Question écrite à Nicolas Hulot sur le nucléaire en France

Question écrite de Danièle Obono au ministre de la transition écologique et solidaire, publiée au JO le : 31/10/2017 page : 5264

Texte de la question

Mme Danièle Obono attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la stratégie énergétique gouvernementale de la France. En septembre 2017, l’État a effectué une restructuration de la filière nucléaire française conduisant au découpage d’Areva en plusieurs entités, restructuration qui aura coûté 4,5 milliards d’euros aux finances publiques. Cette réorganisation est le point d’orgue d’une situation que le ministre de l’économie lui-même a définie comme scandaleuse et dont il a dénoncé la gérance : construction d’EPR dont les coûts ne cessent d’exploser (dernier élément en date début juillet 2017, EDF annonçant une hausse significative du devis des réacteurs d’Hinkley Point), achat de mines à des prix largement surévalués, augmentation des coûts liés au réajustement des exigences de sécurité, coûts liés à la prolongation des réacteurs, etc. Depuis de nombreuses années, le débat sur le nucléaire portait majoritairement sur les risques physiques encourus par la population ou la gestion des déchets. Aujourd’hui, à ces sujets plus que jamais d’actualité (un rapport d’experts indépendants publié le 10 octobre 2017 venant de dénoncer la vulnérabilité de la sécurité des centrales nucléaires en France), s’ajoute un volet économique indéniable. Comme le précise dans sa dernière édition le World nuclear industry status report : « le nucléaire n’est envisagé que là où le gouvernement ou le consommateur prend le risque d’assumer les dépassements de coûts et de délais ». Ce rapport nous indique également que les difficultés du nucléaire sont structurelles et que son déclin est irréversible. La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17 % en 2001 à 9 % en 2016. L’électricité française est toujours constituée à plus de 70 % de production nucléaire tandis que le coût du mégawattheure des énergies renouvelables n’en finit pas de devenir de plus en plus compétitif. C’est dans ce contexte qu’elle souhaite obtenir des réponses sur la stratégie énergétique que l’État entend porter à travers Areva afin d’assurer aux Français·e·s une énergie sûre, écologiquement soutenable et économiquement viable. Elle lui demande de préciser les échéances prévues quant à l’arrêt des réacteurs et à la fermeture des 19 centrales nucléaires actuellement en fonctionnement en France ; et le rôle que le Gouvernement entend faire jouer à Areva dans ce processus-ci ainsi que ceux qu’il faudra envisager pour atteindre l’objectif d’une fin de la dépendance française au nucléaire.

 

Nous sommes en attente de sa réponse, affaire à suivre, « To be continued » comme on dit…

 

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