De quoi le nouveau président du COR, Gilbert Cette, est-il le nom ?

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Un article du groupe thématique Emploi

Depuis le 31 octobre 2023, Gilbert Cette est nommé président du Conseil d’orientation des retraites (COR) en Conseil des ministres, en remplacement de Pierre-Louis Bras.

Le COR est l’instance nationale, en principe indépendante, dont l’objectif est de produire de la documentation pour assister le ou la Première ministre dans la détermination des grandes orientations stratégiques afférentes aux régimes de retraite.

Armé de l’indépendance de principe de l’institution qu’il présidait, Pierre-Louis Bras s’est particulièrement distingué au moment des débats portant sur la réforme des retraites, qu’Elisabeth Borne a fait passer au parlement à coup de 49-3  et qu’Emmanuel Macron a promulgué le 14 avril 2023.

En effet, à plusieurs reprises et notamment lors de son audition parlementaire au moment des discussions sur la réforme des retraites, Pierre-Louis Bras a jugé nécessaire de préciser que les dépenses de retraites étaient stables, voire diminueront dans trois des quatre scénarios travaillés par le COR.

Ainsi la réforme a pour effet de réduire les dépenses à court terme (2030), mais elle a aussi pour effet d’augmenter les dépenses à long terme (d’ici 2050). Son message était clair : s’il existe un problème de financement, il ne faut pas chercher du côté des dépenses mais des recettes. 

Cela n’a pas plu à Madame Borne, car il nuisait à sa campagne de valorisation de sa réforme, y compris dans son propre camp, puisque ces déclarations révélaient une hausse des dépenses contraire à l’objectif affiché : leur réduction. Elle affirmait d’ailleurs dans Le Parisien du 8 avril 2023 : « on doit au moins pouvoir être d’accord sur le diagnostic ».

En somme, ces révélations ont permis de confirmer que non contente d’imposer une réforme cruelle, elle imposait également une aggravation du déficit des caisses de retraites, et in fine, d’objectiver l’intention avant tout idéologique de ce gouvernement de livrer progressivement le système de sécurité sociale au secteur privé lucratif.

Pour éviter, à l’avenir, ce genre d’incongruité, Madame Borne a nommé un fidèle de la Macronie depuis 2017 : Gilbert Cette, qui considère sa réforme comme « très sociale ».

Cet économiste, obsédé par la productivité et la croissance, s’est particulièrement distingué par son engagement pour l’affaiblissement du droit du travail, et contre la hausse du SMIC.

Il préfigurait ainsi la réforme El Khomri de 2016 (réduction des majorations des heures supplémentaires, promotion du surtravail), et les Ordonnances Macron de 2017 (réduction des indemnités prud’homales, entraves au syndicalisme dans les PME, réduction des critères de pénibilité) à travers une note du think thank TerraNova.

Il recommandait même au gouvernement de s’abstenir de tout coup de pouce au SMIC en 2021, ou encore de mettre en place un SMIC par région et par âge, paré de son statut de président d’un « groupe d’experts » ad hoc.

De quoi Gilbert Cette est-il le nom ? Il est le nom du délit d’opinion, du crime de lèse-majesté, et d’un néolibéralisme sans borne.

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