Liberté Égalité Fraternité

À Bayonne, la haine anti-musulmans a franchi un cap

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Communiqué de presse du groupe parlementaire de La France insoumise.

À Bayonne, la haine anti-musulmans a franchi un cap dans la violence. On a tenté d’assassiner des personnes en raison de leur religion. Cette attaque ignoble a prouvé que la répétition des discours de défiance et de haine à l’égard des croyants d’une religion, quelle qu’elle soit, finissent par trouver une traduction dans des actes criminels.

Aucun républicain ne peut méconnaître cette réalité. Aucun républicain ne peut l’accepter. Dans la situation actuelle où la stigmatisation des musulmans continue à prendre de l’ampleur, relayée par des irresponsables politiques et des médias complaisants, la France insoumise juge que les autorités politiques de notre pays ne sont pas à la hauteur. Aucun acte fort d’unité nationale n’a été posé ni par l’exécutif, ni par l’Assemblée nationale. Nous refusons d’attendre que la haine fasse des morts pour réagir.

C’est pourquoi la France insoumise a décidé de témoigner de son engagement inébranlable pour garantir la liberté de conscience, c’est-à-dire de croire ou de ne pas croire sans être inquiété. C’est un principe de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et donc un fondement de notre conception de la République auquel nul ne doit pouvoir porter atteinte.

Nous avons donc apporté son soutien au principe d’une manifestation unitaire large permettant de donner concrètement à voir que, par-delà les désaccords, il existe aussi en France un lien incassable qui peut unir notre peuple par le respect des principes proclamés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. En privilégiant l’unité et en signant un appel à manifester le 10 novembre prochain, la France insoumise a choisi de s’associer comme l’ont fait de très nombreuses personnalités et organisations, de sensibilités diverses : la Ligue des Droits de l’Homme, Esther Benbassa, Yannick Jadot, Aurélie Trouvé, André Chassaigne, Benoît Hamon, Geneviève Garrigos, Olivier Besancenot ou encore Philippe Martinez…

La France insoumise a déjà dit les raisons pour lesquelles elle n’emploie pas dans sa propre communication le terme « islamophobie ». Il y a parmi les défenseurs de la liberté de conscience une divergence sur ce point. Pour autant nous ne perdons pas de vue qu’il y a urgence face à la violence montante de la haine contre les musulmans. Face à ce climat qui voit l’ensemble de nos concitoyens musulmans ciblés par de faux défenseurs de la laïcité, la France insoumise a, en toute conscience, choisi de ne pas créer de divisions. Elle a compté sur l’intelligence de nos concitoyens pour faire la distinction entre la singularité de sa position et les compromis nécessaires pour être à la hauteur de ce moment grave qui voit la paix civile et la promesse républicaine de liberté de conscience remise en cause.

La France insoumise est un mouvement passionnément républicain. Toute son activité consiste à rendre effectifs les mots de la devise de notre pays : Liberté, Égalité, Fraternité.

Jamais la France insoumise ne renoncera à la défense de la Liberté, dont la liberté de conscience et d’expression sont les deux manifestations les plus fondamentales. Elles sont garanties par la laïcité. Nul ne doit être inquiété en raison de ses opinions religieuses ni de ses opinions « irréligieuses ».

Jamais la France insoumise ne renoncera à la défense de l’Égalité : rien de ce qui fait l’identité d’un homme ou d’une femme ne peut lui valoir d’être traité distinctement des autres citoyennes et citoyens.

Jamais la France insoumise ne renoncera à la défense de la Fraternité : il existe entre les êtres un lien d’humanité irréductible qui oblige à traiter autrui, au-delà de toute divergence, comme un semblable.