Hier pendant quatre heures, l’Institut La Boétie a organisé un débat franc et direct sur le mouvement insoumis et les organisations syndicales représentatives du petit patronat. Coté patronal ont participé les présidents de quatre organisations phares du petit patronat : Laurent Munerot, président de la Confédération Nationale de l’Artisanat des Métiers de Service et de Fabrication (CNAMS) ; Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) ; et les présidents des deux plus nombreuses, Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P).
Les échanges sont disponibles en replay sur la chaîne YouTube de l’Institut La Boétie et ils ont été transmis en direct sur la chaîne YouTube du mouvement. Ils donnent lieu également à des replays sur d’autres chaînes YouTube comme sur celle d’Aurélie Trouvé et de Sophia Chikirou qui ont animé les débats. Et de même avec un post sur le blog de Jean-Luc Mélenchon et le replay sur sa chaîne YouTube.
Le colloque s’est conclu par un engagement pris par LFI, sur la suggestion de la partie patronale, d’une proposition de loi transpartisane. Il s’agit en effet de proposer de nouvelles règles de représentativité des organisations patronales dans les instances paritaires et les organismes sociaux. Ce serait une révolution démocratique dans le « dialogue social ». La convergence s’est faite facilement avec notre mouvement insoumis : cette question avait été soulevée dans notre campagne présidentielle de 2017 face au déséquilibre actuel qui confère, de fait, un droit de veto au Medef dans les négociations sociales.
En effet, le Medef est celle qui compte le moins d’adhérents parmi les trois organisations patronales reconnues comme représentatives : 149 000 au total en 2025. Pendant ce temps, ils sont 221 000 pour l’U2P et 243 000 pour la CPME ! Dans les conseils de prud’hommes, chargés de régler les conflits de droit du travail, le Medef écrase toutes les organisations patronales. Au total, toutes sections confondues, il comptabilise dans le pays 46 % des sièges dévolus aux organisations patronales : 144. C’est autant que le nombre de sièges détenus par la CPME et l’U2P ensemble ! Dans l’industrie, le déséquilibre est encore plus profond, puisque le Medef concentre 60 % des sièges. Quant à l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), elle comptabilise toutes sections confondues 4 % des sièges attribués aux organisations patronales, alors même qu’elle représente 14 % de l’emploi privé.
La France insoumise propose de rééquilibrer la représentativité patronale en faveur des petits entreprises et de l’économie sociale et solidaire, pour retirer au Medef son droit de véto de fait et pour donner plus de poids à toutes ces entreprises de proximité qui font tourner l’économie du pays : elles sont plus de 4 millions en France et en 10 ans, elles ont permis la création nette de 700 000 emplois, quand les grandes entreprises en détruisaient 200 000.