Communiqué du groupe LFI
Alors que la colère gronde depuis des semaines à cause de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) et du Mercosur, le gouvernement, dans un pas de deux avec la FNSEA, a lamentablement retourné le débat. La solution à la crise sanitaire et à la concurrence déloyale ? Saper un peu plus encore les réglementations environnementales avec une loi “Duplomb bis”.
La loi d’urgence agricole annoncée par Sébastien Lecornu ne répond pas aux revendications des agriculteurs mais uniquement aux demandes de la FNSEA. Entre autres, le moratoire sur l’eau risque d’entraver l’adoption du plus grand schéma de l’eau de France.
Dans l’Ouest, la Commission Locale de l’Eau travaille sur le nouveau Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) de la Vilaine, qui prévoit notamment l’interdiction des traitements herbicides pour le maïs sur les zones de captage. Les élus locaux, qui composent un des collèges de l’organisation, subissent des pressions de la FNSEA : courriers mensongers, interruption des conseils municipaux, sans aucune réaction de l’Etat. Une atteinte sans précédent à la libre administration des collectivités.
Largement débattu pendant trois ans, le projet de SAGE de la Vilaine doit être voté. L’État doit donc garantir la sécurité des réunions de l’instance démocratique qu’est la Commission Locale de l’Eau et de ses membres. Le calendrier doit être tenu : c’est ce qu’attendent les citoyens, qui étaient plus de 3 500 à défendre l’eau à Rennes le 10 janvier.
Dans le même temps, plus de 50 agriculteurs sont placés en garde-à-vue dont les trois porte-parole nationaux de la Confédération paysanne et au moins deux présidents de chambres d’agriculture. Une attaque inacceptable contre la liberté syndicale.
La souveraineté alimentaire de notre pays ne peut pas faire l’économie de la protection de l’eau et de l’environnement. Nous n’avons pas à mourir de soif avant de mourir de faim. Un moratoire sur les accords de libre-échange et une meilleure gestion de l’épidémie de DNC : c’est cela qu’attendent les paysans, pas une énième diversion.