68,5 millions de personnes déracinées dans le monde en 2017

Mme Clémentine Autain appelle l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation des personnes déracinées dans le monde.

D’après le rapport annuel du HCR, le monde compte 68,5 millions de personnes déracinées en 2017 : 40 millions de déplacés internes, 25,4 millions de réfugiés, qui ont fui leurs pays pour échapper aux conflits et à la persécution, soit un accroissement de 2,9 millions de personnes par rapport à 2016 et 3 millions de demandeurs d’asile.

Aujourd’hui, une personne sur 110 est déplacée dans le monde. 1,7 million de demandes d’asile ont été déposées, dont 198 000 en Allemagne ou 100 412 en France. 43 000 personnes ont été placées sous la protection de l’Ofpra en 2017. Mais malgré les polémiques, les pays du Nord ne sont pas ceux qui accueillent le plus de déracinés. 85 % des réfugiés vivent dans les pays du Sud, comme la Turquie, le Pakistan, l’Ouganda, le Liban ou l’Iran. Cette situation découle du renoncement de l’Union européenne et de la construction d’une forteresse européenne.

La philosophie de la politique européenne est aujourd’hui centrée sur la détention et l’expulsion de populations victimes de guerre. Pourtant, comme l’a rappelé le défenseur des droits Jacques Toubon, l’idée de submersion migratoire est fausse : sur les trente dernières années, le solde migratoire en France est nul. L’accord passé avec la Turquie, la volonté de désigner des « pays tiers sûrs » ou la mise en œuvre de hotspots aux portes de l’Union européenne font honte à l’idéal européen. Pourtant, la personne candidate à l’asile dans un pays européen doit avoir les mêmes chances quel que soit le pays d’accueil, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il faut sortir d’un système opaque, qui dépend avant tout de considérations stratégiques et politiques qui n’ont rien à voir avec la convention de Genève.

Clémentine Autain demande au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de mettre en place une politique ambitieuse, pour honorer le devoir d’humanité et prendre notre part de l’accueil de personnes fuyant la guerre et la misère, battre en brèche les idées xénophobes.