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Déclaration de la Coordination des Espaces de la France insoumise

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Nous devons amplifier la riposte antifasciste !

Depuis plusieurs jours, notre pays assiste médusé à une indigne instrumentalisation de la mort du militant fasciste Quentin Deranque. De l’extrême droite à la macronie, en passant par une partie des dirigeants du Parti Socialiste, une clique d’irresponsables tente de criminaliser l’antifascisme et, par là même, de poursuivre la dédiabolisation du Rassemblement National.

Pourtant, aucune mort ne fera oublier la réalité des faits : en France, c’est l’extrême droite qui tue. Depuis 1986, 59 personnes sont mortes sous les coups de ses militants et de membres de groupuscules fascistes.

Ces derniers jours ont marqué un franchissement de seuil. Ainsi, nous avons pu voir la candidate de la droite autoproclamée républicaine dans la deuxième plus grande ville de France reprendre à son compte la devise pétainiste de la collaboration. Ainsi, le ministre de l’Intérieur aura autorisé la tenue d’une parade de groupes néo-nazis à Lyon le samedi 21 février dernier, date du triste anniversaire de l’exécution des résistants du groupe Manouchian et du meurtre d’Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front national. Ainsi, la ministre Aurore Bergé aura repris à son compte l’expression maurrassienne, antisémite et xénophobe de « l’anti-France » pour proposer un accord de désistement aux candidats du Rassemblement national dans la perspective des prochaines élections municipales.

Dans ce contexte, nous dénonçons la cabale médiatique organisée contre notre mouvement qui a toujours refusé les stratégies politiques s’appuyant sur la violence. Ce matraquage scandaleux a d’ores et déjà eu des conséquences très concrètes : plus de 20 permanences parlementaires et locaux de campagne de La France insoumise ont été attaqués et des centaines de candidats et de militants insoumis ont été menacés. Ce sont aussi des locaux de campagne d’autres formations politiques, de syndicats ou d’associations qui ont été ciblés. À toutes et tous, organisations comme militants, nous voulons apporter notre soutien le plus total et le plus chaleureux.

Nous remercions les responsables politiques, les syndicats et les associations qui nous ont fait part de leur solidarité et ont réaffirmé leur indignation face à la dérive fascisante d’une partie significative de la scène politique et de la classe médiatique. À l’inverse, nous dénonçons fermement ceux à gauche qui, par calcul politique ou par lâcheté, ont cru bon de joindre leurs voix à ce déferlement de haine. Ou bien, tout aussi répugnant, ont cru utile de mettre sur le même plan le fascisme et l’antifascisme. Nous invitons ces irresponsables à se remémorer notre histoire : elle nous enseigne combien la solidarité du camp antifasciste doit être un réflexe absolu pour protéger les libertés démocratiques et laisser ouvert le chemin de l’émancipation sociale.

Heureusement, nous avons pu observer dans ces jours terribles de pilonnage médiatique l’ancrage des réflexes antifascistes au sein du peuple français. Nous remercions les 2 500 personnes qui ont décidé de rejoindre La France insoumise en une semaine, soit 10 fois plus que la semaine précédente. Nous mesurons la signification politique que représente le nombre important de celles et ceux qui ont pris la décision de s’engager à nos côtés dans cette période et nous agissons en conséquence.

C’est pourquoi nous croyons de notre devoir d’amplifier la riposte antifasciste. C’est possible, c’est indispensable.

Cela passe d’abord par la mobilisation populaire. Ainsi, nous appelons toutes celles et ceux qui refusent de voir cette situation sans réaction à se joindre à la manifestation contre le racisme et contre les idées d’extrême droite prévue le 14 mars prochain partout en France à l’appel des 130 organisations de la marche des solidarités, ainsi que de nombreuses associations et syndicats. Ce sera le moment pour tout un chacun de s’impliquer personnellement contre la dérive dangereuse vers l’extrême droite qui se déploie depuis plusieurs mois. C’est aussi dans cet état d’esprit que nous participerons aux manifestations féministes prévues le 8 mars prochain.

Mais cela passe aussi par la mobilisation électorale. Dans ce contexte, les élections municipales prévues les 15 et 22 mars seront un moment pour exprimer la résistance antiraciste et antifasciste. C’est pourquoi nous appelons à se mobiliser massivement en soutien des 500 listes soutenues par La France insoumise lors de ces élections. Rejoignez nos campagnes électorales ! Participez aux centaines de réunions publiques et d’événements organisés partout en France ! Donnez-nous le plus de force possible en votant pour nos listes dès le premier tour. Car nous sommes la vraie garantie de bouclier antifasciste.

Cette fidélité à notre engagement absolu contre le fascisme guidera nos choix pour le second tour de l’élection municipale. Ainsi, là où nous serons en tête à gauche, nous proposerons le rassemblement des listes de gauche partout où la droite et l’extrême droite peuvent l’emporter. Le vote pour les listes soutenues par La France insoumise est la seule garantie d’obtenir de tels rassemblements. Car d’autres hésitent ou nous excluent alors même que, sans nous, aucune victoire n’est possible contre les droites et le Rassemblement national.

Nous avons pris note à ce sujet des déclarations irresponsables de candidats du Parti Socialiste refusant tout accord de second tour avec La France insoumise, au risque de faire gagner la droite ou l’extrême droite. Nous avons même constaté avec stupéfaction leur refus d’appeler à voter insoumis face à l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle.

Nous mesurons la gravité de telles déclarations. Pour notre part, fidèles aux principes et à l’Histoire de la gauche, nous refuserons toujours toute ambiguïté dans la lutte contre le fascisme. Pour nous, le rassemblement au second tour face à une droite extrémisée et à l’extrême droite ne devrait être une option pour personne. Mais la période est trop brouillée sur le sujet, y compris à gauche, pour qu’il ne soit pas assorti de réels engagements antifascistes. La liste arrivée en tête, par l’intermédiaire de sa tête de liste, devra réaffirmer clairement son engagement dans la lutte contre l’extrême droite à cette élection et aux autres, notamment l’élection présidentielle, en affirmant son vote contre l’extrême droite au second tour. Elle doit aussi accepter l’autonomie politique des composantes du rassemblement. Et, bien sûr, la représentation proportionnelle des électeurs de premier tour dans la composition de la nouvelle liste. Nous interpellons les autres composantes de la gauche : nous y sommes prêts, nous le ferons, et vous ? Car telles sont les conditions incontournables pour permettre la mobilisation populaire pour vaincre l’extrême droite et ses idées.

Enfin, fidèles à notre engagement contre la macronie et celles et ceux qui laissent sa politique s’appliquer, nos listes seront maintenues partout où nous le pourrons là où le risque de la droite et de l’extrême droite n’existera pas au soir du premier tour. Car nous voulons permettre dans un maximum d’endroits la victoire de la gauche de rupture et sa représentation au sein des conseils municipaux.

Dès à présent, nous donnons rendez-vous à toutes celles et ceux qui veulent mener cette bataille avec nous au meeting prévu ce dimanche 1ᵉʳ mars à Perpignan. Car la lutte antifasciste ne se mène pas par des bavardages sur le sujet. Elle doit se mener directement sur le terrain, par la mobilisation démocratique, massive et déterminée du peuple français.

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