Militantes Kurdes assassinées à Paris : il est temps que la France lève le secret défense

Communiqué du groupe parlementaire La France insoumise.

Dans la soirée du 9 janvier 2013 à l’intérieur des locaux du Centre d’information du Kurdistan, à Paris, trois militantes de la cause kurde ont été assassinées.

Sakine CANSIZ bénéficiait du statut de réfugiée politique obtenu en France et les deux autres étaient légalement résidentes en Europe, conformément à la législation française pour Fidan DOGAN, et à la législation allemande pour Leyla SAYLEMEZ.

Ces femmes ont été exécutées en plein cœur de Paris. François Hollande, alors président de la République avait qualifié ces crimes d’horribles et son Premier ministre, d’« acte insupportable ».

Nous le savons depuis longtemps, l’ombre d’Ankara plane sur « l’instigation et la préparation » de cet assassinat. Les autorités turques ont toujours rechigné à collaborer avec les autorités chargées de l’enquête de Police et le parquet en charge de l’instruction, et cela malgré les conventions existantes notamment la Convention européenne pour la répression du terrorisme du Conseil de l’Europe du 27 janvier 1977.

Huit ans se sont écoulés depuis l’exécution de Sakine, Fidan et Leyla et nos autorités rechignent à leur tour de faire pression sur la Turquie pour collaborer avec notre justice, alors que la presse turque a « établi » l’implication des services secrets turcs (MIT).

Il est temps que notre pays lève le secret défense dans le cadre de ce triple assassinat.

Il est temps que notre pays mette fin à cette complaisance avec un état assassin. Notre pays ne peut pas non plus se faire le « bras armé » d’un régime dictatorial en criminalisant dans notre propre territoire la lutte des Kurdes, comme ce fut le cas le mardi 23 mars, avec l’arrestation de nombreux militants kurdes et des perquisitions dans des locaux d’associations kurdes, comme à Marseille.

Nous réitérons notre soutien total au combat du peuple kurde pour sa survie et nous appelons toutes celles et ceux, organisations de la société civile, partis politiques à réagir face à cette injustice dont font l’objet les Kurdes en France.