Guadeloupe - Un décret entravant les libertés publiques

Communiqué de La France insoumise.

Nous prenons connaissance de l’arrêté récemment publié par le préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin instaurant un couvre-feu de 4 jours, du samedi 11 avril au mardi 14 avril. Ce couvre-feu implique la fermeture de tout commerce, y compris les magasins alimentaires, ainsi que l’interdiction de tout déplacement motorisé en dehors des impératifs professionnels et de santé.

  • Alors qu’un couvre-feu nocturne est institué pendant toute la durée du confinement en Guadeloupe,
  • Alors que l’évolution de l’épidémie stagne dans le département et enregistre quotidiennement entre 2 et 4 cas déclarés depuis quelques jours, ce qui témoigne de l’efficacité du confinement et du respect des mesures par nos concitoyens.

Nous nous étonnons et nous insurgeons quant à la décision de mettre en pratique une telle mesure qui n’est plus de l’ordre de la restriction, mais de celle de la menace des libertés publiques.

Cette décision génère de surcroît la ruée des Guadeloupéens dans les supermarchés depuis mardi 7 avril, provoquant ainsi de possibles nouvelles contaminations. Si l’article 2 du Décret n° 2020-260 du 16 mars 2020 prévoit que le préfet est habilité à adopter des mesures plus restrictives que celles adoptées par le Premier ministre en matière de déplacement des personnes, il est précisé que cela peut être réalisé à la condition que « les circonstances locales l’exigent ». Or aucun dysfonctionnement et évolution inquiétante de la situation en Guadeloupe ne justifie cet arrêté. Cette décision est par conséquent infondée.

S’il s’agit d’un principe de précaution par rapport au weekend Pascal, traditionnellement festif en Guadeloupe, ce couvre-feu est totalement démesuré. Les campagnes de prévention qui passent depuis quelques jours dans les médias, rappelant aux guadeloupéens de rester confinés y compris pendant le weekend de Pâques, ainsi que l’utilisation des outils législatifs et réglementaires existants dans le cadre du confinement (renforcement des contrôles par exemple) se présentent comme des moyens suffisants, dans le respect des limites des libertés publiques dans le cadre de cette crise.

La situation sanitaire exceptionnelle que nous vivons ne peut être un prétexte à des expérimentations liberticides en Guadeloupe. Faisons confiance à la responsabilité de nos compatriotes pour faire preuve de discernement et de solidarité afin d’enrayer l’épidémie.
Nous exigeons le retrait de cet arrêté.