Question écrite - Levée du blocus de Gaza

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur telegram
Partager sur email

Mme Bénédicte Taurine interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la levée du blocus de Gaza. Depuis 2007, l’État d’Israël a instauré un blocus à Gaza. Ainsi, depuis quatorze ans, 2 millions de gazaouis sont retenus de force dans un territoire de 360 km² soit une densité de 5 479 hab./km2.

Comme M. le ministre le sait, cette politique belliciste est contraire au droit international, plus précisément à l’article 33 de la quatrième convention de Genève qui stipule qu’ « aucune personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu’elle n’a pas commise personnellement. Les peines collectives, de même que toute mesure d’intimidation ou de terrorisme, sont interdites ». 

La situation est dangereuse car elle remet en cause la légitimité de l’ONU. En effet, chacun peut constater son incapacité à faire pression sur Israël pour mettre fin à ce blocus mortifère. De plus, la situation est dramatique à tous les niveaux. Ce blocus a détruit toutes les capacités de production locale de richesse et l’embargo sur ce territoire prive les gazaouis de certains produits essentiels comme les médicaments. 

En effet, plus de 50 % des médicaments de base sont inaccessibles, 65 % des cancéreux sont privés de traitement et une grande partie des interventions chirurgicales ne peuvent pas être effectuées. Les pénuries chroniques de produits alimentaires, d’énergie et de produits de santé tuent les habitants. Israël a également délimité la zone de pêche au large de la bande de Gaza entre 9 et 12 miles nautiques alors que partout dans le monde ces zones s’étendent sur 200 miles nautiques. 

Quand bien même le Gouvernement israélien étendrait cette zone, les bateaux gazaouis ne peuvent dépasser quelques miles nautiques puisqu’il est impossible d’importer du matériel de pêche et de moderniser l’équipement. Aujourd’hui, il n’y a plus que 3 500 pêcheurs, parmi lesquels 95 % vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 5 euros par jour), contre 50 % en 2008. 

Enfin, c’est un désastre géopolitique qui encourage l’instabilité dans la région du Proche-Orient, de même que les heurts déséquilibrés à répétition entre la population Gazaouite et Israël. 

Ainsi, elle l’interpelle sur le manque de volonté politique du Gouvernement concernant la levée du blocus de Gaza et demande une clarification de la politique étrangère de la France sur le sujet.