignation devant 150 lycéens à genoux, finis les risques de contestation, d’enquêtes judiciaires ou journalistiques.

Qu’importe que l’ONU rappelle la France à l’ordre sur le respect des libertés fondamentales. Qu’importe que la France sous Macron rayonne à l’international uniquement pour sa répression, du Pérou, à Hong Kong. Qu’importe l’opposition de tous les organismes des droits humains et le rejet massif de votre loi dans le pays. 

Nous serons donc filmés avec des caméras portables, scrutés avec des drones, identifiés à travers la reconnaissance faciale.

Citoyens, souriez, vous serez tous surveillés mais pas les policiers !

Je vais vous dire : vous êtes en guerre contre le peuple. Incapables de répondre à l’urgence sociale, écologique et sanitaire, vous faites porter aux policiers de ce pays le sale boulot de votre incompétence.

Nous refusons votre autoritarisme. Nous refusons que vous fouliez aux pieds nos libertés et notre démocratie.

Collègues, revenez à la raison et votez pour cette motion de rejet !


La comptine mortelle de votre politique !

Amiante, chlordécone, glyphosate et maintenant néonicotinoïdes. 

Vous jouez avec nos vies.

Nous le savons, vous le savez, mais vous donnez aux entreprises des permis de tuer.

Ça y est, la majorité a voté définitivement pour l’empoisonnement généralisé de la population et de nos écosystèmes.

Tout pour le MEDEF, rien pour le peuple !

Collègues, vous êtes démodés. Vous appliquez toujours les mêmes recettes libérales, avec toujours les mêmes échecs. Votre projet de loi, c’est simplification partout et planification nulle part.

Mon intervention sur le projet de loi de simplification du gouvernement, qui vise à liquider la puissance publique au profit des intérêts privés.

Les extras sont les grands oubliés de la République !

« Voilà des mois que les intermittents de l’emploi vous alertent sur leur mort sociale. Des mois qu’ils manifestent pour réclamer une année blanche, afin de prolonger leurs droits au chômage. En vain. »

Ma question au gouvernement sur les plongeurs, agents de sécurité, serveurs, maîtres d’hôtel, équipiers, livreurs et tous les autres intermittents de l’emploi et intérimaires, frappés de plein fouet par la crise sociale.

Non à l’Amazonisation de la France !

Qu’est-ce que vous pouvez bien trouver à Amazon ? C’est une entreprise-voyou qui pollue massivement, détruit des emplois, écrase les petits commerçants, met en danger ses salariés et ne paie pas ses impôts en France. Non à l’implantation de 8 nouveaux entrepôts Amazon en France, non à l’Amazonisation de la France !

Retrouvez mon intervention sur une proposition de loi pour un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts logistiques sur le territoire.

Veolia/Suez : notre souveraineté n’est pas à vendre !

« Il faut impérativement abandonner ce projet insensé. Stoppez cette OPA hostile opérée à marche forcée ! »

Mon intervention pendant l’audition du PDG de Véolia et celui du fonds de pension Meridiam, qui menacent d’engloutir Suez - propriété d’Engie, dont l’Etat est actionnaire - et d’entraîner ainsi le licenciement de 4300 personnes !

Présentation de la commission d’enquête sur le nitrate d’ammonium

Retrouvez la présentation de ma demande de commission d’enquête sur la gestion et le contrôle des sites de stockage de nitrate d’ammonium, en présence de Paul Poulain, expert en risques industriels. 

19 ans après l’accident d’AZF, 1 an après la catastrophe de Lubrizol, l’Etat doit prendre ses responsabilités en matière de risques industriels. Le stockage de nitrate d’ammonium, à l’origine du drame d’AZF et de celui de Beyrouth cet été, en est un. Nous disons : plus jamais ça !

Pesticides tueurs d’abeilles : Pompili avale des couleuvres !

En 2016, vous meniez bataille pour interdire les pesticides tueurs d’abeille. Puis en 2020, devenue Ministre, sur les bons conseils de la FNSEA, vous faites machine arrière. Vous qui aimez la biodiversité, les couleuvres que vous avez avalées depuis 2016 sont-elles de la famille des colubridae ou plutôt des boidae ?

Ma question posée à la Ministre de l’écologie le 15 septembre 2020 sur la réautorisation des néonicotinoïdes.

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