Renforcer l’aide publique au développement en matière d’éducation

Michel Larive attire l’attention du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur l’aide française à l’éducation dans les pays en développement.

Dans le monde entier, les systèmes éducatifs ont été durement frappés par la pandémie du Covid-19. Selon l’UNESCO, 191 pays ont ainsi vu leurs écoles être fermées, pour un total de 1,57 milliards d’enfants et de jeunes privés d’éducation. Pour endiguer ces conséquences désastreuses de la crise sanitaire, favoriser l’aide publique au développement (APD) pour permettre l’accès à l’éducation et au partage des savoirs n’a jamais été autant d’actualité. Pourtant, vingt organisations réunies au sein de la « Coalition Éducation » (syndicats, associations, ONG…)ont fait part à M. le député de leurs inquiétudes quant aux engagements pris par la France en la matière dans le cadre de son Projet de loi de finances pour 2021.

D’abord, si la France consacre 992 millions d’euros d’aide bilatérale à l’éducation dans les pays en développement, sur ce total, seulement 1,8% de l’APD bilatérale française est allouée à l’éducation de base. De plus, seulement 19 % de ces fonds bénéficient aux pays prioritaires de l’APD et 5% aux pays du Sahel qui traversent une crise alarmante. Or, l’aide à l’éducation doit répondre aux besoins éducatifs les plus fondamentaux et les plus urgents, notamment dans cette période de « rupture d’apprentissage » qui fragilise la capacité de résilience des sociétés les plus fragiles.

Ensuite, l’engagement français dans le financement des fonds consacrés aux situation d’urgence ne semble pas suffisant. Par exemple, le fonds multilatéral « Education Cannot Wait », dédié à l’éducation, vise à atteindre les populations particulièrement touchées par les crises – 9 millions d’enfants et de jeunes sont concernés. Or, la contribution annuelle de la France de 2,3 millions de dollars n’est pour l’instant pas à la hauteur des objectifs espérés (1,8 milliard de dollars d’ici 2021).

Ainsi, M. le député demande au ministre de renforcer et de revoir les politiques de coopération, afin que les ressources d’aides à l’éducation affrétées par la France servent en priorité à renforcer les systèmes éducatifs les plus fragiles. Il l’appelle donc à conduire une action volontariste, dans le cadre du PLF 2021 et de la contribution au Fonds “Education Cannot Wait”. Il est de la responsabilité de la sixième puissance mondiale que d’œuvrer concrètement dans le sens d’un droit à l’éducation pour tous et dans le soutien aux services publics fondamentaux.