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Tribune – « Le 29 octobre, l’Assemblée nationale votera enfin pour interdire les pesticides dangereux pour la santé »

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Pesticide

L’agrochimie a imposé sa loi poison grâce à l’alliance de ses affidés politiques, de Gabriel Attal à Marine Le Pen en passant par Édouard Philippe et Bruno Retailleau. Qu’importe la santé de nos enfants. Qu’importe la résistance populaire et la pétition parlementaire qui a réuni plusieurs millions de citoyens. Qu’importe la science. Qu’importe même l’opposition de la ministre de l’Écologie qui avait pourtant mis sa démission dans la balance !

Cette loi criminelle réintroduit des pesticides dangereux pour notre santé - l’acétamipride et le flupyradifurone. Elle est si grave que, pour la première fois, l’Ordre des médecins et les plus grandes sociétés savantes et médicales (sociétés d’hématologie, de médecine interne, d’anesthésie, de pharmacie clinique…) se sont prononcés publiquement contre. Elles appellent à « éviter de reproduire les erreurs du passé, responsables de catastrophes sanitaires majeures comme celles de l’amiante ou du chlordécone ». Elles ont plaidé pour que le Conseil constitutionnel entende notre recours et censure cette loi, contraire au principe de précaution et au droit à un environnement respectueux de la santé.

Tout en reconnaissant que ces pesticides comportent « des risques pour la santé humaine », le Conseil constitutionnel a finalement refusé de censurer la loi. Pour quel motif ? Le gouvernement agirait tout de même pour l’intérêt général ! Mais quel intérêt est plus général que la santé humaine ? Quel intérêt est plus grand que la vie de nos enfants, dont le cerveau et les connexions nerveuses sont la cible privilégiée de ces pesticides qui pourront être à nouveau utilisés sur des centaines de milliers d’hectares de betteraves, de pommes, de cerises ou de noisettes ? 

De « graves dangers qui pèsent sur notre agriculture » sont invoqués par le Conseil constitutionnel. Mais ils n’ont rien à voir avec l’interdiction de pesticides ! Ils viennent des accords de libre-échange et de la concurrence mondiale débridée que tous les gouvernements de M. Macron ont soutenus. Oui, une autre agriculture et une autre alimentation sont possibles.  Elles nécessitent de protéger les agriculteurs et de les aider à produire sans pesticides grâce à toutes les techniques éprouvées de l’agroécologie. C’est l’exact opposé de cette loi poison taillée par et pour l’agrobusiness.

Pour imposer une telle loi, le gouvernement a encore une fois piétiné la démocratie. Il s’est arrangé pour empêcher l’Assemblée nationale d’examiner et de voter l’article qui réintroduit les pesticides dangereux. 

Nous n’accepterons jamais que les multinationales de la chimie s’imposent contre la volonté du peuple et la santé de nos enfants. Nous ferons tout pour faire tomber les lois qui fabriquent les maladies politiques, des cancers aux troubles neuro-dégéneratifs. 

C’est pourquoi nous utiliserons notre niche parlementaire le 29 octobre pour que l’Assemblée nationale vote l’abrogation de cet article de loi et interdise à nouveau ces pesticides dangereux.

Nous appelons à participer aux manifestations en septembre, à commencer par celle du 15, pour dénoncer cette loi poison et toutes les politiques climaticides des gouvernements macronistes dont nous avons subi les terribles conséquences cet été : canicules, sécheresses, mégafeux.

Nous appelons à faire de la campagne présidentielle l’occasion d’une mobilisation sur un but clair : pas une voix pour les candidats qui refuseraient l’abrogation de cette loi poison. Nous ferons campagne avec Jean-Luc Mélenchon sur ce thème. Et en créant les écorégions, le prochain quinquennat sera ainsi l’occasion d’organiser et de planifier la nouvelle boucle vertueuse : une autre agriculture pour une autre alimentation et une santé protégée.

Liste des signataires

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de la France Insoumise

Manon Aubry, co-présidente du groupe de La Gauche au Parlement européen

Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, co-présidente de l’Institut la Boétie

Nadège Abomangoli, première vice-présidente de l’Assemblée nationale

Eric Coquerel, président de la commission des finances à l’Assemblée nationale

Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen

Marina Mesure, présidente de la délégation insoumise au Parlement européen

Aurélie Trouvé, coordinatrice des relations unitaires de la France insoumise

Jean-Luc Mélenchon, co-président de l’Institut La Boétie

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