Coup d’État en Birmanie : la junte militaire bride Internet et porte atteinte à la liberté d’expression

Un article du groupe thématique numérique de la France insoumise

Le 1er février 2021, la junte militaire birmane dirigée par le chef de l’armée Min Aung Hlaing a initié un coup d’Etat contre Aung San Suu Kyi. Alors que les manifestations furent nombreuses à Rangoon, les généraux putschistes censurent les réseaux sociaux portant ainsi atteinte au droit à la liberté d’expression sur Internet.

Depuis la semaine du 1er février, des coupures internet majeures ont été commanditées par les autorités « jusqu’à nouvel ordre » selon l’ONG NetBlocks et confirmé par Telenor, société norvégienne qui est un des principaux opérateurs de télécommunications en Birmanie. Les accès à Twitter et Instagram ont été volontairement restreints afin de faire taire la contestation, en vain. Sur les réseaux sociaux, fleurissent les hashtags#WeNeedDemocracy, #HeartheVoiceofMyanmar et #Freedomfromfear, de nombreux birmans ayant recours à des VPN pour contourner les restrictions géographiques.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a pourtant adopté le 5 juillet 2012 une résolution reconnaissant le droit à la liberté d’expression sur internet. Les droits s’appliquant hors ligne doivent pouvoir être protégés en ligne au travers de n’importe quel média et indépendamment des frontières. Tous les États doivent ainsi coopérer pour promouvoir et faciliter l’accès à Internet, le développement des médias et communications.

La liberté d’expression est un droit humain fondamental, pilier de toutes les libertés civiques. Cœur de toute démocratie, elle permet aux individus de profiter de plusieurs autres droits majeurs. Sabrer cette liberté, c’est sabrer toute perspective d’avenir serein au sein de l’État-nation. 

En plus d’une résolution forte de la part de l’Union européenne et de l’ONU, le royaume de Norvège, classé n°1 au classement mondial de la liberté de la presse 2020 (RSF, 2020), doit prendre ses responsabilités et redoubler de vigilance quant au bridage des services Telenor en Birmanie.