Crédit photo : Assemblée Nationale

À Versailles, Macron est son premier contradicteur

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Monarque républicain en quête de gloire, Emmanuel Macron réunissait devant lui le Parlement en congrès ce lundi 9 juillet à Versailles. Dans cette salle du palais des rois de France, le jeune monarque, devant une Cour LREM déjà conquise, a donc tenté de convaincre les français·e·s pendant 1h30.

On lui connaissait déjà les phrases creuses et les faux-semblants. Macron 1er a cette fois-ci en plus innové en critiquant à plusieurs reprises les effets mêmes de ses propres décisions.
Il fallait y penser !

C’est le cas des EHPAD. Alors que son gouvernement les asphyxie financièrement, il s’est permis de saluer le courage du personnel, allant même jusqu’à déplorer le manque de moyens. Un comble quand on sait la bataille que mènent ces mêmes personnels de santé contre un gouvernement qui choisit la rentabilité plutôt que des conditions d’accueil dignes pour toutes et tous.

Même approche concernant le nombre croissant d’emplois précaires, notamment de courtes durées, que Macron a semblé fustiger alors que sa propre politique vise à rendre toujours plus «flexible» et «évolutif» le code du travail, à la mode allemande.

Et sur les migrant·e·s ? Il a lancé une charge contre les autres pays européens en avançant fièrement que « jamais la France n’acceptera les déportations à travers l’Europe ». Mais il a lui-même signé le texte qui organise cela !

Dénoncer les conséquences de ces actes tout en habillant son discours de grandes phrases de principes, un pari bien trop culotté qui ne trompera personne. Les applaudissements systématiques de sa cour non plus.

Un monologue qui a par ailleurs confirmée son statut de Président attitré des riches. Pas un mot sur le report de son plan de lutte contre la pauvreté qui sera finalement présenté à la rentrée. Pas d’urgence pour le gouvernement ! Les ultrariches étaient plus chanceux quand il a fallu bénéficier de faveurs dès le début du quinquennat avec notamment la suppression de l’ISF !

D’ailleurs le fameux « gâteau » à partager évoqué par Macron se porte plutôt bien puisque notre pays n’a jamais créé autant de richesses ! Encore faudrait-il le partager plutôt que de laisser les ultrariches se gaver tandis que tous les autres ramassent seulement quelques miettes.

Le président a également déclaré que « rien de changera pour les retraité·e·s d’aujourd’hui ». Autant dire que tout changera pour les retraité·e·s de demain ! Plus qu’inquiétant au moment où le bruit court qu’il veut s’attaquer aux pensions de reversions…

Seule satisfaction de ce discours : Macron s’incline et déclare vouloir écouter la réponse des parlementaires lors du prochain Congrès. Une bonne idée qui donne raison au boycott des député·e·s insoumis·es. Mais une bonne idée que les député·e·s LREM ont pourtant refusée en commission alors qu’elle était proposée par un amendement. Au royaume de Macron, la démocratie n’est bonne que quand elle est décidée par le monarque !