Communiqué du groupe LFI
Face à la colère légitime des agriculteurs contre le gouvernement et le président Macron, le Premier ministre s’est senti obligé de leur répondre. Cette lettre annonce de fait une capitulation de la France face à l’UE, qui va imposer la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. La preuve : cette lettre fait l’impasse totale sur le traité avec le Mercosur, dont l’approbation au Conseil européen est annoncée en fin de semaine ! L’Assemblée nationale vient pourtant de voter à l’unanimité une proposition de résolution portée par le groupe de la France insoumise demandant au gouvernement et à Emmanuel Macron de s’opposer fermement et promptement au traité de libre-échange UE-Mercosur.
En guise de pare-feux à la concurrence internationale féroce subie par les agriculteurs, le Premier ministre annonce des arrêtés pour “suspendre l’importation des denrées” contenant des substances interdites en Europe. C’est un aveu d’échec total des contrôles de ces denrées, qui auraient dû déjà être bloquées à l’importation. Face à cet échec patent, pourquoi avoir accepté cet été l’import à droits de douane nuls de 500.000 tonnes supplémentaires de noix et noisettes des USA traitées avec des dizaines de pesticides interdits chez nous ? Pourquoi continuer à signer des accords de libre-échange, qui rendent impossibles les contrôles adéquats sur des millions de tonnes de produits agricoles importés ? Surtout, le Premier ministre n’annonce aucunement l’interdiction de ces importations quand elles proviennent du reste de l’Europe, parce qu’elles y transitent ou bien parce que des pesticides dangereux y sont autorisés comme c’est le cas de l’acétamipride.
Enfin, quand la gestion de la dermatose nodulaire par le gouvernement est dénoncée de toutes parts, le Premier ministre ne fait que s’en auto-satisfaire. Pas un mot sur la fin de l’abattage total systématique dans cette lettre ! Pourtant, la France insoumise demande un changement de stratégie sanitaire depuis 6 mois maintenant : vaccination élargie et abattage partiel. Nous réitérons donc notre exigence de débat et de vote 50-1 refusée par le Premier Ministre : que l’Assemblée nationale se prononce sur le protocole sanitaire de la DNC.