Bataille pour l’audiovisuel : le démantèlement de France Télévisions

dans #Desintox

Les journalistes des rédactions de France Télévisions (France 2, France 3, france.info…) viennent de voter à 84% une motion de défiance contre la présidente du groupe, Delphine Ernotte. Trois syndicats – CGT, FO, SNJ – appellent à un jour de grève.

France Télé est en effet engagée, de longue date, dans une dégradation de ses moyens et de la qualité de ses programmes, particulièrement sensible et visible en matière d’information. Même s’il subsiste quelques exceptions remarquables, comme les enquêtes de Cash Investigation.

La majorité La République en Marche a adopté un budget en réduction de 50 millions pour France Télévisions en 2018. Mme Ernotte prévoit de supprimer l’an prochain 180 postes dont 30 dans l’information. Dans un premier temps, il était même prévu de réduire la diffusion des magazines d’investigation Envoyé spécial et Complément d’enquête… alors que pendant ce temps, des propagandistes politiques et manipulateurs ont liberté absolue de déverser des mensonges, en l’absence de tout Conseil de déontologie du journalisme, que nous réclamons.

Un document de travail du gouvernement révélé par Le Monde précise les pistes à l’étude, toutes austéritaires et inquiétantes pour le pluralisme des médias publics : fusion France Télé/ Radio France (hello l’ORTF!), y compris les réseaux locaux de France bleu et France 3 et la fermeture de ceux de France 2, suppression de France Ô la chaîne des outre-mers, placardisation sur internet dr France 4 et du Mouv’,… Pas étonnant que les journalistes n’aient pas confiance – surtout que l’Elysée pilote tout cela en direct. La semaine passée, Emmanuel Macron s’est publiquement exprimé sur le sujet, qualifiant l’audiovisuel de « honte ».

La France insoumise veut une réforme du secteur des médias, mais diamétralement opposée à celle de Macron : plus d’indépendance, plus de moyens pour assurer la qualité de l’audiovisuel public, moins de publicité. Mais la liberté de l’information ne peut attendre. Pour défendre dès maintenant un pluralisme d’information bien mal en point dans notre pays, nous soutenons la création du Média. Soyez propriétaires de votre télé, devenez socios du Média !