Pour les étudiants, le choix entre les études et la santé est inacceptable

Un article du groupe thématique Jeunesse de la France insoumise

Le mercredi 28 octobre, Emmanuel Macron annonçait dans son allocution la fermeture des universités françaises et un passage de l’ensemble des cours en distanciel dans le cadre du second confinement débutant le vendredi 30 octobre à minuit. 

A la suite de ces annonces de nombreux étudiants et étudiantes sont rentré·es en catastrophe se confiner chez leurs parents pour essayer de vivre au mieux ce confinement. La première édition du confinement avait été terrible pour la population étudiante : problèmes financiers, perte d’emploi, isolement social, logement invivable et enseignements perturbés. 

Comme à son habitude, le gouvernement a agi dans la précipitation et n’a cessé d’envoyer des informations contradictoires. Nous apprenions ainsi jeudi dernier en fin de journée par la conférence de presse de Jean Castex que les cours au sein des Classes Préparatoires et des BTS continueront finalement à être assurés en présentiel, leurs enseignements ayant lieu dans des lycées.

De la même manière le premier ministre a annoncé que les Travaux Pratiques (TP) ou examens ne pouvant être effectués en distanciel se tiendraient en présentiel. Il aura fallu peu de temps après ces annonces pour que les étudiant·es reçoivent des premiers mails les menaçants de sanctions en cas d’absence à ces travaux pratiques alors même que 24 heures auparavant était annoncée la fermeture des universités et le passage au tout distanciel dans une allocution suivie par 32,7 millions de Français·es. 

A titre d’exemple, les étudiant·es de la faculté des Sciences et Technologies de Lille ont reçu ce mail de leur doyen :

« Soyons clairs, le maintien de travaux pratiques comme d’examens en présentiel répond aux consignes du Premier Ministre d’un confinement plus souple que celui du printemps 2020. Les consignes sanitaires actuelles mise en œuvre depuis la rentrée pour les travaux pratiques et les examens sont conformes aux directives.

Dès lors, ceux et celles d’entre vous qui délibérément choisiraient de ne pas rentrer de congés et ainsi de ne pas bénéficier de la possibilité de revenir sur le lieu de formation (dérogation qui ne vaut que pour ce week-end), auront à assumer leur choix. De même pour ceux et celles moins distants qui ne souhaiteraient pas venir sur le campus pour assister à ces TP et examens soumis à notation.

Leur absence sans justification ou leur absence avec justification seront traités par les directions de formation selon les modalités usuelles du contrôle des connaissances.

En aucun cas, cela ne pourra être un argument pour imposer l’annulation d’une épreuve ou d’un TP pour l’ensemble des étudiants de la formation. »

Et pourtant le Président Emmanuel Macron semblait vouloir se montrer compréhensif envers les jeunes, il déclarait ainsi le 14 octobre « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. Je ne donnerai jamais de leçon à nos jeunes. Ce sont ceux qui, honnêtement, vivent un sacrifice terrible : des examens annulés, de l’angoisse pour les formations, pour trouver le premier job ».

Pourtant, les étudiants sont pointés du doigt depuis des semaines comme principaux vecteurs de contamination alors même que rien n’a été fait pour garantir les conditions sanitaires dans les universités depuis la rentrée. 

Construction de logements CROUS : il y a urgence

Nous voyons désormais fleurir des discours accusant les étudiant·es de se servir du coronavirus comme excuse pour ne pas assister à leurs cours. Il est plus vraisemblable d’affirmer qu’un grand nombre d’étudiant·es est retourné chez ses parents, souvent loin des lieux d’étude parce que le premier confinement fut un traumatisme pour beaucoup.

En effet, la plupart ne se voyait pas rester seuls dans un logement étudiant, exigu, parfois insalubre. Rappelons que de nombreuses cités universitaires du CROUS sont dans un état déplorable et devraient être rénovées et que leur nombre est insuffisant. De nombreux·ses étudiant·es sont forcé·es de se loger dans de minuscules logements vétustes du privé. Rappelons que le livret « Pour l’émancipation de la jeunesse » de la France insoumise proposait dès 2017 de construire 15 000 logements CROUS par an pour régler cette situation.

La déclaration faite par le Premier ministre Jean Castex et les premières prises de positions des universités conduisent nombre d’étudiant·es à un choix inacceptable : choisir entre ses conditions de vie et ses études. Ce n’est pas un choix que de devoir rester confiné dans un logement étudiant trop petit, souvent seul, parfois insalubre, sans revenu correct pour se subvenir à ses besoins au péril de sa santé, pour participer à un TP ou à un examen sans avoir la capacité à travailler correctement ses cours à distance.

En maintenant examens et TP avec une présence obligatoire, ils souhaitent préserver la valeur du diplôme, mais pensent-il qu’il est possible de travailler correctement dans ces conditions ? Les étudiant·es ne sont peut-être pas les plus à risque face à ce virus mais le risque social qui les guette, lui, est bien présent. Dépression, précarité, anxiété, solitude : voici les symptômes qui touchent les étudiant·es depuis de nombreuses années et que cette crise sanitaire vient accroître. Par ailleurs, les conditions d’études confinés dans les logements étudiants sont très souvent difficiles. Les étudiant·es n’ont pas toujours accès à un lieu calme, à une connexion internet stable ou à un matériel informatique correct.

Enfin il est important de prendre en compte que les étudiants boursiers seraient doublement pénalisés en cas d’absence à ces TP ou examens. En effet, s’ils sont considérés comme défaillant, ils se voient retirer leurs bourses.

Il n’est pas tolérable que les étudiant·es aient à choisir entre leur santé et leurs études !

Nous demandons que les modalités du confinement mis en place soient concertées au plus vite avec les représentants des enseignant·es, du personnel et des étudiant·es. 

Lors du premier confinement, la France insoumise avait fait part d’un certain nombre de propositions. Aucune d’entre elles n’avait été considérée par le gouvernement. Nous les republions ici

A. Mesures financières directes

  • L’extension immédiate du Revenu de solidarité active (RSA) dès l’âge de 18 ans au lieu de 25 actuellement, cumulable avec les bourses pour celles et ceux qui en sont bénéficiaires.
  • Report des premières échéances de remboursement de tous les prêts étudiants.

B. Logement et restauration

  • Suspension immédiate des loyers pour les résidents en cités universitaires régies par le CROUS, jusqu’à 2 mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire.
  • Suspension immédiate des loyers pour les étudiant·es locataires dans le privé jusqu’à 2 mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire.
  • Évaluation de la salubrité des cités universitaires et organisation d’un plan de relogement en urgence des étudiant·es dont les logements sont jugés insalubres.
  • Interdiction de demander aux étudiant·es de quitter leur logement jusqu’à la fin de l’année universitaire.
  • Baisse du prix du ticket pour tous et mise en place d’un service de vente à emporter dans les restaurants universitaires jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire.
  • Généraliser la distribution des aides alimentaires d’urgence et massifier les envois de colis alimentaires par les CROUS (sans condition d’éligibilité afin d’éviter les procédures administratives inutiles et des délais parfois longs).

C. Aide psychologique et sanitaire

  • Mettre à disposition une plateforme nationale d’écoute et d’accompagnement personnalisé des étudiant·es (assistance psychologique, orientation professionnelle). Le numéro vert Covid-19, censé assurer un soutien psychologique, est un simple numéro d’information.
  • Généraliser la distribution gratuite d’équipements de protection sanitaire (masques, gel hydroalcoolique) par le CROUS.

D. Permettre la continuité pédagogique

  • Prêt de matériel informatique et de clés 4G aux étudiant·es qui n’en possèdent pas. Pour ce faire, un fonds national de dotation en matériel informatique est créé et réparti entre les universités en fonction des besoins.
  • Permettre l’accès aux ressources numériques en ligne (catalogue des éditeurs) gratuitement aux étudiant·es jusqu’en septembre.
  • Transformer l’INA en véritable service public gratuit afin de permettre l’accès à sa banque d’archives numérisées.

E. Permettre une bonne insertion dans le monde du travail

  • Permettre aux étudiant·es n’ayant pas pu réaliser leur dernier stage de fin d’études de le reporter au printemps, même si l’année universitaire est déjà validée, en garantissant les aides jusqu’à cette période.
  • En concertation avec les organisations syndicales et les CROUS, mettre en place une aide conséquente pour la recherche du premier emploi. Celle-ci serait cumulable avec le RSA mis en place pour les moins de 25 ans.

F. Pour les étudiant·es des filières de santé et médico-sociales

  • Garantir aux étudiant·es en stage en milieu hospitalier et médico-social une rémunération minimum au niveau du SMIC pendant ce temps de crise ainsi qu’une prime pour les risques encourus. Ces activités doivent cependant leur permettre de poursuivre en même temps leurs études et préparer leurs examens et concours.
  • Garantir le minimum légal de 600 euros pour les stages de ces étudiant·es après la crise, contrairement à ce qui est pratiqué aujourd’hui.

Pour aller plus loin : 

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