Ce mardi 13 janvier nous voterons contre le projet de loi organisant les JOP 2030.
Ce PJL est un véritable scandale démocratique et un gouffre financier. Jamais les populations des régions AURA et PACA, en première ligne des conséquences du changement climatique et du tourisme de masse dans leurs montagnes, n’ont été consultées pour ces Jeux. Dans un contexte de coupes budgétaires inédites pour 2026, il est impensable de donner un blanc-seing à ce projet bricolé à huis clos entre Renaud Muselier, Laurent Wauquiez et le CIO, et dont la facture s’élèvera à au moins 2 milliards d’euros d’argent public. En outre, ce PJL viendra régulariser des dispositions actuellement illégales contenues dans le contrat ville hôte, alors qu’une instance judiciaire est en cours contre ces dispositions.
En réalité, ce texte n’est qu’un prétexte pour détricoter durablement nos normes sociales, en bafouant de manière décomplexée le droit du travail et la règle du repos dominical, et nos normes environnementales. Derrière le greenwashing des Jeux, le texte multiplie les dérogations malmenant des zones déjà fragilisées par les conséquences du changement climatique et allant à l’encontre de nos engagements climatiques, notamment la trajectoire nationale Zéro Artificialisation Nette (ZAN).
Le Gouvernement veut prolonger les mesures sécuritaires et liberticides exorbitantes qui nous avaient été vendues comme provisoires lors des Jeux de Paris 2024 et que des expert·es des Nations Unies ont décrites comme étant « sans précédent ». Le PJL reconduit l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique, un dispositif de surveillance de masse qui cible les plus marginalisé·es et les plus discriminé·es, et premier pas vers la reconnaissance faciale de chacune et chacun.
Il crée un nouveau régime d’« interdiction de paraître », énième mesure administrative de surveillance individuelle visant à éloigner des « indésirables » de l’événement et des alentours. Ces véritables assignations à résidence pourront être édictées arbitrairement selon le bon vouloir du ministre de l’Intérieur, en dehors de toute condamnation ou d’intervention préalable d’un juge !
Il est encore temps de refuser de brader nos normes sociales, environnementales et nos libertés publiques pour enrichir le CIO et ses partenaires marketing, au nom du « sport business » !