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« Grand débat » : communiqué des candidat·e·s marseillais·es

dans Bernard Borgialli, Prune Helfter-Noah, Sébastien Delogu​

Marseille, lundi 14 janvier 2019,

Après 9 semaines de mobilisation, le Président de la République écrit une lettre qui nie les revendications essentielles de la population. La France insoumise soutien l’action pacifique et déterminée des « Gilets jaunes » dans la construction d’un Acte 10.

Samedi 12 janvier 2019, à Marseille comme partout en France, l’Acte 9 du mouvement des « gilets jaunes » a démontré que la mobilisation connaît un nouveau regain. Contrairement à ce qu’espéraient monsieur Macron et son gouvernement, largement relayés par le système médiatique, le mouvement est loin de s’essouffler ou de se diviser. C’est ainsi que des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Marseille, joyeusement et pacifiquement, sans se laisser manipuler par les annonces trompeuses du Président de la République, ni impressionner par les intimidations sécuritaires de son ministre de l’Intérieur.

Le pari de la démobilisation fait par le gouvernement pendant les vacances de Noël semble perdu, car le mouvement des « Gilets jaunes » soulève en réalité des questions sociales et institutionnelles qu’une immense majorité de français·es se pose désormais avec lucidité : le pouvoir d’achat, les salaires, les retraites, la justice fiscale, et désormais la 5e République avec l’exigence du « RIC » (référendum d’initiative populaire).

Avant même d’avoir commencé, l’imposture du « grand débat » voulu par le président-monarque est largement établie : les arrières pensées et le mauvais esprit de cette opération politicienne sont déjà mis en évidence, et surtout, chacun·e a bien compris que, quelles que soient les questions qui pourraient surgir de ce débat, monsieur Macron et son gouvernement ne changeront pas de politique. Ils ont la ferme intention de poursuivre leur entreprise de démolition de l’Etat et des services publics, d’accentuer le transfert continu des revenus du travail vers ceux du capital, et d’imposer des réformes régressives des retraites et de la protection sociale. Nous saluons la force tranquille des « Gilets jaunes » qui ont subi sans faiblir depuis huit semaines une répression à outrance (des dizaines de blessé·e·s graves, des milliers d’arrestations arbitraires, des gardes à vue abusives, l’utilisation d’armes proches des armes de guerre, de véhicules militaires blindés dans nos villes). Nous soutenons le sang froid des « Gilets jaunes » qui tiennent tête au dénigrement systématique dont ils font l’objet, notamment dans ces médias qui se jettent avec une gourmandise indécente sur les comportements regrettables qui se produisent aux marges des cortèges, dans ces médias qui exploitent sans discernement les actes violents et isolés, que la très grande majorité des « Gilets jaunes » condamne pourtant, comme nous le faisons à chaque fois. C’est dans ce contexte que la France insoumise dénonce les agissements qui ont eu lieu à Marseille en fin de manifestation, et qui n’ont rien à voir avec l’état d’esprit qui a régné tout l’après-midi. Chercher à faire passer les « Gilets jaunes » dans leur globalité pour une fédération de bandes violentes, factieuses et putschistes (« les populistes »), pour une conjuration de groupuscules racistes et anarchistes (« les extrêmes ») ou encore pour des assemblées d’imbéciles, en quête de réconfort sur les ronds-points et incapables de s’entendre sur leurs revendications ou leurs porte-paroles, est inacceptable… Que cesse ce dénigrement !

En pleine conformité avec leurs valeurs sociales, démocratiques, écologiques et fraternelles, les insoumis·es de Marseille et sa région se sont, dès le début, mis au service de ce mouvement, respectant scrupuleusement son indépendance, adoptant ses rythmes et ses formes. Nous poursuivrons dans ce sens lors des prochaines semaines, et nous appelons les militant·e·s et sympathisant·e·s, les électrices et les électeurs insoumis·es de notre région à se rendre disponibles pour aider au développement de ce mouvement citoyen, déterminé et pacifique, autant qu’ils le sont déjà pour d’autres luttes sociales, démocratiques et écologiques tout aussi légitimes.

Marseille, lundi 14 janvier 2019

Bernard Borgialli, Sébastien Delogu, Prune Helfter-Noah candidat·e·s marseillais·es LFI aux élections européennes, Sophie Camard, coordinatrice de la campagne européenne de la LFI à Marseille.