Couvre-feu : Macron piétine le monde de la culture

Un communiqué du groupe thématique Culture de La France insoumise

Emmanuel Macron a décidé d’instaurer un couvre-feu entre 21h et 6h du matin pour au moins quatre semaines. À la planification et à la nécessaire augmentation des moyens de nos services publics pour lutter contre l’épidémie, le Président a préféré choisir de tordre la vie quotidienne des Français·es pour qu’elle ne soit consacrée qu’au travail. Cette décision est prise alors même que ce sont dans des lieux diurnes que naissent la plus part des foyers de contamination : à l’école, à l’université et justement dans les entreprises.

Leur saison à peine reprise et encore très fragilisé·es par des mois de fermeture et des années d’austérité, les lieux et travailleur·euses du spectacle vivant (ainsi que du cinéma ou d’autres espaces artistiques et culturels ouverts après la journée de travail) se préparent à ne plus pouvoir accueillir de public en soirée. Cette décision a une nouvelle fois été prise sans aucune concertation avec les professionnel·les des secteurs concernés, ce qui les contraint brutalement à devoir chambouler l’organisation de leur travail en moins de 48h.

Alors que les arts et la culture ont montré depuis le début de la crise leur importance capitale pour permettre aux citoyen·nes de traverser la période dans laquelle nous nous trouvons, l’application stricte du couvre-feu entraînement une nouvelle fermeture de ces lieux est une faute politique grave. Elle caractérise le projet qu’Emmanuel Macron et ses prédécesseurs ont pour les arts et affaires de l’esprit et des sens : un sujet secondaire, toujours sacrifiable tant qu’il s’agit de faire fonctionner l’économie au service des plus riches et au détriment de l’intérêt général.

Ce pourquoi, en renouvelant la confiance que nous avons envers les professionnel·les des arts et de la culture et en rappelant qu’aucun lieu de spectacle vivant n’a été foyer de contamination, La France insoumise propose que tout ticket d’entrée pour assister à tout événement culturel respectant les normes sanitaires fasse office de laisser-passer une fois l’heure du couvre-feu dépassée afin de permettre aux spectateur·ices de rentrer chez eux après une représentation. Pour les travailleur·euses de l’art, nous proposons qu’il en soit de même avec les contrats de travail. De même, des aides conséquentes et planifiées doivent être mises en place pour permettre à l’ensemble des structures et travailleur·euses, salarié·es, indépendant·es ou autres, à ne pas souffrir encore plus de la situation. En ce sens nous nous joignons à l’ensemble des revendications de la CGT spectacle sur la situation.

Les lieux artistiques culturels font preuve d’un sérieux et d’une adaptabilité exemplaires depuis le début de la crise. Nous saluons encore une fois le calme qui guide leur action depuis l’annonce des nouvelles restrictions sanitaires en ayant pour une grande majorité annoncé travailler à proposer des horaires adaptés au lieu d’annuler leur programmation. Nous ne pouvons pas infliger au travailleur·euses de l’art un nouveau bouleversement de leurs conditions de travail et par la même priver encore plus de citoyen·nes de leurs propositions.