Communiqué du groupe LFI
Ce lundi 15 septembre, la commission chargée de l’enquête publique sur le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse a rendu un avis favorable parfaitement contestable.
D’abord, parce que cette enquête a été précipitée par le Gouvernement, ouverte de mai à début juillet alors qu’elle était prévue cet automne. Une précipitation contestée aussi bien par le Comité local d’information et de suivi (CLIS) de Bure, le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui n’aura pas pu remettre son rapport en amont du débat.
Ensuite, parce que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra, qui porte le projet) n’a toujours pas répondu aux dizaines de questions formulées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) qui portent sur des éléments fondamentaux de sûreté du projet, c’est-à-dire sur sa possibilité même.
Nous relevons par ailleurs que l’avis de la commission est tout de même assorti de réserves qui portent sur la question de la réversibilité du projet. Des réserves qui confirment que cette promesse, qui consiste à permettre aux générations futures de renoncer à cette poubelle nucléaire éternelle, pourrait en fait ne jamais pouvoir être tenue.
Maquillé en consultation démocratique, ce nouveau passage en force s’inscrit dans une séquence dans laquelle la macronie tente de préempter toute décision en matière nucléaire. Ce sera le cas dans quelques semaines avec l’examen d’un projet de loi pour pouvoir démarrer les travaux de nouvelles installations à La Hague avant leur autorisation de création, de même qu’avec la décision finale d’investissement dans le programme de nouveaux réacteurs qu’Emmanuel Macron veut forcer avant la fin de l’année.
Le groupe de la France Insoumise condamne le nouveau passage en force sur Cigéo. La peur des élections de 2027 par les macronistes et la filière nucléaire ne saurait servir de prétexte à cette accélération brutale et antidémocratique du calendrier d’un chantier prévu pour durer près de deux siècles.