Interventionmission « Sport, jeunesse et vie associative » du budget 2018

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Le 2 novembre 2017, Michel Larive est intervenu dans l’hémicycle à propos de la mission « Sport, jeunesse et vie associative » du projet de loi finance 2018 :
« Pour paraphraser Michel Serre, je commencerai par vous dire que dans votre projet, d’un point de vue social, le sport est une activité où tout le monde perd. Vous ne parlez donc pas de sport. Vous ne parlez que du vainqueur, Paris 2024. Il s’agit là d’une infime partie de cette activité. Les jeux olympiques coûteront la bagatelle de 6,2 milliards d’Euros. Lorsque l’on se rappelle des dépassements de Pékin et surtout de Rio, qui a vu sa facture initiale de 9,5 milliards d’euros, multipliée par 4, pour atteindre plus de 33 milliards d’euros, on peut craindre le pire. Quelles seront les véritables retombées économiques pour la France ? Voulez-vous que je vous rappelle ce qu’ont couté à la Grèce, les jeux olympiques d’Athènes ? 2 à 3 % d’augmentation de sa dette extérieure. Cet élitisme forcené, qui se concentrera sur quelques métropoles, ne représente pas l’activité sportive du point de vue social dans notre pays.
Je vais maintenant vous parler des perdants, qui représentent l’immense majorité. Ce sont les collectivités territoriales, à qui l’on a supprimé plus de 3 milliards de revenus, notamment au travers de la suppression de la taxe d’habitation. Il faut savoir que nos communes sont propriétaires de 50% des infrastructures sportives dans notre pays. Elle est là la multitude !
N’y avait-il pas d’autres priorités ? La lutte contre les violences est un chantier qui devrait retenir notre attention. Certaines arènes sportives sont devenues des lieux où se cristallisent les nationalismes et les haines imbéciles qui les accompagnent. L’homophobie, le sexisme et l’handiphobie sont monnaies courantes dans les vestiaires comme sur les gradins. Quid des conditions d’exercice déplorables des professionnels de l’accompagnement sportifs, des infrastructures délabrées ou carrément obsolètes, vitrine de l’inégalité territoriale en ce domaine. L’attribution des jeux olympiques n’a pas fait augmenter le budget de votre ministère madame la Ministre. Avec 481 millions d’euros, soit 2,2 années de salaire de monsieur Neymar Da Silva Santos Junior au Paris Saint Germain, l’intervention de l’état en faveur du sport va diminuer de 7% l’année prochaine. Vous spéculez sur des créations d’emplois pour Paris 2024, alors que l’utilisation massive d’intérimaires et surtout de bénévoles contribuera un peu plus à la précarisation des conditions de travail et à la dérégularisation du code du travail que vous accompagnez. Ceci pour répondre aux exigences ultra libérales du CIO, comme l’ont prouvé déjà les diverses préparations olympiques, au Brésil notamment.
Les bénévoles constituent le tissu associatif de notre pays, principal garant du bon fonctionnement du modèle sportif Français. Ils mériteraient toute notre attention, pour que soit enfin créé un statut qui reconnaitrait leur implication dans la diffusion de nos valeurs républicaines. La fin des contrats aidés et leur non remplacement, la suppression de la réserve parlementaire et son non remplacement, la baisse drastique des dotations aux collectivités territoriales sont autant d’atteinte à la pérennisation du monde associatif. Ce modèle altruiste que le monde entier nous envie, est un des garants de la cohésion sociale de notre république.
On y rencontre la jeunesse de notre pays. Celle que vous tenez absolument à enrôler dans les services civiques, ces ersatz d’emplois qui ponctionnent près de 82% des crédits consacrés au programme vie sportive et associative. Cette jeunesse, à qui l’on demande de jouer son avenir par tirage au sort. Une idée comme ça pour vous aider : Et si l’université Française était sponsorisée par la Française des jeux ? Aujourd’hui, comme hier et comme demain, la liberté de choix de la jeunesse, ne grèvera en rien l’avenir structurel de notre pays. Bien au contraire, certains voudront toujours concevoir des avions, pendant que d’autres écriront les livres qui nous ouvriront au monde. Je considère cette liberté de choisir sa voix, comme l’un des droits fondamentaux de notre jeunesse. Certains seront sportifs, ça n’est pas dénué de sens. Michel Serre aime à dire que le sport l’aide à penser, et vous chers collègues, qu’en pensez-vous ? »

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