Les enfants handicapés, sacrifiés par En Marche

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Le 11 octobre 2018, les parlementaires d’En Marche ont rejeté une proposition de loi déposée par le groupe Les Républicains, que La France Insoumise avait souhaité soutenir. Au-delà des divergences partisanes, nous étions d’accord sur certaines pistes pour améliorer l’accompagnement les enfants handicapés en milieu scolaire : créer un statut unique « d’accompagnant à l’inclusion scolaire » mieux payé que les auxiliaires ou les accompagnants actuels, et développer une approche commune aux différentes structures d’accompagnement (l’extra-scolaire, le périscolaire et le scolaire). Mais cette démarche s’est heurtée au sectarisme des députés En Marche. François Ruffin a ensuite publié les noms de tous les députés En Marche qui ont voté contre lors de ce scrutin public. Plusieurs d’entre eux se sont fâchés… à l’idée que leurs électeurs sachent ce qu’ils ont voté ! Des associations de parents d’élèves ont souligné l’hypocrisie du gouvernement et de ses playmobils parlementaires.

Un parlementaire d’En Marche s’est illustré par ses attaques contre notre proposition. Adrien Taquet s’est fendu d’une tribune contre la proposition de loi, qu’il qualifie d’inutile, voire même de dangereuse (!). Pourtant, ce député… ne s’est même pas rendu à la commission parlementaire du 3 octobre en charge de son examen.

Le bilan du gouvernement et des députés sur la question de l’accompagnement des enfants handicapés est catastrophique. Le service de communication d’En Marche (dénué de toute équipe programmatique ou de réflexion…) raconte que le nombre d’auxiliaires de vie scolaire a augmenté. Ce qui est vrai… mais au prix d’une diminution du nombre d’heures d’accompagnement ! Le gouvernement embauche plus de gens pour accomplir moins de suivi ! Il tente de faire du chiffre avec le nombre d’auxiliaires, mais de nombreux postes sont à temps partiel.

L’austérité budgétaire frappe particulièrement les enfants en situation de handicap, car les structures d’accueil pour rééducation sont progressivement fermées par souci d’économie. Suite aux coupes financières, certaines collectivités réaffectent les fonds prévus pour les personnes handicapées à d’autres missions. C’est le cas de la région Île-de-France, qui finance les autoroutes avec les fonds handicap !

En outre, les enfants d’aujourd’hui sont de futurs salariés. Et ils subiront une double peine : pénalisés aujourd’hui dans leur scolarité, ils seront aussi pénalisés demain par la suppression de la prime d’activité pour les travailleurs handicapés, puis pénalisés à l’heure de s’installer de manière autonome, puisque le gouvernement a supprimé l’obligation pour les appartements nouvellement construits d’être accessibles aux personnes handicapées (loi ELAN).

La conséquence de cette politique gouvernementale est d’empêcher les parents d’élèves handicapés de travailler à temps plein, exposant ces enfants à des risques de pauvreté et réduisant leurs chances d’accéder à l’autonomie personnelle et financière.