Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale
Ce matin, à l’appel des associations de la Butte Rouge de Châtenay-Malabry et du collectif national STOP Démolitions, les députés LFI Aurelien Saintoul et Abdelkader Lahmar ont participé au rassemblement organisé devant la préfecture de région afin d’exiger l’abandon des démolitions prévues dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU).
1600 logements sociaux sont menacés à terme. Alors que la Butte Rouge est actuellement composée à 100 % de logements sociaux, ceux-ci ne représenteraient plus que 40 % du parc à l’issue des travaux, d’ici une dizaine d’années.
La mise en œuvre de ce projet serait une catastrophe sociale, dans un contexte de pénurie aiguë de logements sociaux en Île-de-France, mais aussi patrimoniale. Labellisée « Architecture contemporaine remarquable » en 2017 puis classée site patrimonial remarquable en 2024, la Butte Rouge constitue l’un des ensembles de cités-jardins les plus remarquables d’Europe.
Cette situation est loin d’être isolée. Partout en France, les habitants des quartiers populaires subissent des opérations de « renouvellement urbain » conduites contre leurs intérêts, favorisant la gentrification et répondant davantage à des logiques de valorisation foncière qu’aux besoins des populations.
Le bilans des programmes de renouvellement urbain est pourtant sans appel. Le premier programme lancé en 2003 s’est traduit par une perte nette de 22 000 logements sociaux. Le NPNRU devrait, quant à lui, entraîner 12 400 démolitions de plus que de reconstructions. Sur le plan environnemental, la stratégie de démolition-reconstruction génère près de quatre fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que la réhabilitation des bâtiments existants.
Malgré ces constats, le gouvernement prévoit, dans son projet de loi de relance du logement, le lancement d’un troisième programme national de renouvellement urbain pour la période 2030-2040. Celui-ci s’inscrit dans une approche sécuritaire assumée, présentée comme une politique de « reconquête républicaine ». Le ministre du Logement et de la Politique de la ville, Vincent Jeanbrun, déclarait ainsi : « S’il faut casser une tour pour favoriser des installations de vidéoprotection, nous le ferons. »
Le groupe parlementaire de La France insoumise rejette cette vision du renouvellement urbain. Il appelle à un moratoire sur toutes les démolitions prévues dans le cadre du NPNRU le temps d’une refonte de ces politiques afin de garantir une participation réelle des habitants aux décisions qui les concernent et de privilégier, chaque fois que cela est possible, la rénovation, la réhabilitation et l’amélioration du cadre de vie plutôt que la démolition-reconstruction.