Retour sur l’action choc contre la pollution à Marseille

dans À la une, A la Une - Européennes 2019, Actualités, Bernard Borgialli, Sébastien Delogu​

Retour sur l’action choc menée à Marseille contre la pollution. Un navire de croisière est était escorté par une flottille insoumise et une banderole a été déployée pour dénoncer les dégâts écologiques et sanitaires causés par la pollution de ces navires.

L'action en images

Pourquoi cette action ?

Pour rappel, un gros paquebot pollue autant que 1 million de véhicules individuels ! Pourtant, ils sont plus de 500 par an à s’arrêter à Marseille. Et lorsqu’ils y sont, ils continuent à faire tourner leurs moteurs et donc à consommer des litres de fioul par heure. Les Marseillais·es, comme les habitant·e·s des autres grands ports, sont les premier·e·s intoxiqué·e·s·s par cette pollution maritime de l’air qui est permanente. Elle est aussi 12 fois plus élevée près de ces navires, souvent dans les quartiers excentrés et déjà délaissés.

En Europe, ce sont 60 000 morts par an qui sont dus à la pollution maritime de l’air. Celle-ci affecte le système respiratoire des habitant·e·s et favorise les cancers et les maladies. Selon le rapport de France Nature Environnement « tous les ans en Europe, c’est la population d’une ville comme Chambéry qui disparaît sous l’effet de cette pollution et le coût de cette pollution au niveau européen équivaut au déficit du budget de l’État français à fin juin 2015 ! ».

Pourtant, la ville et ses habitant·e·s restent victime de l’inaction publique et les croisiéristes ne sont majoritairement pas sanctionné·e·s.

Les pollueurs ne sont pas les payeurs...

Il est grand temps de taxer les pollueurs, c’est-à-dire les armateurs de navires de croisières et de paquebot. Aujourd’hui la CGA-CGM, principal armateur français, ne paie aucune taxe sur le transport maritime et les produits pétroliers utilisés pour les bateaux de croisière ne sont pas taxés.

Ils sont pourtant responsable de ces dégâts sanitaires et écologiques, d’autant plus quand ils ne respectent pas les normes imposées pour lutter contre la pollution. Par exemple, en mars 2018, le navire de croisière Azura ne respecte pas la limite de 1,5% de taux de soufre et émet 1,68% en plein port de Marseille. Résultat ? Une amende de 100 000 euros pour pollution de l’air et un procureur dénonçant la volonté « d’économiser de l’argent au mépris des poumons de tout un chacun ».

Dans le même temps, à Marseille, aucun·e des 1,5 millions de croisiéristes qui font escale ne paient de taxe de séjour. Pourtant, les navires de croisières profitent des infrastructures en partie financées par les impôts des habitant·e·s. et ceux-ci ne récoltent, pour la plupart, que d’un air pollué en échange.

Il est temps d'agir !

Il faut désormais aller plus loin que ces sanctions sporadiques ou que ces règlements non appliqués. Plusieurs solutions existent déjà et ne sont toujours pas appliquées pour réduire la pollution maritime :

– Augmenter le nombre de contrôles et durcir les sanctions
– Mettre en place des épurateurs pour réduire de 90% les émissions de dioxyde de soufre
– Instaurer enfin un bonus/malus dans les droits portuaires en fonction de la pollution de l’air
– Généraliser à toutes les eaux de l’Union européenne le dispositif ECA qui est plus strict concernant les émissions polluantes et qui est déjà appliqué en mer du Nord ou en mer Baltique par exemple

Pour que la France déclare l’état d’urgence écologique et climatique

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