L’article le plus aberrant - #JLMDésintox

Dans la revue Contrepoints, Hector Allain publie ce pamphlet caricaturant à l’extrême nos positions. Cherchant a mettre en avant « les 10 pires conséquences du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2017 », il multiplie les simplifications, fantasmes et mensonges à propos du programme de la France Insoumise. Nous répondons point par point à ces dix arguments fallacieux, afin de le rassurer… Il ne doit pas croire lui-même pas un mot de ce qu’il écrit !

1. « Le pouvoir d’achat ne s’améliorerait pas » : FAUX !

Ce point est détaillé dans l’émission spéciale sur le chiffrage diffusée le 19 février dernier et consultable sur YouTube. Le smic augmentera de 15 % et c’est une hausse immédiate pour 2 à 3 millions de salarié·e·s. Tout d’abord, le smic est automatiquement revalorisé chaque année en fonction de l’inflation. En outre, les prévisions économiques sérieuses anticipent une inflation comprise entre 4 et 6 %. Il n’y aura pas de hausse de l’inflation qui « mangerait » les hausses de l’ensemble des salaires qui suivent l’augmentation du smic. En outre, l’inflation est aussi guidée par les consommations des ultra-riches. L’échelle de salaire de 1 à 20 dans une même entreprise réduira automatiquement les rémunérations des cadres dirigeants et PDG. Les entreprises seront contraintes, si elles souhaitent conserver ce haut niveau de revenu, d’augmenter aussi les salariés en bas de l’échelle. La réduction de l’impôt sur les sociétés à 25 % permettra également aux entreprises de maîtriser la hausse de leurs dépenses et de ne pas répercuter cette hausse sur les prix. 

2. « Le protectionnisme économique prôné par Mélenchon est une idiotie » : ON NE PARLE PAS DE LA MÊME CHOSE !

La France insoumise n’a jamais proposé la fermeture des frontières ni l’arrêt des échanges commerciaux. En revanche, il s’agit de mettre fin à la pratique de la guerre commerciale généralisée, au moins disant social et fiscal et au désastre écologique de la mondialisation des containers. Nous n’avons pas à faire aux autres ce que nous n’aimerions pas faire à nous-même et nous taxerons donc les marchandises produites à l’étranger selon des standards sociaux et environnementaux inférieurs aux nôtres. Le travail des enfants qui serait intolérable en France est en revanche accepté quand il est produit en dehors de nos frontières loin de nos regards : cela doit cesser et c’est à cela que doit servir le protectionnisme solidaire. Enfin, en soustrayant une partie de l’industrie française au dumping et à la compétition la plus sauvage, ce sont au contraire des créations d’emploi en nombre qui en résulteront.

3. « Les profits du CAC 40 ne sont pas illimités » : ET DONC ?

Les pauvres financent l’essentiel de la puissance publique, via la TVA qui est d’autant plus forte que l’on est démuni, et qui rapporte tous les ans le triple de l’impôt sur le revenu, ce qui représente la moitié du budget de l’État ! Si nous souhaitons imposer davantage les profits des grandes entreprises et les hauts revenus, c’est parce qu’ils sont en proportion moins taxés que le grand nombre. Il est immoral et profondément démotivant pour « l’initiative » qu’une petite minorité de la population puisse monopoliser des revenus très élevés. En imposant davantage les plus riches nous redistribuons ces richesses de façon à ce qu’elles bénéficient à l’ensemble de la population et qu’elles dynamisent notre économie. Les grandes fortunes privés, contrairement à ce que l’auteur affirme, ne bénéficient pas aux sociétés. Une étude du Fonds monétaire international de juin 2015 a démontré qu’au contraire l’augmentation de la richesse des très riches nuisait à la croissance. Quand on est au service de l’enrichissement de certains, pas la peine de faire croire qu’on cherche à relancer l’économie, et ce d’autant plus avec ce qui a déjà été un échec cuisant.

4. « Une grande partie des entreprises fermerait » : FAUX !

Actuellement, la loi n’autorise pas une entreprise à « tourner » avec des CDD, qui sont circonscrits à certains cas bien précis et ne doivent en aucun cas être utilisés pour un poste pérenne. Il n’y a en France que 9,7 % d’emplois en CDD, il s’agit juste d’aligner toutes les entreprises sur cette moyenne. Il est donc faux d’affirmer qu’une « grande partie des entreprises » vivent sur cette base. Mais de nombreux abus existent en la matière, et en limitant la proportion de CDD par entreprise nous y mettrons fin. La précarité de l’emploi pour celles et ceux qui la subissent est une souffrance quotidienne, qui ne permet pas de se projeter dans l’avenir et de construire sa vie. En ne voulant aucune norme en la matière, l’auteur s’inquiète-t-il des conséquences de la généralisation de la précarité qui en découlerait ?

5. « Embaucher autant de fonctionnaires est inutile : déclarations d’impôts, formalités administratives en tout genre, tout cela peut être aisément automatisé » : ON EN REPARLE LORS DE VOTRE PROCHAINE VISITE À L’HÔPITAL !

La fonction publique ne s’occuperait donc que de déclarations d’impôts et de « formalités administratives en tout genre » ? L’auteur a-t-il déjà fréquenté l’hôpital public et vu les souffrances des personnels soignants débordés et en sous-effectif ? Connaît-il des élèves qui étudient dans des conditions d’études indignes, sans encadrement suffisamment et parfois même sans cantine scolaire ? Croit-il, qu’à l’heure de la menace terroriste, il soit une bonne chose de ne pas disposer de forces de police et de renseignements dignes de ce nom ? A-t-il eu déjà à faire aux délais interminables des démarches judiciaires ? L’auteur semble proposer l’uberisation des services publics. Que souhaite-t-il automatiser : les soins, l’éducation, la police, la gendarmerie, les pompiers, la justice, la recherche publique, les douanes, l’inspection du travail, le contrôle fiscal ?

5. « La France serait en rupture de paiement, en quelques jours ; une grande partie de la dette publique est financée par l’étranger » : AVEC NOUS, FINI LE CHANTAGE A LA DETTE !

Comme au journal des Échos qui crie à la panique, on lui conseille une petite séance de zen. Fin 2016, la dette française est détenue de la manière suivante : 19,5 % d’assureurs ou produits d’épargne en France, 7,8 % de banques en France, 14,2 % par d’autres détenteurs en France (notamment la Banque de France dans le cadre du programme d’achat de la BCE), et 58,5 % de non-résidents domiciliés à l’étranger (pour moitié dans la zone euro, pour moitié au-dehors). L’arrivée au pouvoir d’une force anti-austérité signifie-t-elle la ruine, du fait de la peur des créanciers ? Bien sûr que non. Au Portugal, l’actuel gouvernement anti-austérité affiche désormais le déficit public le plus bas depuis 1974. Et ce, grâce à une politique de relance sous la forme d’une hausse du salaire minimum et des prestations sociales. Ainsi, une politique de relance permet de réduire le poids de l’endettement… et donc le rôle politique des créanciers ! Car bien sûr, les élections inquiètent souvent les détenteurs de bons du trésor. Ces élections au Portugal en novembre 2015 ont conduit à une mobilisation des marchés contre le nouveau gouvernement, avant qu’ils ne se calment et ne reviennent à leur niveau de départ après quelques jours.

Par ailleurs, qui fait le plus peur aux créanciers ? Regardons la valeur des bons du trésor (le taux d’intérêt, c’est-à-dire les versements consentis aux créanciers pour qu’ils nous prêtent de l’argent) : autour de 1 % depuis des mois. Les derniers à avoir inquiété les investisseurs étaient François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui ont conduit à un taux de 3 % le 22 avril 2012, jour du premier tour des élections présidentielles. Et lorsque François Fillon était premier ministre, les taux étaient aussi bien plus élevés qu’aujourd’hui, autour de 2,5 % entre 2007 et 2012 ! D’autant plus que derrière la France, de nombreux pays ont des taux d’intérêt bien plus élevés sans connaître de chaos bolchévique ! Taïwan (+0.14), le Royaume-Uni (+0.16), la Norvège (+0.70), la Corée du Sud (+1.30) , les USA (+1.34) ou l’Islande (+4.01) mènent tranquillement leurs politiques, sans gouverner les yeux fixés sur les taux d’intérêt.

Enfin, même si les amis de Contrepoints détenteurs de dette se mobilisaient contre nous, nous n’entendons pas subir. Nous programmons un audit de la dette publique pour évaluer la légitimité des dépenses consenties. Ensuite, nous ambitionnons de revoir les modalités de la levée de dette publique. Aujourd’hui, elle est uniquement mise sur des marchés financiers au terme d’un processus d’enchères ; mais pendant des décennies, un circuit du trésor levait des fonds à un prix administré auprès des « agents du trésor » chargés de gérer une partie des dépôts nationaux hors des marchés financiers. Enfin, notre réorientation de l’Union européenne passe par un processus de rachat des dettes souveraines par la Banque centrale, afin d’effectuer la vente « en aveugle » du côté des créanciers et d’empêcher la spéculation ciblée sur certains États.

6. « Le programme socialiste de Mélenchon n’a jamais marché », le Vénézuéla, Hugo Chavez, blablabla … : NOTRE PROGRAMME N’A JAMAIS ÉTÉ MIS EN ŒUVRE

Pourquoi le Vénézuéla ? Jean-Luc Mélenchon s’est aussi référé à Salvador Allende ou Rafael Correa, dont les succès économiques en Équateur demeurent incontestés ! Certains caricaturent déjà la proposition de rapprocher les Outre-mer des Antilles et d’Amérique latine de l’AlbaLe Vénézuela n’a jamais été ni un modèle, ni une référence en terme de politique économique, et notre programme ne correspond guère à ce qu’a entrepris Chavez. Déjà, parce que notre population n’est pas dans l’état de grande misère dans laquelle il a trouvé celle du Vénézuela à son élection. Ensuite, car nous disposons d’un appareil d’État solide, de fonctionnaires loyaux et dévoués à leur travail, d’une administration honnête et probe, et de salariés hautement qualifiés dans le privé. Enfin, la structure de notre économie n’a rien à voir ! La France n’exporte pas une unique ressource, ne navigue pas entre deux taux de change, et n’est pas dépendant des cours mondiaux. Et en suivant ce type d’analogie ridicule, nous pourrions expliquer que le programme libéral de Fillon ou de Macron mène à la dictature de Pinochet au Chili, ce qui est bien évidemment faux !

7. « L’exode des élites serait accéléré » : BIEN AU CONTRAIRE !

Des entrepreneurs ont au contraire déjà prévu de rentrer en France si Jean-Luc Mélenchon gagne ! Le programme de la France insoumise valorise la compétence et les qualifications des Français. Les scientifiques de haut niveau ne peuvent guère espérer mieux en matière de projet pour la recherche et l’enseignement supérieur, puisque nous porterons l’effort de recherche et développement (R&D) à 3 % du PIB, avec 1,5 % du PIB pour le secteur public en 2022, c’est-à-dire un doublement du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche en cinq ans. Non seulement nos scientifiques travailleront dans de bien meilleures conditions, mais ils seront aussi plus nombreux, puisque nous lancerons le recrutement sur trois ans de 5000 chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels techniques. En ce qui concerne le niveau d’imposition, la mise en place de 14 tranches d’impôts allégera la fiscalité pour les 92 % de Français·es qui touchent moins de 4 000 € par mois. Chacun·e peut tester avec le simulateur d’impôts impots​.jlm2017​.fr. Ni les scientifiques, ni la grande majorité des cadres ne pâtiront de cette révolution fiscale.

8. « Mélenchon ne rétablirait pas l’égalité » : CE N’EST PAS CE QU’EN PENSENT LES ONG !

L’Avenir en commun est un programme veut faire progresser les libertés individuelles et la démocratie, comme l’attestent les livrets sur la justice, les droits et les libertés, contre les discriminations et va jusqu’à proposer le droit de révoquer les élu·e·s et le président lui-même. En quittant la monarchie présidentielle de la Ve République, en demandant depuis longtemps la levée de l’état d’urgence, nous souhaitons nous éloigner de tout ce qui, en France, nuit à la souveraineté démocratique et aux libertés. C’est sans doute pour cette raison que l’ONG Amnesty International, qui épingle pourtant régulièrement les violations des droits humains à Cuba, a estimé le 12 avril dernier que notre programme est prometteur en terme de libertés individuelles et qu’il va dans le sens de ses recommandations.

Jean-Luc Mélenchon c’est 40 ans de lutte pour les droits humains ! Jean Ziegle, rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde, le dit lui-même : 

9. « Dans l’hypothèse de la victoire de Mélenchon, les journalistes qui lui déroulent le tapis rouge en seraient peut-être les premières victimes » : UN PEU DE SÉRIEUX…

C’est sous le mandat de François Hollande que nous sommes passés de la 38e à la 45e place du classement de Reporters sans Frontières concernant la liberté de la presse. On n’a pas entendu Contrepoints à cette occasion, bizarrement.

Les journalistes seront plus libres après notre victoire. Nous souhaitons en effet renforcer l’indépendance des médias publics vis-à-vis de l’exécutif, en mettant fin au système des nominations et en faisant élire les présidents de France Télévision et de Radio France par le Parlement. L’indépendance des rédactions sera augmentée par le renforcement de leur statut juridique et la mise en place d’une charte déontologique dans la convention collective des métiers du journalisme. Nous souhaitons aussi libérer les médias des puissances de l’argent, en adoptant une loi anti-concentration qui les libérera de la tutelle des secteurs financiers et qui augmentera le pouvoir décisionnel des rédactions. Notre victoire émancipera la presse du pouvoir présidentiel comme du pouvoir financier : ni le Président de la République, ni Vincent Bolloré ne pourront plus intervenir dans nos médias.

Peut-être que l’auteur de ces dix points devrait s’inquiéter du recul des libertés et de la souveraineté prévus dans le programme de Monsieur Macron, qui souhaite faire passer une réforme majeur du Code du travail par ordonnance, ou de l’attitude des militants de Madame Le Pen ou de Monsieur Fillon à l’égard des journalistes, qui reçoivent des crachats où sont expulsés manu militari des salles où ils se trouvent. Il verrait alors quel camp porte l’extension de la liberté de la presse et de la démocratie : le nôtre.

Enfin, n’oublions pas les faits et gestes du président Hollande envers les dictatures.

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