Le déconfinement à l’heure des quartiers populaires

Article rédigé par le groupe thématique « Quartiers populaires, quartiers solidaires » de La France insoumise. Vous aussi, rejoignez un groupe thématique.

Pour les habitant·es des villes et des quartiers populaires, deux facteurs cumulatifs aggravent leur situation économique et sociale.

Premièrement, la précarité des emplois : autoentrepreneuriat, intérim, petits boulots, temps partiel, vacations, apprentissage, contrats précaires placent les foyers dans une situation financière catastrophique. La précarité de l’emploi est aggravée par le manque de « matelas de sécurité » sur des comptes d’épargne ou des comptes courants, susceptibles d’amortir la baisse ou l’absence de revenus. Tout au contraire, la réalité quotidienne est scandée par les frais bancaires à chaque incident de paiement. Les classes sociales modestes marchent en permanence au bord du gouffre.

Second phénomène, connu lui aussi de longue date : la question du non-accès aux droits. Qu’il soit dû à la complexité des procédures, à l’appréhension du tout numérique, à des erreurs de traitement ou, tout simplement, à la méconnaissance des dispositifs. Ce phénomène touche tout particulièrement là encore les classes populaires. À la perte de revenus vient s’ajouter la non-perception des aides pourtant prévues à cet effet.

Face à cette double peine, de nombreux·ses citoyen·nes, collectifs, associations et collectivités locales tentent d’apporter une aide de première urgence, notamment alimentaire. Toutes celles et ceux qui participent à cet élan de solidarité constatent d’ailleurs, semaine après semaine, parfois jour après jour, l’aggravation de la situation. Un élan louable mais qui ne peut perdurer, ni surtout se substituer à la mise en œuvre de dispositifs institutionnels.

Il revient donc au gouvernement de prendre une série de mesures d’urgence, et surtout de s’assurer de leur mise en œuvre. Il s’agit notamment :

  • De surseoir à la perception des loyers ou pour le moins d’établir au cas par cas un étalement du règlement. En gelant, immédiatement, toutes les procédures de recouvrement.
  • De suspendre les remboursements d’emprunts, notamment immobiliers pendant une période minimale de 90 jours.
  • D’interdire les frais bancaires pour motif de découvert ou d’incident de paiement.
  • De sanctuariser le versement des allocations et aides publiques aux ménages modestes.
  • De compenser les pertes de revenus relatifs à la diminution ou la suppression des contrats de travail précaires (missions, intérim, vacations) ou aux pertes constatées pour les indépendant·es, artisans et autoentrepreneur·ses.
  • D’allouer une aide financière exceptionnelle visant à compenser le surcoût alimentaire induit par le maintien des enfants au sein des foyers.

L’ensemble de ces mesures doivent s’accompagner de la mise en place d’instances locales de suivi social, en lien avec les collectivités, les associations, les CAF et Pôle Emploi. Avec pour objectif final, l’automaticité du versement des aides, sur la base des conditions de ressources et quotients familiaux.

Pendant la crise du Coronavirus, les groupes thématiques de la France insoumise ont décidé d’apporter leur contribution à travers des réflexions sur la situation actuelle. Chaque jour, un ou plusieurs articles d’analyses seront produits par un des groupes thématiques. Retrouvez ces productions sur la page de l’espace programme.