Le gouvernement français doit permettre la libération de Georges Ibrahim Abdallah

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Communiqué de presse du groupe parlementaire France insoumise

La France détient un bien triste record en comptant au nombre de ses détenus le plus ancien prisonnier politique d’Europe. A 67 ans, Georges Ibrahim Abdallah a passé près de la moitié de sa vie dans la prison de Lannemezan, près de Tarbes.

Militant communiste libanais engagé dans la défense de la cause palestinienne, il est arrêté en 1984 et condamné en 1986 à quatre ans de prison pour détention d’arme et usage de faux papiers. De nouveau jugé en 1987, malgré ses dénégations, pour complicité d’assassinat, il est condamné à la perpétuité. Et alors qu’il est pourtant libérable depuis 1999, voit son cas faire l’objet, année après année, d’une sévérité qui confine à l’acharnement politique.

Alors qu’à trois reprise, sa libération a été accordée par la juridiction compétente, par trois fois le gouvernement a choisi de s’y opposer. Après que Dominique Perben, Garde des Sceaux en 2002, a fait appel de la décision actant pour la première fois sa libération, c’est Manuel Valls, ministre de l’Intérieur en 2013 qui refusait de signer un arrêté d’expulsion, unique condition à sa libération. Le même constat s’impose en 2014 : le jugement de libération de M. Abdallah est annulé en l’absence d’un arrêté d’expulsion, et ce alors même que le Liban se déclare prêt à l’accueillir.

La question se pose, lancinante pour celui qui attend en cellule depuis 35 ans maintenant, et pour toutes celles et ceux, démocrates et humanistes dont nous sommes : qu’est-ce qui pousse le gouvernement à lui refuser systématiquement ce que la justice lui accorde ?

A la suite de beaucoup d’autres parlementaires, français·es et européen·nes, nous, député·es du groupe de La France Insoumise, appelons le Président Macron à l’approche de sa rencontre avec le président libanais Michel Aoun, à reconsidérer la position des autorités française quant au sort qui est fait à M. Abdallah, en s’assurant qu’aucune décision ministérielle ne viendra plus désormais contrevenir à un jugement qui lui aura été favorable.