Question écrite sur la situation de l’hôpital gériatrique universitaire de Charles Foix

Question N°12375 publiée au Journal Officiel le 25/09/2018 page : 8428

Mme Mathilde Panot alerte Mme Agnès Buzyn, ministre de la santé, quant à la situation de l’hôpital gériatrique universitaire de Charles Foix à Ivry-sur-Seine. Les conditions de travail y sont particulièrement déplorables et demandent une réaction immédiate de la part du ministère.

Suite à la sollicitation considérable des urgences parisiennes pendant la phase de canicule de cet été, l’hôpital de Charles Foix se trouve dans une situation insupportable. Plusieurs infirmières font état d’un ratio personnel soignant – patients absolument honteux. Dans des services qu’elles ne connaissent pas toujours, les infirmières se retrouvent seules pour 48, 70, jusqu’à 82 patients sur deux étages différents.

Mme Mathilde Panot considère qu’il est inadmissible de tolérer que l’hôpital public français soit maltraité à ce point. En l’espèce, ce sont en effet et le personnel soignant et les patients qui souffrent d’une absence de réaction politique. La visite du directeur de l’APHP, M. Martin Hirsch, le 21 août 2018, n’a rien changé à la situation. La CGT a déposé deux DGI, la première le 20 août, la seconde le 3 septembre dernier.

Mme Mathilde Panot rappelle des éléments préoccupants que les personnels ont d’ores et déjà transmis au ministère. Le service minimum déterminé par les cadres hospitaliers ne peut être assuré faute de personnels disponibles. Dans les conditions susmentionnées, il n’est pas possible qu’un soin humain soit prodigué aux patients. Mme Mathilde Panot rappelle que fonder une politique hospitalière sur une politique du chiffre mène toujours aux mêmes résultats : souffrance des patients, dépression d’une partie du personnel, honte collective pour la République qui se doit d’être sociale (Cf. préambule de notre Constitution).

Mme Mathilde Panot demande à Mme la Ministre de bien vouloir considérer qu’il n’est pas possible de laver une personne lourdement handicapée, comme c’est bien souvent le cas en gériatrie, en l’espace de quinze minutes seulement. Lorsqu’à la détresse physique s’ajoute la détresse psychologique, le temps manque aux soignants pour réconforter ou simplement parler aux patients. Mme Mathilde Panot rappelle à Mme la Ministre le risque considérable que son inaction fait courir aux soignants comme aux patients. Les soignants ont le sentiment, légitime au vu de l’attentisme des autorités de tutelle, d’être méprisés.

Aussi Mme Mathilde Panot s’interroge sur le temps que Mme la Ministre compte mettre pour répondre aux exigences légitimes, frappés du coin de la nécessité, du personnel soignant de l’hôpital de Charles Foix : recruter trente infirmier.e.s et vingt aides-soignant.e.s supplémentaires.