Communiqué des groupes parlementaires Franco-Allemands
Le site de StocaMine, situé à Wittelsheim en Alsace, stocke depuis 1990 à 500 mètres de profondeur 42 milles tonnes de déchets industriels ultimes et hautement toxiques tels que de l’arsenic, du mercure, des pesticides et autres déchets phytopharmaceutiques.
Ce stockage devait être temporaire et réversible, garantissant la possibilité de retirer les déchets en cas de problème.
Or, la décision de la France de privilégier un confinement définitif a trahi les engagements initiaux qui prévoyaient la réversibilité, c’est-à-dire le déstockage du site en cas de danger pour l’homme ou pour l’environnement.
Dès 2002, un incendie dans les galeries a interrompu les activités, révélant la fragilité du dispositif. Par la suite, les galeries ont continué à se dégrader, rendant le déstockage de plus en plus difficile techniquement.
Le choix du stockage définitif apparaît donc non pas comme une solution maîtrisée, mais comme une conséquence d’un échec technique et politique. Cette évolution constitue une rupture de confiance vis-à-vis des principes de précaution, en particulier pour les risques majeurs de fluage des poisons dans la nappe phréatique rhénane, la plus grande d’Europe occidentale et qui alimente en eau potable plusieurs millions de personnes en France et en Allemagne.
Dans ce contexte, choisir le stockage définitif revient à accepter un risque différé mais potentiellement catastrophique, au nom de contraintes techniques et budgétaires immédiates, à l’exact inverse du choix de l’Allemagne dans le cas similaire de la mine de Asse II.
Ce scandale StocaMine illustre une crise démocratique, ici comme outre-Rhin.
Depuis plus de vingt ans, élus locaux, associations environnementales et citoyens s’opposent majoritairement à l’abandon de la réversibilité.
Le choix du stockage définitif s’inscrit dans une logique de gestion immédiate des contraintes : coûts, sécurité des interventions, faisabilité technique. Toutefois, cette approche ignore largement les conséquences à très long terme.
En effet, les déchets enfouis resteront dangereux pendant des siècles, voire des millénaires. Les générations futures hériteront ainsi d’un passif environnemental lourd, sans possibilité d’intervention alors que déjà les conditions se dégradent.
Ce transfert de risque est profondément problématique. Il revient à considérer que l’incertitude future est acceptable, dès lors qu’elle permet d’éviter des difficultés présentes. Une telle logique est difficilement conciliable avec les principes de justice environnementale et de responsabilité intergénérationnelle.
C’est pourquoi, les groupes parlementaires de La France Insoumise et Die Linke demandent que soit abandonné ce choix irresponsable de l’irréversibilité et que toutes les mesures de déstockage des matières dangereuses soient entreprises sans délai.