AAH, la désolidarisation des revenus du conjoint, vite !

Un article du groupe thématique Handicap de la France insoumise

Une pétition en ligne sur le site du Sénat demandant la désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) a déjà reçu plus de 50 000 signatures.

Nous soutenons cette proposition : elle était incluse dans le livret « Handicap : instaurer la citoyenneté pleine et entière » de l’Avenir en commun, notre programme lors de l’élection présidentielle de 2017.

Il s’agit d’une mesure de grande ampleur destinée à permettre aux personnes en situation de handicap de pouvoir vivre dignement sans faire peser le poids de leur handicap sur leur conjoint et leur famille. Nous avions également prévu d’augmenter considérablement cette allocation au vu du coût supplémentaire engendré par la perte d’autonomie et les équipements nécessaires au quotidien.

Comme le souligne la Défenseure des droits, Claire Hédon, l’AAH doit être une prestation « individualisée » : « Les personnes handicapées doivent pouvoir être indépendantes financièrement ; il faut donc exclure les ressources du conjoint pour l’attribution des allocations accordées au titre du handicap ».

L’Assemblée nationale a pourtant voté en février 2020 une proposition de loi pour désolidariser l’AAH des revenus du conjoint, proposition de loi bloquée pour le moment sans aucune perspective de débouché rapide.

Cette mesure permettrait également de se conformer davantage à la Convention Internationale des personnes Handicapées de l’ONU, pourtant ratifiée par la France, et de tendre à l’accès à une égalité en matière de droits pour les personnes en situation de handicap.

L’accessibilité à une citoyenneté pleine et entière de ces personnes passe notamment par un accès à une autonomie financière permettant une vie digne ! Force est de constater que ce gouvernement, comme les précédents, n’a pas pris la mesure des réformes nécessaires à l’application des droits humains des personnes qui demeurent en France particulièrement discriminées du fait de leur handicap.

Pour aller plus loin :