Communiqué du groupe LFI
Derrière les effets d’annonce, cette proposition de loi esquive en réalité les questions décisives et urgentes, à commencer par celle du financement du rail.
Plutôt que d’assumer un investissement massif et pérenne à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux, l’exécutif renvoie cette question centrale à une hypothétique loi de programmation, repoussant à plus tard ce qui devrait être traité maintenant. Irresponsable !
Dans le même temps, cette loi entérine la désorganisation du service public ferroviaire imposant via un amendement adopté au Senat, à SNCF Connect, sans contrepartie financière, de commercialiser les billets d’opérateurs privés concurrents.
Le texte valide également une logique tarifaire indexée sur l’inflation. Les prix des billets continueront ainsi d’augmenter, alors qu’à l’heure de l’urgence climatique le train devrait être le mode de transport accessible à toutes et tous.
Plutôt que de fragmenter, il faudrait rassembler !
Le Sénat a également imposé “une garantie de correspondance” pour les voyageurs, en cas de retard ou d’annulation de train, et ce, même si les différents segments du trajet sont assurés par plusieurs opérateurs ferroviaires.
Derrière cette rustine législative, cela est surtout la démonstration que la privatisation désorganise !
Derrière le “bien” des usagers, c’est tout un système économique et surtout de service public qui est en réalité saccagé à travers ces mesures !
Cette loi et les amendements adoptés illustrent l’échec complet de la libéralisation du rail. Fragmentation du réseau, hausse des prix, dégradation du service : les promesses d’efficacité et de qualité ne sont pas au rendez-vous. La concurrence ne produit pas un meilleur service, elle affaiblit le service public. Pire encore, aucune mesure d’urgence et surtout d’équilibre du financement aussi bien de notre réseau ferré que de notre réseau routier Tout est renvoyé aux calendes grecs.
Rien pour le fret ferroviaire. Rien sur les TGV d’aménagement du territoire. Rien sur le fonds de concours.
Nous sommes une fois de plus face à une loi ultralibérale déroulant le tapis rouge au privé !
Le groupe La France insoumise appelle à un changement de cap immédiat et exige :
un investissement public massif dans le ferroviaire,
le retour à une logique de service public intégré,
des tarifs accessibles et une priorité donnée aux dessertes du quotidien.
Le train doit redevenir un bien commun extrait des logiques marchandes pour être au service de l’intérêt général et de la bifurcation écologique .