Communiqué de presse. Expulsions à la chaîne à Montpellier : à quoi joue le Préfet ?

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Hier à 6h30 du matin, sur ordre du Préfet de l’Hérault, deux familles albanaises qui occupaient l’ancien bâtiment des douanes, situé 13 rue Rigaud ont été expulsées.

Cette décision soudaine et incompréhensible a été prise sans concertation avec les associations et la Mairie de Montpellier qui accompagnaient pourtant ces familles, en lien avec les services de la Préfecture.

Les parents et les quatre enfants d’une des deux familles ont été immédiatement reconduits en Albanie par avion. Le bébé de 14 mois avait une place en crèche, la jeune fille de 14 ans était scolarisée au Collège des Aiguerelles, les deux aînés, des jumeaux de 18 ans, suivaient des études en baccalauréat professionnel au Lycée Léonard de Vinci et le père travaillait régulièrement. En France depuis 5 ans, cette famille était éligible à la Circulaire Valls et avait fait une demande de titre de séjour au mois de septembre.


La seconde famille a fait l’objet d’une procédure d’Obligation de Quitter le Territoire Français et a été placée en Centre de Rétention Administrative.

Selon les associations et la Mairie, ces familles devaient être relogées dans les jours à venir dans des logements mis à disposition par la ville de Montpellier.

Depuis quelques temps les expulsions sur ordre de la préfecture se multiplient et interrogent légitimement sur les priorités de l’État et le message qu’il transmet ainsi aux montpelliérains. 

Si l’objectif est de faire comprendre aux plus fragiles et aux plus démunis qu’ils vivront désormais la peur au ventre et que Montpellier n’est plus une terre d’accueil : nous ne le tolérerons pas ! Il faut aussi que l’État entende le message de tous ceux qui luttent pour la fraternité et le vivre ensemble.

À l’heure où la confiance entre les institutions et la population ne cesse de se dégrader, le Préfet et à travers lui l’État, doit cesser ces expulsions inhumaines et devrait plutôt tout mettre en oeuvre pour réduire la précarité, agir pour que chacun ait accès à un logement digne et travailler au vivre ensemble au lieu de diviser les gens.