Communiqué du groupe LFI
La Fondation pour le Logement des Défavorisés publie aujourd’hui son 6e baromètre annuel sur l’encadrement des loyers.
Lorsqu’il est respecté, l’encadrement protège les locataires : à Paris, il a limité la hausse des loyers de 5,2 % entre 2019 et 2024, selon l’APUR. Cela représente une économie de 1 019 € par an pour les locataires. Le rapport commandé par le gouvernement sur le dispositif va dans le même sens, avec une modération estimée des loyers de 2 % à 4 %, sans effet négatif sur l’offre de location.
Mais le baromètre publié aujourd’hui révèle un développement des pratiques illégales : au niveau national, plus d’une annonce sur trois (37 %) dépasse désormais le montant autorisé du loyer, contre 32 % en 2025. À Paris, c’est près d’un logement sur deux (46 %, contre 31 % en 2025). Ces dépassements, qui frappent directement les plus précaires, coûtent en moyenne 159 € chaque mois aux locataires qui en sont victimes.
Cette dégradation n’est pas une fatalité : elle vient de multipropriétaires délinquants qui exploitent les failles du système. Failles dénoncées par les associations dès l’origine du dispositif, mais que les macronistes ont toujours refusé de corriger, préférant défendre l’intérêt de leurs amis rentiers de l’immobilier. Les procédures, trop lourdes et mal connues, laissent les locataires seuls face à leur bailleur et au risque de représailles. Le « complément de loyer » est une arnaque : il permet de contourner légalement l’encadrement avec des justifications parfois délirantes : jusqu’à 30 € par mois pour un écran plat ou 20 € pour une machine à café dans un meublé, par exemple.
L’encadrement des loyers devra être au cœur de la campagne présidentielle.
Pour continuer d’enrichir les 3,5 % de multipropriétaires, qui détiennent la moitié des logements locatifs, Marine Le Pen, Édouard Philippe et Gabriel Attal souhaitent tous mettre fin à l’encadrement des loyers. S’ils accèdent au pouvoir et mettent en place cette mesure, ils provoqueront une explosion des loyers dont les conséquences sociales seront terribles.
À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon renforcera l’encadrement des loyers pour réduire le coût du logement :
- en le généralisant à l’ensemble du territoire ;
- en durcissant les contrôles et les sanctions en cas de non-respect grâce à la création d’une inspection du logement sur le modèle de l’inspection du travail ;
- en instaurant une véritable baisse des loyers dans les zones tendues.