Mail de la direction générale de la santé aux soignants : l’hôpital coule, les soignants devront colmater !

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Un article du groupe thématique santé de la France insoumise

La direction générale de la santé (DGS) met en garde sur la situation actuelle, et elle s’annonce catastrophique avec deux mois d’avance. Depuis des années nos hôpitaux connaissent d’énormes tensions saisonnières, en hiver et en été. Aujourd’hui l’automne se mêle à la pagaille ! La crise est annoncée, le plan blanc est déclenché, demain il sera permanent.

Les soignants, épuisés par presque deux années de pandémie et par la casse régulière de l’hôpital public depuis des années, doivent maintenant rempiler une énième fois dans les mêmes conditions insupportables. Tenir à bout de bras les services d’urgences et l’hôpital public en continuant d’accumuler toujours plus d’heures supplémentaires, au prix de personnes brisées par le travail et d’arrêts maladie en croissance perpétuelle.

Le plan proposé par la direction générale de la santé, sous l’autorité du ministre de la Santé, pour tenter de limiter le krach hospitalier, est très inquiétant.

D’abord faire appel aux soignants encore en formation. L’habitude de rendre corvéable à merci les étudiants en santé détourne un trop grand nombre de jeunes soignants de leur vocation, aggravant ainsi le problème.

Ensuite, demander toujours plus d’efforts à ceux qui exercent en dehors de l’hôpital pour renforcer les effectifs alors qu’ils sont eux-mêmes débordés. L’habitude de solliciter ceux qui sont déjà saturés par leurs activités ne fait que renforcer l’hémorragie de soignants. Rappelons que plus de 180 000 infirmiers ont décidé de changer de métier dans notre pays.

Enfin en cas d’échec des deux premiers dispositifs, ne pas hésiter à employer la coercition en réquisitionnant les intérimaires, les libéraux et tous les soignants potentiels par le préfet, sans oublier de rappeler les retraités à la rescousse. L’habitude d’employer la force ne fait que renforcer la défiance à l’égard d’un système à bout de souffle.

Tout ceci s’apparente à un manque d’anticipation doublé d’un manque de considération démesuré. Nos soignants, à bout, vont encore devoir colmater les brèches de l’hôpital qui coule au détriment de leur propre santé. Pire, la note de la DGS fait peser le poids de la responsabilité du désastre sanitaire annoncé sur les soignants dans une immonde injonction : sacrifiez-vous pour sauver des vies.

Aucune leçon de la crise du Covid-19 n’a été retenue : on manquait de lits, on continue d’en fermer ; on manquait de personnel soignants, le Ségur de la santé les a méprisé ! La politique du gouvernement sur l’organisation de notre système de soins est un échec cuisant !

Courage à nos soignants qui tiennent bon, et qui malgré ce mépris total affiché depuis de longues années par les gouvernements successifs, luttent encore afin de maintenir des soins de qualités.

Pour en finir avec ces situations insupportables, notre programme l’Avenir en commun prévoit :

  • De revenir sur les fermetures de lits.
  • De revaloriser les métiers du soin et leurs revenus.
  • D’organiser un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin ainsi que du médico-social.
  • De réformer la formation afin d’augmenter le nombre de médecins et de soignants.
  • De déployer pour l’hôpital public une politique volontariste accordant tous les moyens financiers nécessaires pour augmenter les capacités d’accueil des hôpitaux.
  • De soutenir les soins primaires (en ville) en déployant massivement des réseaux de centre de santé pluridisciplinaire.
  • De sortir la santé des logiques de marché.
  • De lancer une réforme des financements pour supprimer la tarification à l’acte

Toutes ces mesures sont nécessaires et urgentes pour permettre des soins de qualité et s’assurer que la santé reste notre bien commun.
Nous ne perdrons pas de temps en 2022 !