Rencontre avec une délégation tunisienne d’Euromed Droits

dans Bastien Lachaud, Nos parlementaires

Mercredi 6 mars, Bastien Lachaud, membre du groupe d’amitié France-Tunisie, a reçu à l’Assemblée nationale une délégation tunisienne d’Euromed Droits composée de Mmes Salsabil Klibi, Lilia Rebaï et MM. Ramy Salhi et Mohamed Limem. Cette organisation rassemble de très nombreuses associations de défense et promotion des droits humains en Europe et tout autour de la Méditerranée.

La rencontre a permis d’évoquer les relations de la Tunisie avec la France et l’Union Européenne. Interrogé sur l’accord de libre-échange en cours de négociation entre l’UE et la Tunisie et qui pourrait être signé en 2019, Bastien Lachaud a présenté les arguments de la France insoumise contre ce genre d’accords. Ils nuisent systématiquement à l’économie des pays signataires, portent atteinte à leur souveraineté et contribuent à l’aggravation de la pollution et du dérèglement climatique. Dans le cas de la Tunisie, l’Accord de Libre-Echange Complet et Approfondi (ALECA) menace en particulier l’agriculture locale qui devrait faire face à la concurrence des excédents agricoles produits en Europe.

Les représentant·e·s d’Euromed Droits ont aussi fait part de leur inquiétude face à l’augmentation des droits d’inscription à l’Université pour les étudiant·e·s étranger·e·s décidée par le gouvernement français. Bastien Lachaud leur a confirmé l’opposition résolue de la France insoumise à cette mesure injuste qui préfigure la hausse des frais d’inscription pour tou·te·s les étudiant·e·s, et qui nuira aux étudiant·e·s étranger·e·s, aux universités françaises et même à toute la francophonie.

Les échanges ont ensuite porté sur la question des migrations et en particulier de l’accord en cours de négociation avec l’Union Européenne pour faciliter l’octroi de visas aux ressortissant·e·s tunisien·ne·s. Dans l’état actuel, cet accord serait en-deçà de l’accord existant entre la France et la Tunisie sur ce sujet et auquel il se substituerait. Bastien Lachaud a proposé d’interroger le gouvernement français sur ce sujet et présenté le contre-projet de loi de la France insoumise pour un accueil digne des migrant·e·s et la lutte contre les causes des migrations forcées.

L’entretien s’est clos en évoquant le statut particulier au sud de la Méditerranée de la jeune démocratie tunisienne. Chacun·e s’est accordé à dire que le processus de démocratisation du pays méritait d’être soutenu et que les obstacles qu’il risque encore de rencontrer demeurent sérieux. Parmi eux l’insécurité qu’induit la déstabilisation de la Libye est particulièrement important. Bastien Lachaud a souligné à ce sujet la responsabilité de la France dans cette situation puisque Nicolas Sarkozy a joué un rôle déterminant dans l’intervention militaire de 2011.