Audition de Sophie Cluzel, Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées

dans Muriel Ressiguier

Le déconfinement, pourtant annoncé depuis plusieurs semaines, a donné une impression de flou anxiogène. La réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai, a suscité beaucoup d’interrogations chez les parents et les personnels concernés, d’autant que  le Conseil Scientifique préconisait de maintenir la fermeture des établissements scolaires jusqu’en septembre.

La reprise a été chaotique pour certains élèves en situation de handicap qui se sont vu refuser l’entrée de l’école alors que vous aviez déclaré avec raison : « Les enfants handicapés ne seront pas refusés à l’école parce qu’ils n’arrivent pas encore à s’approprier les gestes barrière. »

De même, les AESH ont eu pour la plupart une rentrée difficile. Le 13 mai, dans un communiqué commun, la « CGT Éduc’action » et le « Collectif AESH national » ont déclaré que « depuis le début du confinement, nombre d’AESH n’ont eu de nouvelles de leur hiérarchie que la veille de la réouverture ».

Ils dénoncent le fait que, selon les endroits, les AESH n’ont pas bénéficié de masques, réservés “pour cause de pénurie (…) aux enseignants”. Or, l’éducation nationale doit veiller à ce qu’il n’y ait pas de rupture d’égalité sur le territoire, pour les élèves et les personnels.

Par ailleurs leur spécificité n’est pas mentionnée dans le protocole sanitaire de l’éducation nationale, mais seulement dans une fiche Eduscol sortie le jour même de la pré-rentrée.

Les AESH ont interpellé plusieurs fois les gouvernements successifs sur leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance, leur précarité financière et leur instabilité.

Principalement recrutés au SMIC, en CDD et à temps partiel, ils gagnent en moyenne 740€ net par mois. 

Dans le monde d’après, envisagez-vous une réelle reconnaissance financière et statutaire des AESH ? Agirez-vous avec détermination pour construire dès l’école une société enfin réellement inclusive ?