Question écrite sur la situation des Kurdes de Syrie après le retrait des troupes « étasuniennes »

Suite à l’annonce du retrait des troupes étasuniennes par le Président Donald Trump, Bastien Lachaud interpelle le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation du peuple kurde en Syrie.

Retrouvez le texte de la question sur le site de l’Assemblée nationale publiée le 01/01/2019.

M. Bastien Lachaud interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères au sujet de la situation des populations kurdes de Syrie. En effet, le 19 décembre 2018, Donald Trump a annoncé le retrait unilatéral de la majeure partie du contingent de soldats « étasuniens » présents en Syrie. La quasi-totalité des observateurs considère que cette décision revient à laisser toute latitude à la Turquie de Recep Tayyip Erdogan d’attaquer les forces kurdes stationnées au nord de la Syrie. Or l’appui des forces kurdes a été décisif dans la guerre contre l’organisation dite « État islamique ». L’affaiblissement sensible de cette organisation n’est d’ailleurs pas synonyme d’une entière défaite. Sur le terrain, le conflit demeure intense et la contribution des Peshmergas demeure extrêmement importante. Si elle devait être réduite du fait d’une agression de la Turquie, l’action militaire de la France dans la région serait elle-même affaiblie.

Cette éventualité est d’autant plus grande que les troupes turques sont entrées depuis plusieurs mois sur le territoire syrien au mépris du droit international. Il est ainsi très probable qu’Ankara surenchérisse dans l’illégalité et profite du désordre régional pour vouloir « régler » définitivement et par la violence la « question kurde ». En plus du caractère illégal de ces menées, l’alliance de fait, et même l’amitié, qui se sont nouées entre la France et le peuple kurde obligent à assurer sa sécurité. Au mois de mars 2018, interpellé après la chute du bastion kurde d’Afrin, M. le ministre affirmait : « Les préoccupations de frontières de la Turquie ne doivent pas mener à l’implantation militaire que nous constatons. C’est ajouter de la guerre à la guerre ». Depuis cette date ? la situation ne s’est guère améliorée pour les amis kurdes de la France et la retenue qui a caractérisé la réaction française aux agissements de la Turquie s’apparente chaque jour davantage à de la lâcheté.

C’est pourquoi, il souhaite apprendre de M. le ministre quelles initiatives la France est disposée à prendre afin d’assurer que les forces armées et les populations kurdes de Syrie ne pâtissent pas d’une éventuelle agression turque.