Question écrite sur les inégalités en Seine-Saint-Denis

dans Clémentine Autain, Nos parlementaires
Question de la députée Clémentine Autain au Ministre de la cohésion des territoires sur l’inégale présence de l’État et des pouvoirs publics sur le territoire national et tout particulièrement en Seine-Saint-Denis .

Les conséquences de ce désengagement de l’État sont terribles : le taux de pauvreté s’élève à 27,8 % et le taux de chômage y est de 12,1 %, bien plus important que sur l’ensemble de la France. Pourtant, ce territoire extrêmement jeune et dynamique regorge de potentialités encore non exploitées, comme le prouve le nombre d’entreprises créées chaque année. Malgré cela, l’engagement de l’État demeure bien trop faible au regard de l’ensemble des secteurs encore défaillants aujourd’hui dans ce département.

L’école, la justice, la tranquillité

L’école en est un. En 2014, la moitié des enseignants contractuels employés en France se trouvaient en Seine-Saint-Denis. Le non-remplacement des enseignants fait perdre, entre le début de la maternelle et la fin du collège, une année entière à chaque élève du département. Et dans le même temps, le ministère de l’éducation nationale consacre 2 860 euros à cet élève, contre 3 134 euros pour un élève scolarisé à Paris. La justice n’est également pas épargnée. Les justiciables doivent attendre 11 mois avant de voir une affaire jugée devant un tribunal de grande instance et même plus de 3 ans et demi pour les affaires pénales. Les 8 tribunaux d’instance de Seine-Saint-Denis, confronté à un manque de greffiers, sont dans le rouge : 8 774 cas sont encore en affaire de jugement depuis 2016. Le tribunal d’Aubervilliers, particulièrement touché, a dû fermer son accueil au public pendant plusieurs mois. Jusqu’à 2016, alors qu’il fallait 2 mois à Paris pour entamer un divorce, il en fallait 12 en moyenne à Bobigny. Bobigny, un tribunal indigne de la République française, régulièrement sous les eaux en cas d’intempérie. Enfin, les moyens alloués à la police nationale ne sont aujourd’hui pas suffisants pour permettre aux policiers d’effectuer leur mission : la Seine-Saint-Denis compte 250 policiers et gendarmes pour 100 000 habitants, quand Paris compte 500 policiers et gendarmes pour 100 000 habitants.

Les citoyens de Seine-Saint-Denis ne sont pas des citoyens de seconde zone

On touche ici au cœur du contrat social passé entre l’État et les habitants de Seine-Saint-Denis. Conséquence directe de ce manque de moyens, ceux-ci se considèrent à la lumière de ces défaillances comme des citoyens de seconde zone. Pourtant, comme dans l’ensemble du territoire, les habitants de Seine-Saint-Denis ont droit à l’égalité et à une vie digne. Clémentine Autain demande au ministre de mettre en place un plan de rattrapage pour la Seine-Saint-Denis, à la hauteur des nombreuses inégalités constatées, inégalités qui ne cessent de se creuser. Les habitants de la Seine-Saint-Denis ne veulent plus être les grands oubliés de la République française.