Question écrite | La nécessité pour la France de quitter l’OTAN

M. Michel Larive attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la nécessité pour la France de quitter L’Organisation du traité Atlantique nord, la seule alliance militaire intégrée au monde. 

Ses membres cumulent plus de la moitié des dépenses militaires mondiales : 1035 milliards de dollars en 2020 dont 731 pour les seuls États-Unis d’Amérique. Elle aurait dû disparaitre à la fin de la guerre froide. Elle n’a au contraire eu de cesse depuis 30 ans de s’étendre et de vouloir justifier son existence, au risque d’exacerber les tensions. Entérinée sommet après sommet, l’extension permanente de ses champs d’action a amené l’OTAN à intervenir dans les Balkans, en Afghanistan, en Libye etc., sans garantir la paix dans le Monde et notre propre sécurité. Désormais l’alliance vise la Chine, pointée comme un « défi systémique ». Cet outil d’inféodation aux États-Unis suit les priorités fixées par ces derniers. Or, la France ne partage ni les intérêts stratégiques ni la vision du monde des États-Unis d’Amérique. Elle n’a aucun intérêt à se ranger dans un « bloc » belliciste contre la Chine et la Russie. La France a au contraire tout intérêt à parler de sa propre voix. C’est dans ce but, et pour éviter qu’elle soit mécaniquement impliquée dans un conflit qu’elle n’aurait pas souhaité, qu’en 1966 le Général De Gaulle a retiré le pays du Commandement intégré de l’OTAN. A l’époque, les atlantistes avaient garanti l’affaiblissement de la France. Au contraire, la diplomatie non-alignée qui s’en est suivie lui a permis de voir son influence progresser. Le retour en 2009 dans le commandement intégré a été une erreur. D’autant que dans le monde actuel, l’alignement sur les logiques de bloc a encore moins de sens que lors de la Guerre Froide. On peut aussi légitimement se poser la question de nos alliances stratégiques, lorsqu’on subit le revers humiliant que nous ont infligé le Royaume-Uni, les USA et l’Australie, trois de nos plus grands alliés, lors de la rupture de contrat de partenariat stratégique et militaire, concernant la vente de sous-marins à l’Australie.
Les alliances sont de plus en plus aléatoires, les contextes régionaux de plus en plus changeants, les défis communs, comme le changement climatique, de plus en plus pressants. La France jouit dans ce contexte d’un atout décisif qui est sa présence sur tous les océans. Son économie, sa souveraineté militaire, sa capacité à intégrer des coalitions sous mandat onusien, sa géographie et son rayonnement scientifique et culturel, en font une puissance mondiale.

Le Député Michel Larive demande à M. le Ministre, comment le France peut-elle concilier, comme le souhaite le Président de la République et sa majorité, la création d’une politique de défense européenne, avec l’intégration de ces mêmes armées européennes au sein de l’OTAN, sous la férule des Etats-Unis, qui n’ont eu de cesse, depuis le début du concept, de vouloir saborder toutes tentatives de construction d’une autonomie stratégique européenne ?