Défendons les biens communs, municipalisons Vélib’ !

Depuis le 16 septembre, la France insoumise organise une votation citoyenne pour réclamer la municipalisation du système de vélo en libre-service Vélib’. Les parisien·ne·es et les habitant·e·s des départements concernés par Vélib’ peuvent voter sur le site internet sauvonsvelib​.vote ou dans les bureaux de vote dont les horaires et l’emplacement sont disponibles en ligne à la même adresse.

La votation citoyenne a été proposée aux insoumis·es en juillet dernier, par la Conseillère de Paris Danielle Simonnet. En effet, les dysfonctionnements de Vélib’ s’accumulaient depuis plusieurs mois, rendant invivable le quotidien des nombreux abonné·e·s du service, et il devenait urgent d’y apporter une réponse politique. C’est d’ailleurs le premier message que les insoumis·es ont souhaité faire passer avec cette votation : l’accident industriel de Vélib est un problème politique parce qu’il est la conséquence de la privatisation du service !

La privatisation est responsable du fiasco !

Pour comprendre le problème, il est nécessaire de revenir quelques années en arrière. Velib’ a été lancé par la Ville de Paris en 2007 avec un péché originel : le choix d’accorder la gestion du service au privé, à l’époque l’entreprise JCDecaux, plutôt qu’à une régie publique.

Le principe de la délégation au privé, et le système d’appel d’offres qui l’accompagne, est responsable de tous les maux de Vélib’. Il pousse les entreprises gestionnaires à tirer les salaires et les conditions de travail vers le bas tout en prenant des engagements intenables envers la collectivité. C’est ce qu’a fait l’entreprise Smovengo en 2017 pour remporter le marché. L’entreprise est allée jusqu’à licencier les salarié·e·s les plus expérimenté·e·s parce qu’ils ont fait grève pour protester contre la baisse de leur salaire suite au changement de gestionnaire.

Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que Smovengo se soit montré incapable d’assumer le service à partir de janvier 2018 comme cela était prévu dans le contrat. Travaux des stations en retard, non-raccordement au réseau électrique, vélos bloqués en station… trouver un Vélib’ disponible est devenu un parcours du combattant et le nombre de trajets quotidiens a été divisé par trois.

Bien sûr, la Ville de Paris a fait mine de régir en posant un ultimatum à Smovengo. Mais cette agitation n’a trompé personne, surtout pas le patron de Smovengo qui a pu annoncer en toute tranquillité qu’il ne tiendrait pas ses engagements contractuels, c’est-à-dire le bon fonctionnement de Vélib’, avant janvier 2019 !

Une votation au service de l’intérêt général et de l’écologie

Avec cette votation, les insoumis·es ont fait le lien entre les difficultés de Vélib’ et le danger que représentent les intérêts privés pour l’intérêt général. Car le fiasco Vélib’ fragilise la transition écologique de la ville. Pour réduire le mode de déplacement polluant et dangereux qu’est la voiture, il faudrait pouvoir s’appuyer sur un service public fort qui comporte un système de vélos en libre-service de qualité mais aussi tout un écosystème favorable au vélo (pistes cyclables, ateliers de réparation, apprentissage dans les écoles…). Cette angle large assure le succès de la votation. Il permet de rassembler des usagers convaincus de l’intérêt immédiat d’une municipalisation de Vélib’ (assurer au plus vite la qualité de service et respecter les droits sociaux) mais aussi les citoyens préoccupés par l’enjeu écologique et la défense des biens communs.

Avec déjà plus de 150 bureaux de votes tenus depuis le début de la votation, il a été décidé de la prolonger pour permettre au plus grand nombre d’insoumis·es et de citoyen·ne·s de s’en saisir. Rendez-vous sur sauvonsvelib​.vote pour vous lancer !