Cession de Lapeyre : stop à la vente à la découpe du patrimoine industriel français

Communiqué du groupe parlementaire La France insoumise.

Des milliers d’emplois menacés, la perte d’un savoir-faire vieux de presque cent ans. C’est ce qui menace aujourd’hui Lapeyre, spécialiste de la menuiserie et de l’aménagement, dont le rachat par le fonds d’investissement allemand Mutares est aujourd’hui en discussion. Le groupe parlementaire de La France insoumise alerte sur les conditions de cette vente et ses conséquences.

Saint-Gobain, propriétaire de Lapeyre, préfère aujourd’hui l’offre de Mutares à celles d’autres repreneurs. Mais le flou entoure les conditions de la vente. L’information d’une consultation des comités sociaux et économiques de Lapeyre s’est faite dans des conditions d’opacité inacceptables : les salariés ne disposent d’informations exactes ni sur les projets de Mutares ni sur les offres des autres repreneurs évoqués, Cevital et Verdoso. Saint-Gobain vient d’ailleurs d’être condamné par le Tribunal de Grande Instance de Val de Briey pour défaut d’information.

Les éléments qui ont filtré de façon officieuse laissent entrevoir la perspective de licenciements massifs à court terme puis d’une liquidation pure et simple de Lapeyre à l’horizon 2023. Mutares est par ailleurs connu pour ses opérations de rachat à finalité spéculative, aux dépens des entreprises concernées : Pixmania, Artmadis ou GrosBill en ont fait les frais par le passé. Avec Lapeyre, ce sont plus de 4000 salariés, 126 magasins et 10 usines, sur l’ensemble du territoire national, qui sont à présent menacés. Regroupés au sein du « collectif Lapeyre », des salariés ont élaboré un projet crédible pour la reprise de l’entreprise, son redressement et la sauvegarde de l’emploi. Mais leur offre n’a pas été retenue. Ils ont alerté les pouvoirs publics, jusqu’au président de la République. Mais leurs alarmes n’ont pas été entendues.

Le groupe parlementaire de La France insoumise interpelle le ministre de l’Économie, des Finances et de la relance, Bruno Le Maire, en lui demandant de se saisir du dossier, d’obtenir la communication de l’ensemble des éléments relatifs aux différentes offres de reprise, d’organiser une table ronde réunissant les représentants de l’État, du groupe Saint-Gobain et ceux de Lapeyre et de son personnel, et de tout mettre en œuvre pour préserver l’intégrité de l’entreprise et maintenir l’emploi de ses salariés. Il est temps de mettre un terme à la vente à la découpe du patrimoine industriel français.