Communiqué du groupe LFI
En ce 17 mai 2026, les personnes LGBTI+ à travers le monde vivent un recul signifiant de leurs droits : les lois LGBTIphobes se succèdent et se ressemblent. Au Sénégal, la répression de l’homosexualité vient d’être durcie par la loi, s’accompagnant de campagnes de haine. Aux Etats-Unis d’Amérique, en Ouganda, en Géorgie et tant d’autres pays, le recul des droits de personnes LGBTI+ est inspiré et financé par une internationale fasciste. En France aussi, le constat demeure doublement accablant. Les rapports successifs de SOS homophobie et de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), ainsi que les alertes de la Fondation Le Refuge, dressent le portrait d’une France où les violences LGBTIPhobes s’enracine face à l’inaction coupable de l’État.
La banalisation des violences s’accompagne d’un recul historique des droits. Le dernier rapport de SOS Homophobie est glaçant : 1 771 cas de LGBTIphobies ont été recensés en 2025. Ces violences frappent partout, du rejet, aux insultes, en passant par l’espace public et la sphère familiale. Comme l’alerte la Fondation Le Refuge, nous assistons aujourd’hui à « une régression après vingt belles années d’avancée des droits », avec plus d’un millier de jeunes par an jetés à la rue par leurs parents. La situation est particulièrement dramatique pour les jeunes trans et non-binaires, qui font face à une violence décomplexée. Cette flambée n’est pas un hasard : elle est le fruit d’une campagne de haine systématique orchestrée par la droite, l’extrême droite et leurs relais médiatiques. Nous ne serons jamais dupes de leur stratégie homonationaliste, qui tente d’instrumentaliser la lutte contre l’homophobie qui serait le propre de certaines catégories de la popularion, pour promouvoir un agenda raciste et xénophobe. L’extrême droite est et restera l’ennemi mortel des personnes LGBTI.
Le plan gouvernemental est un naufrage. L’évaluation de la CNCDH concernant le Plan national d’actions 2023-2026 est sans appel : les deux tiers des annonces n’ont pas été réalisées. Ce plan est un catalogue d’angles morts inacceptables. Il invisibilise totalement les personnes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles, et manque cruellement d’ambition pour les personnes trans et intersexes. Pire encore, la CNCDH s’alarme de l’absence totale de mesures pour les personnes migrantes et demandeuses d’asile, abandonnant ainsi les populations les plus vulnérables. Au lieu d’assumer ses responsabilités, l’État se défausse sur les associations LGBTI+ qui pallient les manquements du service public. Ces structures agissent dans un climat de défiance, subissant une précarité financière chronique, des procédures bureaucratiques chronophages et des menaces inacceptables s’apparentant à un « chantage à la subvention ».
À l’école, espace de socialisation et d’éducation à l’égalité, le harcèlement et les violences LGBTIphobes ont conduit au suicide de Caroline Grandjean-Paccoud, enseignante et directrice d’école, à la mort de Lucas, 13 ans et tant d’autres. L’incapacité de l’école de prévenir et protéger les victimes se double d’un renoncement à mise en œuvre effective des trois séances annuelles d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), laissées à l’abandon par les gouvernements successifs.
Face à ce constat, le groupe parlementaire de La France Insoumise exige :
• La création massive de places d’hébergement d’urgence spécifiquement dédiées aux jeunes LGBTI+ en danger.
• Un financement structurel, pérenne et pluriannuel pour les associations LGBTI+,
• La reconnaissance officielle de la lesbophobie et de la transphobie par les institutions,
• L’application immédiate et effective des trois séances annuelles d’EVARS dans tous les établissements scolaires publics comme privés,
La protection inconditionnelle et effective des personnes LGBTI+ exilées, en supprimant la liste des pays dits « sûrs » et en offrant des voies légales et sécurisées pour les défenseurs des droits
• Le respect du droit à l’autodétermination de genre des personnes trans, par la déjudiciarisation du changement de sexe à l’état civil
• L’interdiction explicite et définitive des mutilations des enfants intersexes.
Pour contrer cette offensive et ce backlash la communauté organise la riposte, et les député·es insoumis seront toujours à ses côtés. Le groupe de la France Insoumise réaffirme que ces luttes sont résolument révolutionnaires, et s’inscrivent à l’intersection des luttes pour l’égalité sociale. Nos députés·es seront mobilisés·es tout au long du mois des fiertés pour exiger des nouveaux droits et la fin des discriminations.