Bibliothèques : le bilan de la majorité suite au rapport Orsenna laisse à désirer

Intervention de Michel LARIVE dans le cadre de la mission flash des suites données au rapport Orsenna-Corbin de 2018 sur les bibliothèques (présentée par Mmes Aurore Bergé et Sylvie Tolmont, rapporteures).

« Lors de la présentation du rapport Orsenna-Corbin en 2018 sur les bibliothèques, le Président de la République déclarait : « l’excellence culturelle, ce n’est pas une promesse, c’est un engagement ». Trois ans après, force est de constater que ses déclarations d’intention ne se sont pas traduites par des mesures concrètes.

Ce rapport évoque d’ailleurs plusieurs pistes en faveur des bibliothèques, sans qu’aucun plan de financement pour les accompagner ne soit prévu. Il propose des « mutualisations » en tout genre, signifiant généralement, depuis l’arrivée de cette majorité au pouvoir, une diminution des moyens globaux alloués aux services publics. Madame NYSSEN n’avait pas caché ses intentions en affirmant sa volonté « d’accompagner les collectivités territoriales volontaires dans une transformation des bibliothèques en maisons de service public culturel de proximité ». Elle faisait ici référence aux maisons « France Service », qui concentrent les services publics en un seul endroit, pour mieux les fermer là où ils se trouvaient. 

De plus, si ce rapport était appliqué tel que présenté, il conduirait à la précarisation des travailleurs des bibliothèques. Le recours aux contrats partiels et précaires qu’il suggère, n’est pas concevable. C’est méconnaitre les personnes dont le métier est d’être bibliothécaire que de penser qu’ils sont remplaçables par des jeunes gens sans qualification spécifique, ni expérience dans ce secteur.

En clair, le bilan de la majorité suite au rapport Orsenna laisse à désirer. Les crédits sont toujours très insuffisants. L’infime hausse que vous avez évoquée n’a profité qu’aux extensions d’horaires, sans dépenses d’investissement, au détriment des personnels et sans produire d’effet sur la réduction des inégalités territoriales.

Ceci s’explique par une logique stérile du « faire mieux avec moins », qui ne saurait permettre la démocratisation souhaitée de l’accès à nos bibliothèques. Croyez-vous, Mesdames les rapporteures, que vous puissiez parvenir à vos objectifs, sans véritables investissements budgétaires et sans recruter des bibliothécaires de métier en nombre suffisant ? »